Connectez-vous S'inscrire

Prévisions économiques 2011-2013. Dernière mise à jour: 30.12.2011



Institut CREA de macroéconomie appliquée, Faculté des HEC, UNDL, 1015 Lausanne tél. : 021/6923353, delia.nilles@unil.ch

Prévisions économiques 2011-2013. Dernière mise à jour: 30.12.2011
L'économie helvétique a enregistré une croissance élevée en 2010 (2,7%), qui s'est poursuivie en partie au cours deux premiers trimestres 2011. Au deuxième trimestre 2011, la plupart des variables ont cependant enregistré un fléchissement de leur croissance, voire une baisse.

Depuis quelques mois déjà, les indicateurs avancés de l'OCDE pointent vers un ralentissement des activités économiques dans la plupart des pays de l'OCDE, mais récemmènt plus fortement pour les Etats-Unis et pour l'Allemagne. Dans 1TJE, la dette continue à poser problème et le FMI met en garde contre une rechute en récession au cas où il n'y aurait pas de solution durable à cette crise. Les prévisions se sont soudainement assombries et l'on prévoit désormais une stagnation des activités dans 1UE vers la fin de l'année déjà. La crise de la dette plombe le moral à la fois des investisseurs et des consommateurs. Pour preuve, les crédits accordés aux entreprises et aux ménages qui restent faibles et renforcent ainsi les craintes d'une nouvelle récession. En témoigne également la chute brutale de l'indice PMI pour la zone euro au mois de septembre au niveau le plus bas depuis plus de deux ans. Jusqu'à récemment, les exportations de l'Allemagne ont résisté, mais les commandes de l'étranger sont en recul et les inquiétudes se multiplient quant à l'avenir. Aux Etats-Unis, la demande intérieure stagne et pour la première fois depuis plus de deux ans, le revenu disponible des classes moyennes a diminué. Au Japon, malgré un regain d'optimisme de la part des grandes entreprises, l'appréciation du yen fàit craindre que le rétablissement de l'économie japonaise ne soit plus lent que prévu. Du côté de l'économie chinoise, on enregistre au troisième trimestre le taux de croissance le plus bas depuis deux ans, synonyme de ralentissement net. Bref, les perspectives pour l'économie mondiale ne sont pas très bonnes et les risques de récession se font plus persistants.

L'économie suisse a commencé à sentir les effets du ralentissement et les exportations, première composante touchée, ont fléchi au fil des trimestres. Il n'y a guère que l'horlogerie qui tire son épingle du jeu, mais elle ne représente que 10% des exportations suisses. Plus que la cherté du frauac, c'est la demande étrangère décroissante qui pèse sur les exportations suisses. Dans l'industrie, l'indice des directeurs d'achat est tombé au-dessous de la barre de 50 en septembre, indiquant une détérioration des activités dans le secteur industriel. Le chiffre d'affaires du commerce de détail a fortement chuté, de même que l'indice du climat de consommation. Au vu de la situation globale et de la baisse assez rapide de certaines variables nationales, l'économie helvétique pourrait tomber en récession dès la fin de l'année, mais devrait néanmoins boucler l'année 2011 avec une croissance de 0,7%. C'est en 2012 que l'économie helvétique devrait enregistrer une nouvelle récession, peu profonde il est vrai, avec -0,4%. Par la suite, il faudra un moment à l'économie suisse pour se rétablir et, même si l'on devrait de nouveau enregistrer une croissance en 2013, elle devrait être faible avec 0,7%.

La consommation privée a perdu de son dynamisme depuis la fin de l'année passée et la croissance sous-jacente s'est approchée de zéro au deuxième trimestre 2011. Le climat de consommation s'est fortement dégradé pendant l'été et les ménages helvétiques semblent très inquiets quant à l'évolution de l'économie en général et du marché du travail en particulier. Ils se disent non disposés à acquérir des biens durables, ce qui témoigne du manque de confiance dans l'avenir. En août, l'indicateur UBS de la consommation a enregistré son plus fort recul depuis neuf ans. Face aux incertitudes, les ménages helvétiques épargneront davantage, la consommation privée devrait se dégrader à partir du début de l'année 2012 et diminuer sur l'ensemble de l'année, même si les salaires réels devraient croître, suite à une baisse générale des prix, et que les taux d'intérêt devraient se maintenir à des niveaux historiquement bas.

Les mois d'été ont également constitué le point de retournement dans l'industrie. Alors que l'industrie suisse a bien résisté au premier semestre et que l'on notait encore une confiance, modérée il est vrai, des entreprises, la situation s'est brusquement détériorée au cours des mois récents. Selon divers sondages, il n'y a plus qu'environ 10% des grandes entreprises qui restent optimistes. Les investissements en biens d'équipements diminuent parce que les entreprises s'attendent à un ralentissement. Les directeurs financiers n'ont plus le moral et l'indice des directeurs d'achat est tombé au-dessous de 50, indiquant une baisse des activités dans l'industrie. Au vu de l'évolution conjoncturelle plus que morose, les investissements en biens d'équipement devraient diminuer notablement en 2012.

Dans le secteur de la construction, après une croissance forte en 2010, la situation s'est inversée au deuxième trimestre 2011, la croissance sous-jacente devenant négative, même si l'on prend en considération que le premier trimestre a bénéficié de conditions météorologiques très favorables. En termes réels, l'indice général de la construction de même que les sous- indices du bâtiment et du génie civil diminuent. Le ralentissement économique général devrait également avoir un impact négatif passager sur les investissements en construction, qui, rappelons-le, renferment également les rénovations. Pour preuve, les projets de construction pour le bâtiment et le génie civil qui étaient en baisse de 0,8% pour le troisième trimestre 2011, laissant entrevoir un recul des activités.

La demande étrangère décroissante pèse sur les exportations suisses. Même si pour l'ensemble de la période janvier-septembre, les exportations de marchandises affichent encore une croissance marquée en termes réels, elles ont fléchi de plus en plus au fil des mois et la croissance est devenue négative au troisième trimestre, par rapport au deuxième. Au vu de l'évolution dans les pays de 1TJE et plus généralement de l'économie mondiale, le scénario de 2009 devrait se répéter pour les exportations suisses, à savoir une chute notable, même si elle devrait être un peu moins marquée qu'en 2009. Les importations diminueront probablement plus que les exportations, étant donné la baisse de la demande intérieure et de la demande globale.
Sur le marché de l'emploi on a observé jusqu'à présent une assez grande stabilité et, parmi les sous-indices qui composent le PMI, c'est un des seuls à rester un peu au-dessus de la barre de 50, indiquant une légère augmentation des effectifs. L'emploi ne résistera cependant pas à la baisse des activités économiques et on devrait observer une diminution de l'emploi en 2012, même si elle devrait être limitée. Le taux de chômage augmentera, certes, mais pas au-delà de 3,5%, ce qui devrait être lié, comme lors de la crise de 2009, au recours aux RHT.
L'inflation ne constitue pas de risque pour le moment et les taux d'intérêt resteront bas dans les mois à venir.

SECO, groupe d'experts de la Confédération suisse

Prévisions économiques 2011-2013. Dernière mise à jour: 30.12.2011
La Suisse également touchée par un net ralentissement de la croissance – la nervosité accrue des marchés financiers accroît à nouveau les les risques

Tendances conjoncturelles et prévisions du Groupe
d’experts de la Confédération – automne 2011


Les perspectives conjoncturelles pour la Suisse se sont dégradées ces derniers mois. Le ralentissement de la conjoncture mondiale et la force du franc (même après l’introduction d’un cours plancher face à l’euro par la BNS) vont peser sur la croissance en Suisse. Les conséquences négatives sur les exportations et les investissements des entreprises devraient freiner fortement, mais temporairement, la croissance du PIB durant les prochains trimestres. Le Groupe d’experts de la Confédération prévoit pour l’année 2012 une augmentation du PIB de 0,9 % (contre 1,9 % pour 2011). Cette baisse de la conjoncture devrait avoir pour conséquence une hausse du chômage l’année prochaine, ce qui n’était plus arrivé depuis 2009. Le risque d’une évolution plus négative de la conjoncture, avec des tendances récessives plus marquées en Suisse, n’est pas à négliger. Ce risque serait encore plus élevé si les marchés financiers devaient se contracter davantage, dans le cas d’une aggravation supplémentaire de la crise de la dette souveraine en Europe.

11.11.2011. Au tour de l'OCDE de réduire ses prévisions

Prévisions économiques 2011-2013. Dernière mise à jour: 30.12.2011
Source: Quotidienne d'Agora. 11.11.2011
Aauteur: Dr. Eberhardt Unger est un économiste indépendant, fort de plus de 30 ans d'expérience des marchés et de l'économie. Vous pouvez retrouver ses analyses sur le site www.fairesearch.de

Dans son rapport de novembre sur les perspectives économiques pour 2012, l'OCDE prévoit une économie en berne. Des prévisions qui rejoignent celles des autres instituts de recherches économiques.

Preuve en est l'évolution du principal indice composite (CLI) publié par l'OCDE, indice qui a déjà démontré par le passé sa très bonne fiabilité.

La baisse de l'activité est particulièrement importante aux Etats-Unis, en Allemagne et en Russie. Pour la zone euro, l'organisation (qui a son siège à Paris) a abaissé sa prévision de croissance pour 2012 de 2% à 0,3%. Aux Etats-Unis, la croissance économique en 2012 devrait être de 1,8% – à peine meilleure qu'en 2011. Au cours de l'été, l'OCDE anticipait encore une croissance du PIB américain de 3% en 2012.

L'organisation s'inquiète de l'accroissement dramatique de l'incertitude qui règne dans l'économie. La phase de faiblesse actuelle se justifie en grande partie par une perte de confiance générale dans la capacité des hommes politiques à trouver des réponses adéquates aux problèmes posés.

Par conséquent, l'OCDE attend des décisions audacieuses pour surmonter les crises de l'endettement et bancaire.

L'OCDE envisage également le scénario du pire. Au cas où les conditions des marchés financiers s'aggraveraient dans les mêmes proportions que lors de la crise 2007-2009, une chute brutale de l'activité de 5% devient possible pour certains des plus grands pays industrialisés.

Cependant, pour l'OCDE, le scénario le plus probable pour les pays du G20 reste une croissance réelle de presque 4% pour 2011, 3,8% pour 2012 et 4,3% pour 2013. Des croissances moyennes qui cachent une forte diversité. Les pays émergents continuent de croître fortement tandis que les pays industrialisés ne se développent que faiblement.

Au-delà de la crise de l'endettement, il faut aussi tenir compte de l'influence sur la croissance des mesures d'austérité visant à assainir les budgets publics. Selon les calculs de l'OCDE, le taux d'endettement moyen des pays industrialisés sera, en 2011, de 106% et de 110% en 2012.

De nouveau, l'OCDE souligne que des pays avec des "finances saines" pourraient accentuer leur soutien à leur économie pour contrecarrer l'effet cyclique, pointant par là le très haut niveau des dépenses publiques et/ou une baisse des rentrées fiscales.

L'OCDE ne mentionne pas quels pays ont de telles finances "saines" mais, au cours de l'été, elle avait ouvertement parlé de l'Allemagne. D'ailleurs, les quelques autres pays ayant des finances saines ont si peu de poids qu'ils ne peuvent pas apporter un soutien significatif. Cependant un pays comme l'Allemagne ne peut pas non plus, à lui tout seul, sauver une zone euro avec une dette publique aux alentours de 80% de son PIB, bien au-delà du critère de stabilité de 60% fixé à Maastricht.

Conclusion : in fine, l'OCDE ne propose pas une seule mesure constructive de nature à surmonter la crise économique et financière.

16.11.2011. Le Crédit Suisse réduit ses prévisions pour la zone euro

Prévisions économiques 2011-2013. Dernière mise à jour: 30.12.2011
A force de laisser la situation empirer, les dirigeants de la zone euro ont hypothéqué une partie des perspectives de croissance pour 2012 et 2013, selon l'équipe économique du Crédit Suisse. "Les récentes modifications de l'exécutif en Grèce et en Italie sont les symptômes d'une perte de souveraineté économique qui devrait être, mais qui n'est pas encore, accompagnée d'une mutualisation du risque plus forte", selon le bureau d'études, qui estime cependant que cela ne sera pas suffisant pour mettre un terme à la crise financière traversée par la région, d'autant que la réponse politique n'a pas été assez rapide pour empêcher une récession.

"L'incertitude politique et la volatilité financière ont pesé sur la confiance des entreprises et des ménages. Les craintes financières au sein de la zone euro ont duré assez longtemps pour peser sur la croissance", mais pour l'économie réelle, estime la banque suisse, l'impact proviendra du secteur bancaire : le coût marginal de financement des établissements est en hausse, ce qui aboutira à un resserrement des conditions de prêt.

Désormais, l'équipe économique attend une contraction de l'activité dans la zone euro sur les deux prochains trimestres. Une reprise est envisageable au second semestre 2012, tandis que le risque d'une récession plus profonde devrait être limité par la bonne tenue des autres économies mondiales. Crédit Suisse anticipe désormais une contraction du PIB de -0,5% en 2012 puis un retour de la croissance à hauteur de 1,7% en 2013. Cependant les risques sont toujours présents à la baisse, notamment en cas d'intensification de la crise financière en 2012, exacerbée par la récession, qui pourraient à elles deux accroître la pression sur les banques et les gouvernements. Mais la zone euro a de solides fondamentaux tempère la banque, notamment des flux de trésorerie sains dans les entreprises, un embryon de reprise de la consommation en Allemagne, et globalement de meilleurs métriques fiscaux qu'aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni. Le problème vient plutôt des dirigeants politiques, incapables de prendre des mesures fortes, rapides et concertées pour répondre aux problèmes financiers. Pour pallier leurs carences, une seule réponse, selon le crédit Suisse : la BCE. Le bureau d'études attend d'elle qu'elle réduise à 0,75 % ses taux directeurs et qu'elle se montre plus agressive dans ses interventions sur les marchés obligataires.

21.11.2011. La Suisse devrait entrer en récession en 2012

Comparez la dette de la Suisse (32%) avec celle des pays européens
Comparez la dette de la Suisse (32%) avec celle des pays européens
Dette de la Suisse= 32%

La Suisse se trouve dans une meilleure position. Ses fondamentaux sont sains. En raison de sa politique de frein à l’endettement, la dette de la Suisse (Confédération, cantons, communes et assurances sociales) ne cesse de diminuer, passant de 52% de son produit intérieur brut (en 2005) à environ 36% (en 2011) selon les prévisions de l’Administration fédérale des finances. Bref: le pays suit l’adage qui veut que «celui qui paie ses dettes s’enrichit».

La BNS soutient le franc face à l'euro

Le franc fort, évidemment, pénalise beaucoup l’économie helvétique, et son secteur exportateur en particulier. Des vagues de suppressions d’emplois se succèdent depuis la fin de l’été, malgré la décision historique prise par la BNS le 6 septembre dernier de fixer un cours plancher de 1,20 franc pour un euro.

Dans la foulée, l’institut monétaire a expliqué suivre une politique consistant notamment à accueillir des dépôts de la part des banques commerciales, sous forme de comptes de virement. Et ces dépôts ont été récemment portés à plus de 200 milliards de francs (huit fois plus qu’en juin dernier!) «Grâce à ces dépôts, explique Michel Juvet, directeur de la recherche au sein de la banque Bordier & Cie, elle a pu acheter des devises, et en particulier des euros afin d’éviter que la monnaie européenne ne perde trop de valeur par rapport au franc. Ces devises sont ensuite placées par exemple dans des obligations d’Etats européens.» (ndlr: espérons pas de la Grèce, du Portugal, de l'Espagne, de l'Italie, ...!)

L’argent déposé à la BNS ne porte pas d’intérêt. Aujourd’hui, les banques ont choisi de le faire pour des raisons de protection de leurs fonds. Un peu comme une belle voiture que l’on parque au garage durant l’hiver. «Le risque actuel, poursuit Michel Juvet, c’est l’assèchement du crédit, surtout en Europe, lié à la difficulté qu’ont les banques à augmenter leur ratio de fonds propres. Elles pourraient le faire à travers une augmentation de capital, mais les investisseurs sont rares. Elles ont donc tendance à réduire leurs actifs à risque et donc à fermer le robinet aux crédits, en direction des entreprises, des particuliers et des Etats européens.»

Les clients européens achèteront moins

Nous en sommes là. Et demain? «La Suisse entrera dans une stagnation – récession au premier trimestre 2012, prédit Michel Juvet. Pour deux raisons principales, toutes deux liées à ses échanges commerciaux avec le reste du monde, et en particulier avec ses partenaires européens qui absorbent environ 60% de ses exportations. Première raison: la cherté du franc. Seconde raison: la demande pour les produits suisses s’affaiblit, en particulier au sein de l’Europe elle-même déjà en stagnation.»

La situation empire rapidement et l'environnement économique n'est pas bon pour la Suisse

Pour Délia Nilles, directrice adjointe de l’institut économique CREA, une «véritable rupture s’est produite cet été. La situation empire rapidement et l’environnement économique n’est pas bon pour la Suisse. Le pays va être affecté au niveau des exportations. Cela va se répercuter sur la production générale, sur l’emploi, sur la consommation.»

L’économiste note aussi «qu’un indicateur avancé, celui des directeurs des achats dans l’industrie, est en train de plonger. Les carnets de commandes ont aussi baissé, pour le cinquième mois consécutif. Cela n’augure rien de bon.» Délia Nilles prévoit donc, pour 2012, une contraction de 0,4% du PIB suisse. La Suisse romande s’en tire momentanément mieux grâce en particulier au secteur horloger.

27.11.2011. Le Credit Suisse revoit ses prévisions de croissance (suisse) à la baisse

Prévisions économiques 2011-2013. Dernière mise à jour: 30.12.2011
Croissance de 2.0% à 0.5%

En raison de la crise de l'euro et des sombres perspectives pour les exportations helvétiques, les économistes du Credit Suisse ont ramené leurs prévisions de croissance de 2% à 0,5% pour 2012. La crise de l'euro va continuer à peser sur les marchés alors que "contre toute attente, la dynamique économique de l'Europe repart à la baisse", ont-ils expliqué jeudi. Par rapport aux prévisions de septembre, les perspectives se sont en effet dégradées pour les principaux débouchés des produits suisses et la persistance de la crise ne fait qu'empirer les choses", ont observé les experts de la banque. Il va en résulter une baisse des exportations et des dépenses d'équipement pour la Suisse. Malgré cela, "la consommation privée devrait, de pair avec le bâtiment, soutenir la conjoncture", ont-ils néanmoins souligné.

L'économie américaine se ressaisit quelque peu après son amoindrissement de la mi-2011 mais les querelles budgétaires devraient peser. Les pays émergents traverseront, eux aussi, une phase de refroidissement, ajoute Credit Suisse. L'Europe "reste empêtrée dans la crise". "Le premier partenaire économique de la Suisse, l'Allemagne, a vu notamment sa dynamique fléchir", ont noté les experts. "La possible contagion de la crise de la dette à l'Italie s'est traduite par un regain de volatilité sur les places financières, par des tensions grandissantes sur les marchés du crédit et des prêts interbancaires et par un fléchissement du moral des consommateurs et des entrepreneurs".

Exportations en stagnation

Le Credit Suisse table donc sur une quasi stagnation des exportations helvétiques en 2012: elles ne devraient progresser que de 1% en volume l'an prochain. Quant aux dépenses d'équipements, elles devraient reculer de 1,5%. Dans ce contexte, le bâtiment et la consommation devraient conserver un rôle de stabilisateurs avec des croissance de 1,5% et 1,1% respectivement.

"En Suisse, ni l'Etat ni les entreprises ne sont surendettés et rares sont les problèmes domestiques susceptibles de mettre un frein à la croissance", selon les experts. Ils estiment que les taux suisses vont donc demeurer bas au moins jusqu'à fin 2012. L'inflation ne devrait pas devenir un problème dans la mesure où les prix vont demeurer sous pression: ils ne devraient augmenter que de 0,4% l'an prochain, ce qui préserverait le pouvoir d'achat des ménages.

En outre, l'immigration "est appelée à rester soutenue, fournissant ainsi un soutien précieux à la consommation". Cette dernière devrait toutefois être freinée par la persistance de la crise à l'étranger et la dégradation du marché de l'emploi avec un chômage qui devrait atteindre 3,3% en 2012.

Brutal coup d’arrêt

Des lueurs toutefois à ce sombre tableau. Le bâtiment (+1,5%), de même que la consommation intérieure (+1,1%), devraient soutenir la conjoncture helvétique. Le pouvoir d’achat des ménages ne devrait pas être rongé: les prix demeureront sous pression (+0,4%). L’inflation ne constitue pas un problème pour l’heure, selon les économistes de Credit Suisse.

Ces derniers rappellent les tourments alentours, qui préoccupent la Suisse également, pour expliquer leur révision. En dépit des cures d’austérité, des interventions de la Banque centrale européenne (BCE) et du Fonds monétaire international (FMI), «la croissance du Vieux Continent n’échappera pas à un coup d’arrêt brutal».

Sa consoeur UBS avait mercredi déjà revu en baisse ses perspectives. Les experts du numéro un bancaire helvétique tablent désormais sur une hausse du PIB de 0,8% pour 2012. Pour sa part, le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) prévoyait en septembre une croissance de 0,9%.

28.11.2011. OCDE Perspectives économiques (image, vidéo, fichier joint en français)

  • Davantage qu’à l’accoutumée, les perspectives économiques mondiales dépendent d’événements, notamment des décisions des pouvoirs publics concernant la crise de la dette dans la zone euro et la politique budgétaire aux États-Unis. La nature et l’échéance de nombre de ces événements demeurent hautement incertaines, et les prévisions présentées dans ces Perspectives économiques correspondent donc à un scénario «de la demi-mesure», caractérisé par l’absence d’événement décisif.
  • Cela étant dit, compte tenu de la perte de confiance marquée liée à la crise de la dette dans la zone euro et à la politique budgétaire aux États-Unis, ce scénario de la demi-mesure implique une croissance très faible dans la zone OCDE à court terme, et une légère récession dans la zone euro, suivie d’une reprise très progressive.
  • Parallèlement, le chômage demeurerait élevé jusqu’à la fin de 2013, et l’inflation serait soumise à des pressions à la baisse dans la plupart des régions.
  • Il faut donc que les politiques monétaires conservent leur orientation expansionniste actuelle pendant une période considérable, et que les conditions monétaires s’assouplissent sensiblement dans certaines économies, tout particulièrement dans la zone euro.
  • Il est supposé qu’un assainissement budgétaire sous-jacent aura lieu dans la plupart des pays de l’OCDE ; il est présumé que cet assainissement sera plus limité que prévu par la législation en vigueur aux États-Unis, afin qu’il n’entrave pas indûment la croissance, et qu’il sera peu ou prou conforme aux mesures de rééquilibrage des finances publiques officiellement prévues dans la zone euro. Au Japon, les dépenses de reconstruction consécutives au séisme vont temporairement gonfler le déficit budgétaire.
  • Compte tenu du fait que la croissance a également ralenti dans les économies émergentes et de l’ampleur des excédents extérieurs des pays exportateurs de pétrole, le processus de rééquilibrage des comptes courants engagé au niveau mondial a marqué le pas. Les déséquilibres observés devraient demeurer globalement stables, mais à un niveau inférieur à ceux constatés avant la crise de 2008-09, la croissance de la demande se redressant un peu plus rapidement en dehors de la zone OCDE qu’à l’intérieur.
  • La zone euro constitue la source de sérieux risques orientés à la baisse, liés à une extension de la contagion sur les marchés de la dette souveraine résultant de l’éventualité d’une défaillance souveraine,qui aurait des répercussions internationales sur les créanciers concernés, et aux risques que cela ferait courir à l’union monétaire même. En l’absence de mesure préventive, les événements pourraient renforcer ces pressions et plonger la zone euro dans une profonde récession, qui aurait d’amples effets négatifs sur l’économie mondiale.
  • Pour que la contagion soit endiguée, le niveau de capitalisation des banques devra être jugé satisfaisant, et des moyens convaincants, étayés par l’engagement de les utiliser, devront être mobilisés afin que les emprunteurs souverains par ailleurs solvables puissent se financer sans heurts à des taux d’intérêt raisonnables. Ces mesures destinées à remédier aux déséquilibres financiers devront s’accompagner de réformes en matière de gouvernance visant à limiter l’aléa moral, ainsi que de réformes décisives destinées à corriger les déséquilibres économiques à l’origine de la crise actuelle. Des interventions énergiques des pouvoirs publics pourraient stimuler fortement la croissance économique dans la zone euro et au niveau mondial.
  • Un sérieux risque à la baisse est qu’aucun accord ne soit trouvé sur les mesures à prendre pour parer à la forte austérité budgétaire programmée d’avance aux États-Unis. Une politique budgétaire nettement plus restrictive que dans ces prévisions pourrait en effet faire basculer l’économie des États-Unis dans une récession que la politique monétaire ne pourrait guère empêcher.
  • L’OCDE a élaboré une Réponse stratégique à une rechute de l’économie, dans laquelle sont recommandées aux différents pays des mesures spécifiques, qui pourraient être mises en œuvre si l’activité économique se révélait nettement plus faible que prévu : des mesures de relance budgétaire, étayées par une amélioration des cadres budgétaires, lorsque l’état des finances publiques et de la confiance le permet ; un assouplissement de la politique monétaire lorsque c’est possible ; et des réformes structurelles destinées à stimuler la croissance, à réduire le chômage et à renforcer la confiance.

29.11.2011. CH/OCDE: prévision de croissance PIB réel 2012 abaissée à 0,8% (contre 2,5%)

Prévisions économiques 2011-2013. Dernière mise à jour: 30.12.2011
Source: ATS. 29.11.2011

L'économie suisse devrait connaître une croissance de son produit intérieur brut (PIB) de 1,8% cette année et de 0,8% en 2012, selon l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Ces attentes apparaissent en net retrait par rapport à celles émises en mai.

Il y a six mois en effet, l'OCDE tablait encore sur une croissance du PIB réel de 2,7% en 2011 et de 2,5% l'an prochain. Entretemps, la Suisse a subi le contrecoup de la force du franc et de la "décélération de l'activité sur les marchés d'exportation", a relevé lundi l'Organisation en présentant ses dernières prévisions.

La croissance économique helvétique ne devrait pas redémarrer avant le deuxième semestre de l'année prochaine. Ce moment correspondra avec le raffermissement de l'activité mondiale, a précisé l'OCDE. La progression de l'emploi restera faible et le taux de chômage augmentera jusqu'à la mi-2012.

Alors, l'emploi renouera avec une croissance "modérée", en phase avec l'activité économique. Concernant les prix, l'inflation devrait demeurer "contenue" et ne remonter que pas à pas à la fin de 2013, avancent les experts de l'OCDE, dont le siège se trouve à Paris.

29.11.201. L’Allemagne et la Suisse resteront des ports relativement sûrs en 2012

Prévisions économiques 2011-2013. Dernière mise à jour: 30.12.2011
Source: 1. AXA Investment Managers. 29.11.2011

Alors que l’Asie demeurera en 2012 le moteur de la croissance mondiale, l’Allemagne fera partie des économies les plus stables au sein de la zone euro.

Telle est la prévision formulée par Christina Böck, Head Investment Solutions Suisse chez AXA Investment Managers, lors d’une conférence de presse à Zurich. «Dans le cadre du ralentissement conjoncturel mondial, l’essor économique sera certes restreint au premier semestre 2012 mais l’Allemagne et la Suisse resteront toutefois des ports relativement sûrs l’an prochain», a-t-elle déclaré. A cela deux raisons notamment: d’une part, la modération salariale de ces dernières années en Allemagne a renforcé la compétitivité des entreprises d’outre-Rhin au niveau des prix; d’autre part, le secteur allemand de l’exportation profitera aussi en 2012 de la poursuite de la croissance des pays émergents. Il en va de même pour la Suisse qui est également protégée par la forte spécialisation de son secteur d’exportation.

Un autre facteur expliquant la stabilité de la croissance économique de ces deux pays est leur faible niveau d’endettement. AXA Investment Managers s’attend à ce que tous deux enregistrent en 2012 une croissance limitée mais stable de 0,5% voire de 1,0% d’ici la fin de l’année.

Obligations en Europe

Après la perte historique par les Etats-Unis de leur précieux triple A suite à l’abaissement de leur note de crédit par l’agence S&P, la solvabilité de la France commence elle aussi à vaciller. L’Allemagne, en revanche, conserve sa solide notation «AAA». Christina Böck fait remarquer que c’est le seul pays de la zone euro à offrir un placement sans risque. Selon elle, le noyau dur de la zone euro reste très stable grâce à l’Allemagne, l’Autriche, les Pays-Bas et la Finlande.

La sécurité des emprunts d’Etat suisses ne fait pas non plus de doute compte tenu du faible endettement du pays. Toutefois, suite à la fixation par la Banque nationale suisse d’un cours plancher pour le franc suisse par rapport à l’euro, les investisseurs non suisses sont désormais exposés à un risque de change asymétrique qui devrait empêcher toute augmentation de leur demande d’obligations helvétiques.

Evaluation des actions européennes

La zone euro n’est toujours pas parvenue à un accord concernant la crise de la dette. «Nous sous-pondérons les actions à l’heure actuelle, indique Christina Böck. Compte tenu de l’environnement conjoncturel et de la crise systémique, nous nous attendons à une baisse à deux chiffres en moyenne des bénéfices des entreprises de la zone euro en 2012». Elle table en effet sur un repli de 10 à 15%. Les entreprises suisses devraient être touchées elles aussi dans un ordre de grandeur similaire. Dans le cas d’une baisse des cours de 10 à 15%, les actions redeviendraient attrayantes pour AXA Investment Managers et le rapport cours-bénéfice évoluerait entre 7,5 à 8. Outre les facteurs politiques, le problème des bilans bancaires doit aussi être résolu dans la zone euro.

Selon Mme Böck, une augmentation des coussins de sécurité dans les bilans bancaires – et par conséquent un ratio de fonds propres plus élevé – est indispensable pour permettre aux actions de redorer leur blason à long terme en Europe.

Perspective

Selon Mme Böck, les mesures suivantes sont nécessaires pour rétablir la confiance: la mise en œuvre en Italie du programme de stabilité qui, sous le gouvernement de Mario Monti, prévoit de nouvelles directives d’assainissement budgétaire; la concrétisation des mesures d’austérité en Grèce et la clarification des données générales du Fonds européen de stabilité financière (FESF). Selon AXA Investment Managers, la Banque centrale européenne (BCE) est la seule instance qui puisse éviter l’éclatement de l’Union monétaire européenne (UME) pour autant qu’elle intervienne à temps. Dans un premier temps, la BCE ramènera probablement les taux d’intérêt à court terme en dessous de 1% pour s’engager ensuite sur la voie de l’assouplissement quantitatif.

Néanmoins, tant que les décideurs politiques n’auront pas trouvé de solution pour la zone euro, l’aversion pour le risque pourrait continuer à augmenter. Par ailleurs, bien que la Suisse ne doive pas, comme ses pays voisins, s’astreindre à une politique d’austérité, son économie sera toutefois touchée par la faiblesse de l’activité dans la zone euro. Christina Böck s’attend à ce que l’Europe prenne le train de la reprise mondiale vers la fin 2012. Une telle évolution favoriserait les formes de placement plus risquées, telles que les actions. A l’heure actuelle toutefois, les experts d’AXA Investment Managers misent sur les emprunts d’Etat sûrs et les obligations d’entreprises de grande qualité, même s’il existe déjà des opportunités très intéressantes dans certains domaines, comme les obligations à haut rendement.

04.12.2011. Les prévisions économiques de l'UBS assombries

Prévisions économiques 2011-2013. Dernière mise à jour: 30.12.2011
A mesure que 2012 se rapproche, le pessimisme quant à l'évolution de l'économie suisse l'an prochain gagne les économistes d'UBS. Tablant désormais sur un recul du PIB aux premier et deuxième trimestres, ils n'escomptent plus qu'une croissance de 0,4% sur l'ensemble de 2012. Jusqu'alors, les experts du numéro un bancaire helvétique tablaient sur une expansion du produit intérieur brut (PIB) de la Suisse de 0,8% pour l'an prochain.

Dans la foulée, UBS a également annoncé vendredi une révision à la baisse de sa prévision pour l'année en cours, celle-ci passant de 2 à 1,7%, ainsi que pour 2013 avec une progression de la production helvétique de 1,6%, contre 1,8% auparavant.

Signes de fatigue

Selon les économistes de la grande banque, l'économie suisse présente des signes de fatigue. Les indicateurs les plus récents confirment tous que la croissance s'affaiblit très rapidement. Et UBS de mentionner notamment la faiblesse de l'expansion du PIB au cours du 3e trimestre, dévoilée pas plus tard que jeudi (Lire: La croissance de l'économie suisse ralentit).

Ce rapide affaiblissement de la conjoncture helvétique reflète en premier lieu un environnement européen très faible. Une récession sur le Vieux Continent ne reste pas sans effets sur l'économie suisse. Selon les experts d'UBS, le PIB de l'Europe devrait fléchir de 0,7% l'an prochain.

A la différence d'autres pays européens, cette phase récessive interviendra en Suisse dans le contexte d'une production affichant un niveau record. Il est dès lors probable que le chômage n'augmente pas aussi fortement que lors des précédentes périodes de récession. UBS attend un taux inchangé au regard de 2011 à 3,1%.

Reprise en 2e partie d'année

En Suisse, la reprise devrait intervenir durant le 2e semestre 2012. La croissance du PIB devrait s'inscrire à 0,7% au 3e trimestre et à 1,6% au cours des trois derniers mois de l'année.

Pour mémoire, les experts de l'unité de gestion de fortune d'UBS avaient déjà révisé en forte baisse leur prévision de croissance pour l'économie suisse mercredi passé, celle-ci passant de 2,2% à 0,8% pour l'an prochain et de 2,7% à 2% pour l'année en cours. Ils avaient ainsi rejoint leurs collègues de l'unité UBS Investment Research qui, eux, tablaient fin octobre déjà sur une croissance de 2% en 2011 et 0,8% en 2012 (Lire: Les prévisions de croissance revues à la baisse).

Mais les spécialistes du numéro un bancaire helvétique ne sont pas les seuls à avoir fortement recadré leurs perspectives ces dernières semaines. Ceux du Credit Suisse ont ainsi par exemple revu jeudi passé leur prévision de croissance du PIB suisse de 2% à 0,5% pour 2012.

07.12.2011. BAKBASEL revoit également ses prévisions pour l'année 2012

Prévisions économiques 2011-2013. Dernière mise à jour: 30.12.2011
L'institut conjoncturel bâlois compte sur une "légère entrée en récession" au semestre d'hiver 2011-2012, a-t-il écrit mardi dans un communiqué. Il s'attend toutefois à une reprise de la conjoncture au 2e semestre. BAKBASEL rejoint ainsi UBS, Credit Suisse et Economiesuisse qui avaient récemment revu leurs prévisions à la baisse à 0,4% pour la première premier et 0,5% pour les deux autres. L'institut a en outre légèrement révisé ses prévisions de croissance pour 2011 de 1,9 à 1,8%.

L'institut conjoncturel bâlois compte sur une "légère entrée en récession" au semestre d'hiver 2011-2012, a-t-il écrit mardi dans un communiqué. Il s'attend toutefois à une reprise de la conjoncture au 2e semestre.

BAKBASEL rejoint ainsi UBS, Credit Suisse et Economiesuisse qui avaient récemment revu leurs prévisions à la baisse à 0,4% pour la première premier et 0,5% pour les deux autres. L'institut a en outre légèrement révisé ses prévisions de croissance pour 2011 de 1,9 à 1,8%.

Le développement de l'économie en Suisse dépendra essentiellement de la situation en Europe, estime BAKBASEL qui ne croit toutefois pas que la crise de la dette européenne va dégénérer.

Malgré les mesures de la Banque nationale suisse (BNS) fixant un cours minimal d'1,20 franc pour un euro, la phase la plus difficile reste à venir pour les exportations helvétiques, estime BAKBASEL. Les faibles exportations et les bas investissements devraient en outre se répercuter sur le marché du travail, faisant grimper le taux de chômage à 3,6% jusqu'à la fin 2012.

Cette hausse pourrait se révéler plus élevée. Cependant l'institut part du principe que la conjoncture mondiale devrait permettre à la BNS d'augmenter le cours plancher à "au moins 1,25 francs" au cours du semestre d'hiver.

Une éclaircie pourrait cependant intervenir sur le plan de la consommation intérieure, soutenue par une "immigration toujours intense".

08.12.2011. Prévisions économiques France 2012-2017


08.12.2011. Prévisions économiques Zone euro 2012-2017

Source: BCE. 08.12.2011

La BCE abaisse sa prévision de croissance pour la zone euro

Mario Draghi ne prévoit plus que 0,3% de croissance dans la zone euro en 2012, contre 1,3% auparavant. Le chiffre devrait se monter à 1,3% en 2013. En matière d'inflation, le président de la BCE attend une accalmie progressive, avec un taux prévu à 2,7% cette année, 2% en 2012 puis 1,5% en 2013. L'activité au sein de la zone euro pourrait au pire se contracter de 0,4% et au mieux progressser de 1,0% l'année prochaine, selon les projections des conjoncturistes de la BCE, contre une fourchette de prévisions de +0,4% à +2,2% il y a trois mois.

09.12.2011. La Banque d'Allemagne révise sa prévision de croissance de 2012

Prévisions économiques 2011-2013. Dernière mise à jour: 30.12.2011
La Bundesbank, la banque centrale allemande, a revu en forte baisse vendredi sa prévision de croissance pour 2012, à 0,6%, soit trois fois moins qu'estimé en juin dernier, en soulignant la tension croissante liée à la crise de la dette dans la zone euro.

Pour 2011, elle attend une croissance de 3%, contre 3,1% prévu il y a six mois.

"La crise des finances publiques dans un certain nombre de pays de la zone euro, l'incertitude qui en découle et le ralentissement économique généralisé exercent une pression croissance sur l'activité économique en Allemagne", explique la Buba.

"Même ainsi, les conditions intérieures d'un rebond ample reposant sur une large assise restent intactes", ajoute-t-elle toutefois.
La consommation privée devrait augmenter de 1,2% l'an prochain en Allemagne mais les exportations ne devraient apporter aucune contribution positive à la croissance du pays, précise-t-elle.
La croissance devrait remonter à 1,8% en 2013, selon ses nouvelles prévisions.

15.12.2011. Suisse. Le Seco mise sur une reprise rapide mais modérée

Prévisions économiques 2011-2013. Dernière mise à jour: 30.12.2011
Source: Le Temps. 15.12.2011
Auteur: Servan Peca.

Le Seco mise sur une reprise rapide mais modérée en Suisse Le creux conjoncturel devrait déjà s’achever au milieu de 2012. Le Secrétariat d’Etat se dit toutefois conscient de la fragilité de son scénario optimiste. Entre réalisme, optimisme et précaution, le Secrétariat d’Etat à l’économie hésite. Certes, les économistes du Seco, dont les prévisions d’hiver ont été publiées mardi, ont calculé que la croissance suisse ne progressera plus que de 0,5% l’année prochaine. Soit presque deux fois moins vite que ce qu’ils avaient prévu en septembre. Certes, ils prévoient aussi que le taux de chômage passera de 3,1% en 2011 à 3,6% en 2012. Et que les exportations n’avanceront plus que de 0,4%.

Mais rien ne laisse présager un effondrement comparable à celui de la fin de 2008, rassurent les experts de la Confédération. Le Seco table ainsi sur un redémarrage progressif à partir du second semestre 2012 déjà. En 2013, le PIB pourrait avoir retrouvé un rythme de croissance de 1,9%. Ce basculement devrait être favorisé par les exportations, la demande intérieure et, dans une moindre mesure, par les investissements dans la construction. Sur le front de l’emploi, il y aura un ralentissement des embauches, mais rien n’indique non plus une dégradation rapide, positive également le Seco.

Les experts bernois ne négligent pas que «les problèmes structurels à l’origine de la crise en Europe continueront, pour une certaine période, à exercer des effets de frein». Mais dans le climat actuel, alors que les autres grands instituts de prévision ont eux aussi drastiquement revu leurs prévisions pour 2012 – UBS à 0,8%, le Kof à 0,6%, Credit Suisse à 0,5% –, le Seco souffle l’accalmie. Dans le vocable comme dans les chiffres, on est loin de «l’arrêt brutal de la croissance» évoqué en septembre dernier par la Banque nationale suisse.

Il y aura pourtant plusieurs trimestres récessifs en 2012, selon Janwillem Acket; «Si une grande partie de la zone euro est en récession, la Suisse ne peut pas être épargnée.» Ce que prévoit discrètement le Seco, le chef économiste de Julius Baer le dit haut et fort: «La phase de récession a déjà commencé.» Et de souligner la forte dégradation d’indicateurs avancés tels que l’indice des directeurs d’achat ou le baromètre conjoncturel du Kof. «Je prévois une chute de la croissance plus nette que le Seco», résume-t-il. Selon ses propres estimations, le trimestre en cours serait déjà marqué par une croissance négative. Et en 2012, le PIB suisse reculera de 0,53%.

Pourquoi de telles différences avec l’institut fédéral? «Je suis nettement moins positif quant à l’évolution de la consommation privée», détaille Janwillem Acket. Il table sur une stagnation l’an prochain, quand le Seco s’attend à une avancée de 1,1%. «Vu la hausse attendue du nombre de chômeurs, je ne vois pas comment la demande des ménages pourrait augmenter», s’interroge-t-il. Julius Baer est également beaucoup plus sombre au sujet des investissements des entreprises en 2012 (–4,9%, contre – 2,5% pour le Seco).

Aussi encourageantes soient les prévisions de Berne, elles restent très dépendantes de deux facteurs. Le premier est le taux de change. Le Seco suppose que le franc restera à 1,23 contre l’euro. Le scénario est ici plutôt fragile, convient son chef de la direction de la politique économique, Aymo Brunetti. Le second est l’évolution de la situation en zone euro. Pour que le postulat de Berne reste valable, il faut que cesse la contagion. «Il n’est pas certain que les décisions politiques de la semaine dernière constituent une solution permanente», ajoute avec précaution le responsable.

Selon lui, le scénario du pire est celui d’une crise bancaire en Europe. Le franc, les banques et les crédits aux entreprises en souffriraient, en Suisse également. «Les Européens vont tout faire pour l’éviter. Du moins je l’espère», conclut l’expert bernois.

16.12.2011. France. La France entre en récession

Prévisions économiques 2011-2013. Dernière mise à jour: 30.12.2011
En France justement, l'activité commencerait à se contracter au quatrième trimestre (le PIB reculerait de 0,2 %), mouvement qui se poursuivrait au premier trimestre 2012 (- 0,1%). Dans le détail, la demande des entreprises - qui soutenait la reprise depuis deux ans - commence«à fléchir»; l'investissement privé tomberait dans le rouge pendant quatre trimestres. Un signe évident de l'attentisme des entreprises face à la situation, qui ne peut leur laisser espérer qu'une activité atone… Du coup, l'emploi reculerait dans le secteur privé (en trois trimestres, près de 80.000 postes seraient détruits) et le chômage continuerait à progresser, jusqu'à atteindre dans l'Hexagone 9,6 % mi-2012. Une situation qui n'encourage pas à la dépense: la consommation des ménages va rester atone dans les trimestres à venir.

Quant au commerce extérieur, certes, il ne fera pas gagner un dixième de point à la croissance dans les six prochains mois, mais au moins aura-t-il le mérite de ne pas lui en faire perdre. Ce n'est qu'à partir d'avril que la croissance redeviendrait positive. L'Insee prévoit un deuxième trimestre en léger redressement, de 0,1%. Sous ces hypothèses, la croissance à mi-année serait… nulle. Autant dire que la prévision du gouvernement d'atteindre 1% de progression du PIB l'an prochain -qui nécessiterait une croissance de 1,3 % lors de chacun des deux derniers trimestres- est, dans le contexte actuel, hors de portée. Le gouvernement a répété plusieurs fois qu'il avait mis suffisamment de crédits en réserve pour tenir sa trajectoire de réduction des déficits publics sans mesure d'austérité supplémentaire, avec une croissance de 0,5% l'an prochain. Ce qui supposerait, si le scénario de l'Insee se réalise sur la première moitié de 2012, que l'activité progresse de 0,6% au cours des deux trimestres restants, a calculé l'Insee. Rien n'est moins sûr…

«Nous ne disons pas que l'économie ne va pas redémarrer, nous disons que cela va prendre du temps», conclut la chef du département de la conjoncture, Sandrine Duchêne.

28.12.2011. Les prévisions chocs de Saxo Banque pour 2012

Prévisions économiques 2011-2013. Dernière mise à jour: 30.12.2011
Source: CercleFinance.com. 28.12.2011.

Saxo Banque a livré ses traditionnelles 'prévisions chocs' pour 2012, s'appuyant sur trois caractéristiques. Ainsi, les événements anticipés par le spécialiste du trading et des investissements en ligne sont imprévisibles, leur impact est très important et la probabilité qu'ils se produisent est bien plus élevée que ce qui est annoncé par le consensus.

  • Il table en premier lieu sur une chute de 50% de l'action Apple Inc par rapport au plus haut de 2011, ou encore sur l'entrée en récession de l'Australie.
  • Saxo Banque envisage par ailleurs que l'UE déclare un congé bancaire prolongé en 2012 et que les accords de Bâle III et autres nouvelles réglementations forcent la nationalisation de 50 banques européennes.
  • En outre, selon les économistes, le statut de marché refuge de la Suisse pourrait être subtilisé par la Suède et la Norvège, tandis que la Banque nationale suisse l'emporte et catapulte la paire EUR/CHF à 1,50.
  • Saxo Banque estime également possible qu'un candidat aujourd'hui encore inconnu s'installe à la Maison blanche.
  • Pêle-mêle, les trois dernières 'prévisions chocs': la paire USD/CNY grimpe de 10% à 7,00, le Baltic Dry Index progresse de 100%, les prix du blé doublent en 2012.

'Nos prévisions chocs ont pour but d'encourager les investisseurs à une réflexion moins convenue et à se préparer à des événements lourds de sens pour l'économie mondiale', souligne Steen Jakobsen, économiste en chef chez Saxo Bank.

29.12.2011. Pétrole: vers le maintien du baril vers 100 dollars en 2012

Prévisions économiques 2011-2013. Dernière mise à jour: 30.12.2011
Source: VotreArgent.fr. 29.12.2011.
Auteur: Cercle Finance.

Guère de hausse, mais pas de baisse non plus : c'est de l'opinion de nombre de spécialistes ce qui attend les prix du baril de pétrole en 2012. Vers 108 dollars pour le Brent européen et 100 dollars pour le WTI américain, les deux principaux barils de référence sont bien partis pour terminer 2011 sur des hausses respectives de 16% et 11% environ. Contraints à la hausse par la conjoncture et à la baisse par les risques géopolitiques, ils pourraient bien rester proches de ces niveaux l'année prochaine.

Le 13 décembre dernier, l'Agence internationale de l'Energie (AIE) a de nouveau revu en légère baisse ses prévisions de demande d'or noir en raison du ralentissement de l'économie mondiale. Toutefois, la demande globale de brut de 2012, attendue à 90,3 millions de barils/jour, était toujours supérieure à la prévision pour 2011 (89 millions de barils/jour, b/j).
L'organisme international basé à Paris avait, à cette occasion, fourni des prévisions plus long terme, avec une demande de 95 millions de barils/jour pour 2016.

Ralentissement ou pas, la demande devrait donc continuer de se tendre grâce à la croissance dont les pays émergents devraient continuer de faire preuve à long terme.

Récemment, les analystes de Crédit Suisse se sont penchés sur les perspectives du baril. Ils partagent en grande partie l'idée selon laquelle la hausse de la consommation pétrolière des émergents soutiendra structurellement le brut, au-delà du faible dynamisme des grands pays industrialisés.

En outre, “l'offre des pays de l'OPEP comme des producteurs qui ne font pas partie du cartel devrait continuer de décevoir”, prévoient les analystes. Selon Crédit Suisse, le prix du baril à partir duquel le budget de l'Etat d'Arabie saoudite atteint l'équilibre a augmenté et se situe maintenant entre 85 et 90 dollars. Il s'agit d'un facteur déterminant pour la “paix sociale” et la stabilité politique du 1er producteur de brut au monde, avec 10 millions de b/j ou 12% du total global en 2010, selon le dernier BP Statistical Yearbook. Ce prix d'équilibre politique devrait en outre continuer de monter et se comporter comme un “prix plancher”.

Au final, Crédit Suisse table sur un prix moyen du baril de Brent de 105 dollars en 2012 (110 dollars au 3ème et 4ème trimestres), puis 115 dollars en 2013 et 120 dollars en 2014. Moins probable, un scénario alternatif est prévu : en cas de crise grave résultant d'un “credit cruch”, le baril reviendrait sous les 80 dollars.

Libye, Irak, Iran : les facteurs d'instabilité et de tensions géopolitiques ne manquent pas au Moyen-Orient, région qui concentrait en 2010 environ 25,2 millions de b/j de production de brut, soit 30,3% du total mondial. Sans oublier le cas de la Russie (10,2 millions de b/j, 12,9% de l'ensemble), elle aussi secouée par une récente contestation du pouvoir en place, relève la société de gestion parisienne Prim'Finance.

Lire la suite de l'article.

30.12.2011. Economie suisse déjà dans le rouge - petite récession prévue

Prévisions économiques 2011-2013. Dernière mise à jour: 30.12.2011
Source: Romandie News. 30.12.2011.
Auteur: déclarations du directeur Conjoncture de l'institut KOF

Les perspectives pour l'économie suisse ont continué à se détériorer. Le baromètre conjoncturel KOF de l'EPFZ a atteint en décembre un nouveau plus bas de l'année en cours à +0,01 point. En novembre les données révisées faisaient état de +0,34 point en novembre, 0,75 en octobre et 1,21 point en septembre. Le KOF prévoit par conséquent également une courte récession.

"Comparé au trimestre précédent, nous pourrions déjà nous trouver dans le rouge", a déclaré Michael Graff, directeur Conjoncture du KOF, mercredi à AWP. "Si nous en croyons également nos prévisions conjoncturelles de mi-décembre, l'économie suisse est déjà en croissance négative ce trimestre et le suivant, ce qui, d'un point de vue technique, signifie que nous sommes déjà en récession".

TOURISME ET INDUSTRIE LES PLUS TOUCHÉS PAR LA RÉCESSION

La récession devrait toutefois être de courte durée. En l'état de nos connaissances actuelles, le deuxième semestre 2012 devrait de nouveau être meilleur. La récession devrait, d'un point de vue technique, être terminée et M. Graff poursuit: "Ce n'est qu'une courte récession en l'état de nos connaissances actuelles".

Le tourisme et les exportations telles que l'industrie des machines, soit tous les produits vers l'Allemagne et en provenance de l'Union européenne, devraient être le plus touchés par la récession. L'industrie de la construction s'est montrée très robuste à ce jour, mais indique également désormais des traces d'essouflement, selon M. Graff.

Pour M. Graff, les facteurs d'influence les plus importants pour la croissance de l'économie suisse sont la conjoncture européenne et la valeur du franc suisse. Le KOF prévoit l'année prochaine une baisse du franc contre l'euro à 1,30. "Nous prévoyons que le franc évolue lentement vers 1,30 par rapport à l'euro".

Dans ses prévisions d'hiver publiées à mi-décembre, le KOF prévoit en 2012 une augmentation du produit intérieur brut (PIB) de 0,2% et pour 2013 une accélération à 1,9%. En automne de cette année, la croissance du PIB pour 2012 était encore estimée à 1,5% et pour 2013 à 2,5%.

Mercredi 9 Novembre 2011
Raphaël Dougoud
Lu 8587 fois

Crise financière+économique 2008-... | Futur | Swiss Resto | Prendre/Développer notre conscience | Newsletters | International