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Crise de l'euro ou la conscience d'un monde qui bascule. Dernière mise à jour: 23.12.2011

28.10.2011. Euro: pourquoi nous n'avons rien sauvé.
09.12.2011. Une règle d'or obligatoire pour réduire les déficits .
19.12.2011. Pacte européen: le bonheur est sur le chemin.
23.12.2011. La crise commence à affecter l’économie réelle, selon Mervyn King vice-président du CERS



28.10.2011. Euro: pourquoi nous n'avons rien sauvé

Crise de l'euro ou la conscience d'un monde qui bascule. Dernière mise à jour: 23.12.2011
Source: TerraEco.net. 28.10.2011.
Auteur: Walter Bouvais.

Ce qu’il reste de l’« Union » européenne a donc stoppé l’incendie financier. Et consenti, enfin, à tendre une main secourable à la Grèce. Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et l’euro n’en sortent pas sains et saufs pour autant. Seules les apparences sont sauves. Car en sous-sol, l’incendie couve toujours. Le remède administré dans les prochains mois en Italie et en France, et déjà bien connu des Grecs, des Espagnols et des Portugais, risque de nous amener une nouvelle fois aux portes de la récession.

Nous savons bien, puisque nous l’avons connu en 2009, ce qu’implique pareil scénario. Notre modèle économique et social, qui ne tient que par la confiance et la croissance du PIB, se met alors à yoyotter, devenant une formidable machine à broyer. On arguera qu’en France, une certaine protection par la dépense publique et un « modèle » social moins distendu qu’ailleurs, permettent toujours de limiter la casse.

La croissance, ça ne se décrète pas

En réalité, si l’on jette un œil dans le rétroviseur, il semble que notre « modèle » n’ait vraiment bien fonctionné que pendant les Trente Glorieuses, ces années « bénies » parce que porteuses d’une croissance économique « infinie ». Les ennuis ont commencé avec les Trente Piteuses, inaugurées par les chocs pétroliers des années 1970, qui ne nous ont plus jamais permis de financer notre « modèle », à supposer que 3 millions de chômeurs constituent un modèle. D’année en année, les déficits publics se sont empilés, constituant une montagne de dettes financières, devenues insoutenables pour nos enfants. Et nous voici pris au piège : pour résorber cette dette et continuer de tenir l’objectif – indiscutable, nécessaire, républicain – de justice sociale, il faudrait de la croissance, davantage de croissance, toujours plus de croissance du PIB. Seulement voilà : la croissance, on ne sait pas faire, ou pas assez. Parce que la croissance, ça ne se décrète pas, en tout cas pas complètement, et surtout plus pour longtemps.

Terres rares

Car il y a cette chose qu’aucun dirigeant européen n’admet publiquement : notre croissance économique est une chimère, puisqu’elle implique une surconsommation de ressources naturelles intenable à long terme. Le stock de ces ressources fond en effet à vue d’œil. Les pays riches manquent déjà de terres rares pour fabriquer leurs joujoux électroniques, tandis que les pauvres manquent de terres arables pour y élever leurs cultures vivrières. Les pays du Nord ne pensent qu’à croître, car ils n’ont rien trouvé d’autre pour (re)financer leur « modèle » social. Ceux du Sud ne pensent qu’à croître, car ils n’ont rien trouvé d’autre pour sortir de la misère sociale. Résultat, nous sommes de plus en plus nombreux à lorgner des ressources tout aussi vitales pour nos pays, qu’inexorablement condamnées à un sort de peau de chagrin.

Ni démondialisation, ni décroissance

Dans ces conditions, on peut parier que le temps qui nous sépare de la prochaine crise se compte en mois. Nouveau choc pétrolier, pénurie d’électricité, émeutes de la faim, faillite financière. Peu importent les symptômes. Le point fondamental est qu’ils renvoient tous au même mal : c’est notre modèle économique et, au-delà, notre modèle de civilisation fondé sur les ressources physiques de la planète, qui est en phase terminale. Aucune solution miracle n’existe, mais on peut déjà en exclure deux. La démondialisation, tout d’abord : ce concept rassurant porte en germe la menace d’un repli sur soi, à l’heure où nous manquons cruellement d’Europe et davantage encore de gouvernance mondiale. La décroissance, ensuite : certains – comme nos voisins Espagnols – la testent déjà à grande échelle depuis 2009, avec les dégâts humains que l’on sait.

Une vraie transition écologique

D’autres solutions sont à portée de main. Tout d’abord, imaginer de nouvelles formes et de nouveaux indicateurs de prospérité, faute de quoi l’obsession de la croissance du PIB nous tuera. Ensuite, remettre définitivement les marchés financiers au service de l’économie réelle, en osant la taxe Tobin, en puisant dans les paradis fiscaux les gigantesques réserves financières qui y grouillent, en cessant de subventionner les énergies fossiles . Et puis, susciter des générations entières d’entrepreneurs sociaux, au service de l’intérêt général et non plus du seul profit individuel. Enfin, mettre cette force de frappe intellectuelle, humaine et financière, nouvellement constituée, au service d’un programme historique pour la transition énergétique et écologique. C’était, déjà en 2008, le sens d’un « Green New Deal » qui ne fut qu’un effet d’annonce. Nous avons droit à une deuxième chance. Mais vite, car en sous-sol, l’incendie continue de se propager.


09.12.2011. Une règle d'or obligatoire pour réduire les déficits

Crise de l'euro ou la conscience d'un monde qui bascule. Dernière mise à jour: 23.12.2011
Source: Le Figaro.fr Economie. 09.12.2011.
Auteur: Cyrille Lachèvre

  • L'accord conclu entre 26 des 27 pays membres de l'UE reprend l'essentiel des propositions franco-allemandes établies lundi.
  • Le document de synthèse publié à l'issue du sommet renforce considérablement l'union budgétaire entre les pays européens.
  • Les sanctions envers un État qui dépasserait le plafond de 3% du PIB pour ses déficits publics seront automatiques.

Une règle d'or constitutionnelle pour tous

Chaque État membre devra s'assurer que ses déficits structurels (hors intérêts de la dette) ne dépassent pas 0,5% du PIB. Autrement dit, tous les États devront se doter d'une règle d'or. «La Cour de justice européenne vérifiera que chaque pays transpose cette règle d'or dans sa propre Constitution ou à niveau équivalent», précise le communiqué. Des mécanismes automatiques de correction des trajectoires budgétaires seront prévus, en cas de déviation. Cette règle d'or est donc moins sévère que celle devant être mise en œuvre en ­Allemagne en 2016 -qui prévoit une limite de déficit à 0,35% du PIB- mais plus que celle un moment envisagée par le gouvernement français.

Des sanctions automatiques en cas de déficits excessifs

Les sanctions envers un État qui dépasserait le plafond de 3% du PIB pour ses déficits publics seront automatiques, sauf «si une majorité qualifiée de membres s'y oppose»; leur nature reste à préciser. Jusqu'à présent, les sanctions ne pouvaient être lancées que si une ­majorité qualifiée d'États y étaient favo­rables. Autant dire qu'elles n'étaient jamais déclenchées. En revanche, le fait de dépasser un ratio d'endettement de 60% du PIB -second pilier du traité de Maastricht - ne sera pas motif à sanction. Trop d'États seraient concernés.

Le secteur privé ne sera plus mis à contribution

Le secteur privé (banques, assureurs…) ne sera plus mis à contribution en cas de restructuration de la dette d'un État comme cela fut le cas avec la Grèce. L'engagement sera réaffirmé «sans ambiguïté en préambule du traité». Des clauses standard d'action collective seront incluses dans les futures émissions, de sorte que le secteur privé sera traité au même rang que le secteur public. Cette clause vise à inciter les investisseurs à recommencer à prêter de l'argent aux États en difficulté.

Une gouvernance allégée pour les fonds de secours

Le futur Mécanisme européen de stabilité (MES) verra sa mise en œuvre avancée à la mi-2012, soit un an plus tôt que prévu. Il sera géré selon la règle de la majorité qualifiée, c'est-à-dire que pour être ­valide une décision devra recueillir au moins 85% des droits de vote. Jusqu'à présent, il était prévu que le MES soit géré selon la règle de l'unanimité. Concrètement, un petit pays ne pourra donc plus s'opposer à une intervention d'urgence du MES lorsqu'il faudra voler au secours d'un autre pays. De fait, seuls l'Allemagne, la France et l'Italie -qui disposent chacune de plus de 15% des voix- conserveront un droit de veto. Cette disposition suscite toutefois de nombreuses réticences chez certains États membres, en particulier la Finlande qui continue à faire connaître son opposition.

Un sommet des chefs d'État de la zone euro tout les mois

Paris et Berlin avaient proposé, en début de semaine que tant que durerait la crise les chefs d'État de la zone euro se retrouvent tous les mois pour définir, entre eux, une politique économique permettant de dynamiser l'activité. Cette proposition ne figure pas, noir sur blanc, dans le communiqué de conclusion publié vendredi, mais Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont tous deux indiqué que cette proposition avait été retenue par leurs partenaires.

19.12.2011. Pacte européen: le bonheur est sur le chemin

Crise de l'euro ou la conscience d'un monde qui bascule. Dernière mise à jour: 23.12.2011
Source: Le Temps. 19.12.2011.
Auteur: Michel Girardin, Union Bancaire Privée.

Si le dollar n’a pas à être inquiété dans son existence propre, c’est parce qu’on ne demande pas aux contribuables new-yorkais s’ils sont d’accord de payer pour les dégâts des crues du Mississippi dans l’Etat homonyme.

De l’autre côté de la Manche et de l’Atlantique, le crédit accordé aux Européens sur leurs facultés de régler rapidement et durablement le fléau de la dette est généralement mince. Ces observateurs critiques seraient bien inspirés de se remémorer la fameuse maxime de Winston Churchill: «Ceux qui n’apprennent rien du passé sont condamnés à le répéter.»

Exiger des Européens qu’ils trouvent une solution miracle pour équilibrer leurs finances publiques à chaque fois qu’ils se réunissent est tout à la fois irréaliste et irresponsable. Au passage, on aimerait bien voir des réunions similaires à Washington ou à Londres, où il serait question de résoudre un endettement public tout aussi marqué, quand ce n’est pas davantage, autrement que par des relèvements du plafond de la dette ou par des appels du pied à la banque centrale pour qu’elle fasse tourner la planche à billets afin de racheter des obligations gouvernementales qui ne trouvent plus preneurs.

Irréaliste, cette exigence du désendettement rapide l’est assurément. On ne passe pas en quelques années d’un ratio de 100% de dette par rapport au PIB au seuil de 60%. L’instauration de règles pour encadrer les politiques budgétaires, auxquelles s’ajoutent des sanctions pour les réfractaires, voilà ce qui assurera à la zone euro sa stabilité future. En matière d’équilibre budgétaire, le chemin compte ici bien plus que la destination. D’exiger que ce but soit atteint rapidement est non seulement irréaliste, mais aussi dangereux. C’est oublier que la dépression américaine des années trente est devenue «grande» en raison de l’entêtement avec lequel le président Hoover voulait, précisément, «équilibrer le budget», et ce, juste après le krach de 1929. Le paradoxe, c’est que le ratio de la dette sur le PIB n’a pas diminué sous Hoover, mais bien avec son successeur d’inspiration keynésienne, Roosevelt: ce dernier avait compris que, pour que ce ratio baisse, il suffit que le PIB augmente plus rapidement que la dette.

Entre l’Etat de New York, qui n’est pas le plus riche, et l’Etat le plus pauvre qu’est le Mississippi, l’écart de richesse est plus important qu’entre l’Allemagne et la Grèce. Si le dollar n’a pas à être inquiété dans son existence propre, c’est parce qu’on ne demande pas aux contribuables new-yorkais s’ils sont d’accord de payer pour les dégâts des crues du Mississippi dans l’Etat homonyme. Le jour où il en sera de même en Europe, nous ne douterons plus de la pérennité de l’euro. Le nouveau pacte budgétaire constitue un pas de plus vers le seul objectif qui doit compter pour les Européens: celui de créer ces Etats-Unis d’Europe que louait Victor Hugo, il y a plus de 150 ans déjà. Avec encore un peu de patience, «if you please»!

23.12.2011. La crise commence à affecter l’économie réelle selon le vice-président du CERS Mervyn King

Crise de l'euro ou la conscience d'un monde qui bascule. Dernière mise à jour: 23.12.2011
Source: LeTemps.ch. 23.12.2011.
Auteure: Mathilde Farine.

Le Comité européen des risques systémiques s’est réuni mercredi et jeudi. Il pousse à une mise en place rapide des mesures décidées lors des derniers sommets européens

Les perspectives de stabilité financière se sont dégradées depuis notre dernière réunion en septembre, a déclaré Mervyn King. Le gouverneur de la Banque d’Angleterre s’est exprimé jeudi lors d’une conférence de presse à l’issue d’une réunion du Comité européen du risque systémique (CERS) dont il est le vice-président et dont Mario Draghi est le président. La rencontre a eu lieu à Francfort au siège de la Banque centrale européenne.

«La dépendance aux banques centrales a augmenté», a signalé Mervyn King, au lendemain de la première offre de prêts aux banques pour une durée de trois ans à un taux de 1%. Au total, 523 banques de la zone euro ont demandé des fonds à la BCE mercredi pour obtenir un montant record de 489 milliards d’euros (596 milliards de francs). La Banque nationale suisse a également fourni 320 millions de dollars à des trois banques, sans préciser lesquelles.

Extrême aversion au risque

«Dans un climat d’extrême aversion au risque, les investisseurs manquent de confiance pour continuer à fournir des niveaux normaux de liquidité aux banques», a expliqué le banquier central. Avant d’ajouter: «L’intervention des banques centrales devrait soulager les difficultés de financement des banques de l’Union européenne à court terme. A plus long terme, les marchés de financement privés doivent être revitalisés.»

Alerter les pays

Les perspectives de croissance se sont aussi détériorées, selon Mervyn King. Pour lui, la crise de la dette européenne commence à se propager à l’économie européenne. Le banquier central a assuré qu’il n’y avait pas eu de discussions sur la possibilité qu’un pays quitte la zone euro. «Il est recommandé à toutes les institutions financières de se préparer à un large spectre d’éventualités», a-t-il cependant ajouté.

Il est revenu sur les derniers sommets européens, fin octobre et début décembre dernier, soulignant l’urgence de la mise en place des décisions. Il a souligné l’importance que les banques renforcent leur assise financière (core tier 1) pour atteindre un ratio de 9% en augmentant les fonds propres ou en coupant dans les rémunérations. Le responsable a appelé les banques à ne pas réduire leurs prêts à l’économie réelle.

Deuxième vice-président du CERS, Andrea Enria s’est dit «déçu» des responsables européens, hésitants à mettre en place les mesures de secours.

Le CERS a été institué le 16 décembre 2010 comme l’un des piliers de la réforme de la surveillance financière en Europe. Son rôle est d’alerter les pays membre de l’Union européenne sur les risques macroéconomiques et de faire des recommandations. Il réunit tous les trois mois les banquiers centraux de l’UE, la Commission et les superviseurs européens.

Samedi 29 Octobre 2011
Raphaël Dougoud
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