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La politique monétaire a depuis longtemps tiré toutes ses cartouches

Source: La Quotidienne d'Agora. 03.10.2011
Auteur: Eberhardt Unger



La politique monétaire a depuis longtemps tiré  toutes ses cartouches


Pendant un an, du printemps 2009 au printemps 2010, l'indice de la production industrielle américaine (ligne verte du graphique ci-dessous) a grimpé, mettant en évidence la reprise qui a suivi la plus lourde crise économique depuis 80 ans.



Le redressement a été dû à la politique monétaire ultra-expansive de la Fed et à de nombreux programmes de relance du gouvernement, financé par toujours plus de nouvelles dettes. Cependant, depuis un an, la production industrielle stagne à nouveau dans tous les pays industrialisés : en Amérique du Nord, en Europe occidentale et au Japon.

Partout, le ralentissement économique menace, alors même que les taux d'intérêt sur le marché monétaire sont nuls ou très près de 0%, et que les rendements obligataires affichent leurs plus bas historiques.

Les banques centrales, avec leur politique monétaire ultra-expansive, ont depuis longtemps tiré toutes leurs cartouches. La dernière qui leur reste, l'assouplissement quantitatif, consistant à acheter en masse les obligations souveraines. Et pour les gouvernements, il ne reste plus que la solution consistant à couper dans les dépenses.

Alors, peut-on parler d'un échec de la politique monétaire ? Peut-être qu'avec elle, les banques centrales ont pu éviter le pire, mais elles n'ont pas pu provoquer le retournement conjoncturel salvateur. On peut même dire que la politique monétaire ultra-expansive est une cause importante de la crise et de sa prolongation parce qu'elle a encouragé le surendettement dans de nombreux secteurs.

La ZIRP a permis de négliger les normes habituelles en matière d'octroi des crédits et le recours excessifs au crédit à lui-même conduit à de mauvaises allocations de capital, qui ont débouché sur des bulles spéculatives. "DotCom", immobiliers américains, instruments financiers douteux, bilans des banques déséquilibrés, dépréciations d'actifs, un marché des dérivés qui atteint le chiffre incroyable de 600 milliards de dollars, une dette publique ubuesque, etc., sont tous des phénomènes à mettre sur le compte d'une politique monétaire beaucoup trop expansive.

Emprunter à presque 0% d'intérêt est beaucoup plus facile que de chercher sans cesse de nouveaux investissements productifs.

Idem pour nos gouvernements qui préféreront faire de la dette qui ne leur coûtera presque rien plutôt que d'arbitrer entre les dépenses, au risque de déplaire.

Conclusion : sur les 10 dernières années, la politique monétaire ultra-expansive des banques centrales a été axée sur la préservation du système bancaire et financier. La croissance économique et le marché du travail n'en n'ont guère profité. L'objectif de la reprise économique n'a pas été atteint malgré la mise en oeuvre de la ZIRP et du QE. Le problème de fond qui est le surendettement des finances publiques n'a pas pu être résolu par une telle politique monétaire qui, finalement, n'aura servi qu'à diminuer, quelque peu, le montant des intérêts à payer.

Dr. Eberhardt Unger est un économiste indépendant, fort de plus de 30 ans d'expérience des marchés et de l'économie. Vous pouvez retrouver ses analyses sur le site www.fairesearch.de

Mercredi 5 Octobre 2011
Raphaël Dougoud
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