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Crise. Pays émergents et autres hors zone euro. Dernière mise à jour: 09.12.2011

17.11.2011. La dette publique américaine dépasse les 15 000 milliars de dollars
28.11.2011. La crise de l'euro ne doit pas faire oublier la crise américaine
29.11.2011. Face à la crise en UE, l'Asie va devoir miser sur la consommation de ses ménages
09.12.2011. Aux Etats-Unis, la richesse médiane fait un constat accablant de la pauvreté.



17.11.2011. La dette publique américaine dépasse les 15 000 milliards de dollars

Clic sur la photo pour obtenir l'évolution de la dette en temps réel (US National Debt)
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Source: Le Monde. 18.11.2011

La dette de l'Etat fédéral américain dépasse 15 000 milliards de dollars depuis mardi, selon des chiffres publiés mercredi par le département du Trésor, au grand dam de nombre de républicains qui font porter toute la responsabilité à l'administration Obama. Elle atteignait ce jour-là 15 033,6 milliards de dollars à la clôture des comptes quotidiens du Trésor, soit 55,8 milliards de plus que la veille, a indiqué le ministère (vous pouvez suivre l'évolution en temps réel du chiffre sur le site UsaDebtClock). Cela correspond à 99 % du PIB américain prévu par la Maison Blanche pour l'ensemble de l'année 2011.

Ces chiffres ont provoqué un déchaînement de réactions chez nombre d'élus républicains qui ont incriminé Barack Obama. "Ce chiffre marque un jour infamant pour l'histoire américaine. Vous méritez des dirigeants qui s'attaquent vraiment au problème", a déclaré sur Twitter Paul Ryan, président de la commission de la chambre sur le budget.

La candidate ultraconservatrice à la présidentielle américaine de 2012, Michele Bachmann, a estimé mercredi que les Etats-Unis sont comparables à un bateau qui va tomber dans les chutes du Niagara. "Ce qui a changé c'est la rapidité de la dette", a-t-elle ajouté, en notant que lorsqu'elle était entrée au Congrès comme représentante en janvier 2007, la dette américaine s'élevait à 8 600 milliards de dollars.

Rick Perry, candidat à l'investiture républicaine pour l'élection présidentielle de novembre 2012, a dénoncé "la politique socialiste d'Obama qui ruine le pays". Le gouverneur du Texas a affirmé sur Twitter qu'"il était temps de réformer Washington". "L'Amérique vient de passer un cap inimaginable : notre dette dépasse 15 000 milliards de dollars. Cela fait plus de 48 000 dollars par Américain", a tonné Reince Priebus, président du comité national du Parti républicain. Le sénateur Mitch McConnell a ajouté dans un communiqué : "Nous avons une dette qui pèse autant que notre économie. Cela nous fait beaucoup ressembler à la Grèce", a-t-il déclaré.

Le franchissement à la hausse du seuil des 15 000 milliards de dollars a eu lieu alors que la Commission mixte du Congrès pour la réduction du déficit budgétaire peine à parvenir à un accord qui définirait des économies budgétaires d'au moins 1 200 milliards de dollars cumulés sur dix ans.

Faute d'accord d'ici au 23 novembre, la loi prévoit la mise en œuvre automatique, à partir de 2013, de réductions des dépenses de l'Etat d'un total de 1 200 milliards de dollars sur dix ans, réparties à part égale entre les dépenses de défense et le reste des dépenses.

La dette publique américaine avait franchi à la hausse le cap des 10 000 milliards de dollars en septembre 2008. Depuis cette date, les Etats-Unis accumulent 1 000 milliards de dette supplémentaire tous les sept mois et demi en moyenne. Dans son dernier Moniteur des finances publiques publié en septembre, le Fonds monétaire international (FMI) estime que la dette publique des Etats-unis devrait atteindre 100 % du PIB à la fin de l'année, 105 % en 2012, et continuer de progresser jusqu'à 115 % en 2016.

28.11.2011. La crise de l'euro ne doit pas faire oublier la crise américaine

Source: La Quotidienne d'Agora. 28.11.2011
Auteur: Eberhardt Unger

L'évolution actuelle des marchés financiers est largement influencée par l'horreur que leur inspirent les problèmes d'endettement dans de nombreux pays de la zone euro. Même les rendements des obligations des quelques pays qui ont conservé leur notation AAA sont en train de monter.

Une crainte qui a aussi un impact sur les marchés des devises. Les discussions sans fin à propos d'un soutien de la BCE via des mesures non conventionnelles, du FESF, d'une annulation pure et simple des dettes ou de la solution consistant à émettre des euro-obligations exercent une pression à la baisse sur la monnaie unique.

Mais, en l'occurrence, le marché des devises est borgne parce que, quand l'euro faiblit, le dollar américain monte – et vice-versa. Cela vient du fait qu'à peu près 90% des réserves mondiales en devises sont libellées dans l'une ou l'autre de ces deux monnaies. Le yen et la livre sterling ne sont plus une alternative.

De nombreux traders recommandent actuellement de fuir l'euro pour le dollar. Mais aux Etats-Unis, les problèmes d'endettement ne sont pas meilleurs que dans la zone euro. Le 15 novembre dernier, la dette publique américaine a atteint les 15 000 milliards de dollars alors qu'au 30 septembre, le PIB américain atteignait 15 198 milliards de dollars.

Avec une dette publique atteignant 100% du PIB, la situation est encore plus effrayante que dans la zone euro. En comparaison, le ratio est de 80-85% en Allemagne et en France, et de 90% en moyenne dans la zone euro.

En outre, un retournement de la tendance économique américaine semble peu probable. Comme le montre le graphique ci-dessous, depuis le quatrième trimestre 2007, la dette publique (ligne rouge) augmente plus vite que le PIB (ligne bleue).

La super-commission américaine cherche fiévreusement comment couper les dépenses publiques afin de réduire les déficits budgétaires de 1 200 milliards de dollars dans les 10 prochaines années.

Des propositions doivent être soumises au Congrès américain avant Noël, sinon, ces coupes seront automatiques dès le premier janvier 2013. La politique fiscale américaine n'est plus en mesure de stimuler l'économie. La politique monétaire n'y a pas plus réussi, ni avec le QE1 et ni avec le QE2 ni avec le QE3 (échange des titres du marché monétaire contre du long terme).

Conclusion : la peur de la crise de la dette européenne ne doit pas faire oublier le développement de la dette américaine. Les données fondamentales aux Etats-Unis ne sont pas meilleures qu'en Europe, et, par conséquent, le dollar américain n'est pas une alternative à l'euro.

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Dette publique en % du PIB pour les principaux pays dans le monde
Crise. Pays émergents et autres hors zone euro. Dernière mise à jour: 09.12.2011

29.11.2011. Face à la crise en UE, l'Asie va devoir miser sur la consommation de ses ménages

Crise. Pays émergents et autres hors zone euro. Dernière mise à jour: 09.12.2011
Source: AFP. 29.11.2011

La crise de la dette en Europe commence à se faire sentir en Asie, en freinant les exportations des pays de cette région du globe, qui va devoir trouver d'autres moteurs de croissance tels que la consommation intérieure, soulignent organismes internationaux et analystes.

Les six principales économies d'Asie du sud-est (Indonésie, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande et Vietnam) afficheront en moyenne une croissance de 5% en 2011 et de 5,6% de 2012 à 2016, soit deux points de moins qu'en 2010, prévoit l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans son rapport sur cette région.

Les analystes de la banque américaine Morgan Stanley ont révisé à la baisse, pour la deuxième fois en trois mois, la croissance pour l'Asie --hors Japon--. Ils tablent désormais sur une hausse du Produit intérieur brut (PIB) de cette zone de 6,9% en 2012, contre 7,3% prévu auparavant, selon un rapport publié lundi. Les pays de la région les plus dépendants des exportations (Hong Kong, Singapour, Taïwan, Malaisie, Corée du Sud et Thaïlande), seront logiquement les plus exposés à une aggravation des conditions économiques mondiales causée par la crise en Europe et la mollesse de la reprise aux Etats-Unis, a ajouté Morgan Stanley.

La Banque de Corée a ainsi noté mardi que les exportations du pays avaient baissé en octobre, comparé à un an plus tôt. Même les pays disposant d'un vaste marché intérieur (Chine, Indonésie, Inde) "ne pourront pas échapper" aux conséquences de cet environnement extérieur dégradé, estime Morgan Stanley. Lundi, l'OCDE a averti que la zone euro semblait être entrée en "légère récession" en raison de la crise de la dette qui, en cas d'aggravation, pourrait avoir des conséquences "dévastatrices" sur l'économie mondiale.

La Banque mondiale a elle aussi souligné que la croissance des pays émergents d'Asie de l'est souffrait de la crise européenne. Mais la Chine les préserve d'un coup de frein brutal, indiquait-elle dans son rapport semestriel régional publié la semaine dernière.

"Le ralentissement de la croissance en Europe dans le sillage de l'austérité financière et les recapitalisations bancaires affectent l'Asie orientale", constate la Banque mondiale. "Mais d'importantes réserves (de devises étrangères) et des comptes courants excédentaires préservent la plupart des pays de la région" d'une forte correction, note-t-elle.

Faute de débouchés en Europe, ces pays se tournent vers la Chine et son immense marché de 1,3 milliard d'habitants, qui devrait rapidement ravir à l'Union européenne (UE) la place de deuxième importateur au monde, derrière les Etats-Unis.

Les pays émergents d'Asie de l'est comptent désormais pour 18% des importations chinoises de biens de consommation, selon la Banque mondiale. Elle souligne également que ces pays doivent renforcer leur indépendance économique en se réformant et en investissant afin de "s'assurer une croissance plus forte et tirée par la consommation intérieure". Ils doivent aussi faire un effort important dans l'éducation et la formation s'ils veulent "améliorer la productivité et orienter leur économie vers une production à plus haute valeur ajoutée".

"Un nouveau type de croissance est nécessaire en Asie du sud-est", a renchéri mardi Mario Pezzini, un responsable de l'OCDE. "Le bon côté dans cette montée des incertitudes (sur l'économie mondiale), c'est qu'elle offre l'occasion de réinventer la croissance", a-t-il déclaré. "Fortement dépendantes de la demande extérieure, ces économies d'Asie du sud-est vont voir +les moteurs intérieurs+ jouer un rôle plus important". Ces "moteurs intérieurs" comprennent les investissements dans les infrastructures et la consommation des ménages, encouragée par l'élargissement d'une classe moyenne et les réformes de politiques sociales, selon le rapport.

09.12.2011. Aux Etats-Unis, la richesse médiane fait un constat accablant sur la pauvreté

Crise. Pays émergents et autres hors zone euro. Dernière mise à jour: 09.12.2011
Source: Chronique AGORA. 09.12.2011.
Auteur: Bill Bonner.

La presse continue de se concentrer sur l’Europe. Un “accord sur les règles budgétaires de la Zone euro” a été annoncé plus tôt dans la semaine. Chaque jour apporte plus de questions sur la forme prise par l’accord final… et on se demande si la Banque centrale européenne sera là pour donner un coup de main.

Personne ne veut vraiment vendre ses actions. Parce qu’un vrai accord pourrait déclencher un rally de Noël géant. Les investisseurs ne veulent pas acheter non plus, parce qu’un accord qui échoue, en revanche, pourrait causer un effondrement. Donc ils observent… et attendent.

Aux Etats-Unis et en Europe, les investisseurs restent calmes. Du côté américain, les coupes automatiques dans le budget n’auront pas lieu — du moins pas comme elles sont censées se produire. Les politiciens sont en pleine négociation. Ils doivent relever un défi : trouver comment escroquer les électeurs et les investisseurs en faisant semblant de réduire les dépenses sans vraiment réduire quoi que ce soit.

Ils sont assez doués dans ce domaine ; nous sommes relativement certain qu’ils y parviendront.

En dépit de toutes ces chicanes et sottises, les Etats-Unis sont dans le pétrin. Le nombre de personnes vivant avec une aide alimentaire gouvernementale est passé à 46 millions — un nouveau record.

Par ailleurs, les chiffres du rapport mondial sur la richesse élaboré par Credit Suisse montrent que l’Américain moyen est bien plus pauvre qu’on le pense généralement. Le rapport compare la richesse moyenne et la richesse médiane. Si vous avez oublié la distinction, cher lecteur, la moyenne est ce qu’on obtient quand on additionne toute la richesse et qu’on la divise par le nombre de personnes. Ajoutez quelques super-milliardaires et tout le monde semble riche. La médiane, en revanche, est ce qu’on obtient quand on sépare les gens en deux groupes… ceux au-dessus et ceux au-dessous. Au centre se trouve la “médiane”… ou ce qu’on appelle habituellement l’Américain “typique”.

En Grande-Bretagne, par exemple, la richesse moyenne est de 258 000 $. Pas mal. Mais ce n’est pas ce qu’ont la plupart des gens. C’est juste ce qu’on obtient quand on fait la moyenne entre tous les gens riches — avec leur maison très chères à Londres — et les autres. Peu de gens en Grande-Bretagne ont réellement 258 000 $ de valeur nette.

La valeur nette médiane n’atteint même pas la moitié de ce chiffre, à 121 000 $. C’est ce qu’a réellement un citoyen britannique typique. Et même ce chiffre dépend considérablement de prix de l’immobilier qui n’ont pas encore baissé en Grande-Bretagne.

Maintenant, regardez ça : aux Etats-Unis, le chiffre de la richesse moyenne est un peu inférieur à celui de la Grande-Bretagne — 248 000 $. Mais le chiffre médian — ce qu’ont la plupart des gens en réalité — est bien inférieur, à seulement 53 000 $.

Si on le compare à ses homologues japonais ou européens, l’Américain typique n’est que moitié plus riche. La moitié des gens aux Etats-Unis ont moins de 53 000 $ de valeur nette. Vous pouvez imaginer ce qu’ont les 20% au bas de l’échelle. C’est un constat sévère et accablant. Il explique pourquoi une si grande partie de l’Amérique semble… eh bien… pauvre. Parce qu’elle est pauvre. Les gens n’ont pas d’argent. Ils s’habillent pauvrement. Mangent pauvrement. Vivent pauvrement.

En comparaison avec la Grande-Bretagne et l’Europe, une bonne partie de la différence peut s’expliquer par la bulle de l’immobilier et le krach qui s’est ensuivi aux Etats-Unis. Si nous avons bonne mémoire, le stock immobilier américain était évalué à environ 20 000 milliards de dollars en 2007. Il a perdu 33% de sa valeur, mettant un quart des maisons hypothéquées sous l’eau et vaporisant environ 7 000 milliards de dollars de “richesse”.

Cela explique pourquoi on entend tant parler de gens vivant dans des motels… et, selon un récent reportage de CNBC, dans des automobiles. De plus en plus de familles vivent dans des camions et des voitures.

A cet égard, il est probablement utile de souligner que la récente annonce d’un déclin du chômage était frauduleuse. Les nouvelles nous ont appris que 120 000 emplois avaient été créés le mois dernier. Malheureusement, il en faut 150 000 rien que pour suivre la croissance démographique… et 500 000 pour affirmer de manière convaincante qu’une “reprise” est en cours.

La seule raison pour laquelle les chiffres du chômage se sont améliorés, c’est que les statisticiens ont éliminé 300 000 demandeurs d’emploi de leurs listes. Jamais de toute l’histoire autant d’Américains n’ont été au chômage pendant si longtemps. Les brasseurs de chiffres se sont donc dit que si tous ces gens n’avaient pas encore trouvé d’emploi, ils feraient aussi bien d’abandonner. Ce qui flatte les chiffres mais ne fait pas grand-chose pour ceux qui cherchent un travail… ou ceux qui essaient de comprendre ce qui se passe vraiment.

Ce que nous déduisons de ces chiffres, c’est que les Etats-Unis ont un nombre gigantesque — et croissant — de personnes très pauvres… qui ne peuvent que devenir plus désespérées… et plus en colère… à mesure que le temps passe. A moins qu’une véritable croissance se produise, ils n’ont aucun moyen d’augmenter leurs dépenses, aucun moyen d’obtenir un bon emploi, et aucun espoir d’avancer.

Samedi 19 Novembre 2011
Raphaël Dougoud
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