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Suisse. Pourquoi la Suisse résiste mieux à la crise

Le Temps. Economie et finance. 7 septembre 2012
Auteur: Ram Etwareea

Marie-Gabrielle Ineichen, cheffe du Seco, explique le succès de l’économie suisse



Suisse. Pourquoi la Suisse résiste mieux à la crise
Frein aux dépenses sociales, un soutien de plus

L’idée d’un frein aux dépenses sociales inscrit dans la Constitution fait son chemin au sein de l’administration fédérale. Pour Marie-Gabrielle Ineichen-Fleisch, directrice du Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco), des coupes dans l’allocation chômage ou dans l’assurance vieil­lesse ne peuvent se faire sans le soutien du peuple. «Une initiative allant dans ce sens ne passerait pas la rampe à l’heure actuelle, mais nous la prévoyons dans les quatre prochaines années», a-t-elle déclaré mardi soir lors d’une conférence organisée par la British Swiss Chamber of Commerce (BSCC) à Genève. C’est la première fois que cette proposition qui émane d’economiesuisse est reprise au plus haut niveau des fonctionnaires fédéraux.

La patronne du Seco a surtout donné les recettes qui permettent à la Suisse de croître alors même que les pays voisins sont plongés en récession. La toute première: la clause constitutionnelle sur le frein à l’endettement. «Il s’agit d’inculquer une discipline budgétaire tout en laissant la possibilité de faire des dépenses extraordinaires en cas de crise», a-t-elle expliqué. La dette de la Confédération s’élève à présent à 111 milliards de francs, soit 20,7% du PIB. Dans la zone euro, tous les pays dépassent la limite fixée à 60% du PIB. Marie-Gabrielle Ineichen a ensuite vanté la flexibilité du marché du travail grâce à laquelle la Suisse n’a qu’un taux de chômage de 3% alors qu’il est de 10% chez les voisins. Elle a défendu la subvention des emplois en période de crise afin d’éviter les licenciements. «En 2011, la Confédération avait prévu 500 millions de francs à cet effet, mais cette manne n’a pas été utilisée», a-t-elle déclaré.

Deux défis majeurs

«Enfin, la Suisse est un petit marché intérieur, mais elle est une économie ouverte, a déclaré la cheffe du Seco. Nous prônons le multilatéralisme, mais, en l’absence de progrès dans le Cycle de Doha, nous négocions des accords bilatéraux de libre-échange.» Selon elle, de bonnes relations avec l’Union européenne (UE) sont primordiales du fait que celle-ci représente le plus grand marché – 70% – pour les exportations suisses. Elle a aussi fait écho des rapports tendus, ajoutant que Berne attend les réactions de Bruxelles sur ses propositions d’établir le cadre institutionnel pour régir les différends. Elle a aussi mentionné la libre circulation des personnes de nouveaux membres de l’UE comme un problème en Suisse.

Marie-Gabrielle Ineichen a enfin mentionné deux défis majeurs: un franc fort et une conjoncture mondiale déclinante nuisibles à l’économie suisse.

Troisième clé de la réussite: un système d’éducation qui correspond aux besoins de l’économie et des entreprises qui participent à la formation des jeunes. Ensuite, l’innovation et la compétitivité, notamment des petites et moyennes entreprises qui constituent l’essentiel du tissu économique du pays. Marie-Gabrielle Ineichen a expliqué que Berne soutenait activement les projets de recherche qui renforcent la valeur ajoutée.

Vendredi 7 Septembre 2012
Raphaël Dougoud
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