20.09.2010. 202'000 tubes pour relier la Russie à l'Europe : le gaz, un marché qui va faire boum!
Source : Capital. No 228. Septembre 2010.
Auteur : Frédéric Béghin.

Attention, terrain miné! Avant de poser le premier tuyau du Nord Stream. le gazoduc qui reliera en 2012 la Russie à l'Allemagne via la Baltique, il a fallu zigzaguer entre les dizaines de milliers de mines, bombes et autres décharges sous-marines de munitions qui polluent cette mer du nord de l'Europe. parfois depuis la Première Guerre mondiale. Malgré un tracé établi au plus loin du danger, plus de 70 bombes ont été découvertes le long des 1'224 kilomètres parcourus sous les flots. Tout un symbole, ce chantier à hauts risques, car la menace est également économique: en même temps que le tube couvert de béton progresse de 2 à 3 kilomètres par jour, c'est la puissance russe qui avance vers l'Europe de l'Ouest. Certes, le consortium qui porte cet investissement de 7.4 milliards d'euros (levés à 70% auprès de 26 banques européennes) réunit quatre partenaires occidentaux: les Allemands BASE et E.on (15.5% chacun), rejoints par Nederlandse Gasunie et GDE Suez (9% chacun). Mais il est dominé par le géant Gazprom (51%). qui trouve grâce à cette autoroute du gaz un nouveau débouché pour ses gisements arctiques.
Lundi 20 Septembre 2010 11:10

Source : Le Monde. 15.09.2010.
Intertitres : Raphaël Dougoud, futur'is.


15.09.2010. La longue marche de la régulation financière
Le 15 septembre 2008, la faillite de la banque d'affaires américaine Lehman Brothers avait précipité le monde dans le chaos. " Plus jamais ça ! ", avaient alors promis, en choeur, les dirigeants du G20 : la réglementation du secteur bancaire serait durcie, pour mettre fin à ses folies, et le capital des banques serait renforcé, afin d'épargner aux Etats de trop coûteux sauvetages sur fonds publics.

Deux ans plus tard, où en sommes-nous ? Trois grandes réformes viennent d'être adoptées de part et d'autre de l'Atlantique. Aux Etats-Unis, la loi Dodd-Frank traduit l'ambition du président Obama de réformer Wall Street. Quant à l'Europe, elle a créé trois autorités de contrôle, pour les banques, les assurances et les marchés, et elle vient d'adopter, le 12 septembre, par l'entremise du comité de Bâle, des règles plus rigoureuses, obligeant les grandes banques mondiales à augmenter leur capital.

USA - Loi Dodd-Frank : pour mettre de l'ordre dans les produis dérivés

Ces dispositifs présentent des lacunes, et l'on peut regretter qu'ils aient été atténués sous la pression des lobbies financiers. Il s'agit pourtant d'actions énergiques et inédites. En trois mois, la régulation financière a connu plus d'avancées qu'au cours des trente dernières années. Il ne fait ainsi aucun doute que la loi Dodd-Frank va mettre de l'ordre dans le marché des produits dérivés, révélé par la crise - ce fameux marché de produits financiers complexes, dérégulé et d'une coupable opacité. La loi américaine devrait également conduire les banques à réformer leur modèle, en réduisant leurs activités spéculatives pour se recentrer sur leur mission première, le service à la clientèle.

Europe : autorités supranationales pour superviser et contrôler

L'Europe n'est pas en reste, qui vient de se doter, pour la première fois de son histoire, d'autorités supranationales, assurées de vrais pouvoirs de supervision et de contrôle. C'est un pas de géant dans la construction du marché unique des services financiers et, au passage, un pied de nez à ceux qui disaient l'Europe enlisée dans ses problèmes de gouvernance. Avant la crise, une telle initiative était impensable et se serait heurtée à un veto politique.

Accord de Bâle : plus de fonds propres dans les banques

De son côté, l'accord international trouvé à Bâle pour durcir les exigences de capital des banques n'est pas anodin. Il montre lui aussi que la volonté politique et le système de décision ne sont pas grippés. Et, s'il est correctement appliqué dans le monde - notamment par les Etats-Unis, qui s'y sont engagés -, il va obliger les établissements bancaires du monde entier à mettre plus de fonds propres en face de leurs engagements. Cela devrait sécuriser les bilans et empêcher l'excès de crédit, un point essentiel pour éviter les surchauffes de l'économie.

Réforme ... d'ici 2019!

On peut toutefois exprimer un sérieux regret. Cette réforme du capital ne sera mise en oeuvre que très progressivement, d'ici à 2019. Huit ans, c'est long. Cela permet, certes, de ne pas brusquer les banques et d'accompagner la reprise économique. Mais cela laisse aussi du temps pour de nouveaux excès et de nouveaux dérapages. Si la crise économique connaissait une réplique d'ici là, les banques ne seraient pas armées pour y faire face.
Mercredi 15 Septembre 2010 05:35

Source : Le Monde. 10.09.2010
Auteur : Annie Kahn.

La Suisse arrive en tête du classement annuel du Forum de Davos.
Compétitivité : les Etats-Unis chassés du podium, la France se maintient.


10.09.2010. La Suisse no 1 de la compétitivité mondiale selon le WEF
La Suisse en tête

La Suisse se distingue par sa capacité d’innovation et a pu compter en 2010 sur un environnement macro-économique relativement stable en comparaison internationale.

La Suisse doit notamment son premier rang à ses instituts de recherche scientifiques et à l’étroite collaboration existant entre les Universités et le secteur de l’économie. Mais avec un taux d’universitaires plutôt faible en comparaison avec d’autres pays à la pointe de l’innovation, la Confédération devrait tout de même faire un effort dans l’éducation supérieure pour garder ses talents.

Pour le reste, la Suisse se démarque par son marché financier développé et un marché de l’emploi très efficace. Les infrastructures sont de qualité et les institutions publiques sont encore mieux notées que l’an dernier.

Les Etats-Unis éjectés du podium

Les Etats-Unis ont longtemps été les champions du classement annuel du Forum de Davos sur la compétitivité, le Global Competitivness Report. L'édition 2010-2011, publiée jeudi 9 septembre, les élimine du podium.

Déjà, l'an passé, la Suisse les avait détrônés de la première place et s'y maintient cette année. Alors que les Etats-Unis régressent encore davantage, et se classent quatrième. La Suède progresse en revanche de la quatrième à la deuxième place et Singapour conserve sa place de troisième.

Ce classement prend en compte plus de 110 facteurs, allant de la qualité des infrastructures du pays, de son système éducatif et de santé, de la taille de son marché intérieur, de la main-d'oeuvre disponible, entre autres. La plupart des données sont issues d'études statistiques nationales ou internationales ; un petit tiers, celles qui sont de nature subjective, provient d'une enquête réalisée auprès de 13 500 dirigeants répartis dans le monde ; 139 pays sont passés au crible de cette batterie de critères.

Quels sont ceux qui rendraient les Etats-Unis moins compétitifs ? La qualité de ses institutions, selon le rapport de Davos. La population ferait de moins en moins confiance à la classe politique ; et les dirigeants d'entreprise s'inquiètent d'une détérioration des relations entre le gouvernement et le secteur privé.

Le fonctionnement des entreprises est aussi en cause, avec une moindre confiance dans les informations comptables diffusées, et des doutes sur le respect des critères éthiques. L'accès au financement des entreprises devient préoccupant, estiment près de la moitié des dirigeants interrogés. Enfin, la question des déséquilibres macroéconomiques, et en particulier l'ampleur des déficits, est de plus en plus inquiétante.

Reste que la force des Etats-Unis en matière d'innovation, liée à la qualité du système universitaire, la taille du marché intérieur et la souplesse du marché du travail, est un atout fondamental.

L'Europe en bonne posture

La France progresse doucement de la seizième à la quinzième place. Sans surprise, les reproches sont toujours les mêmes : manque de flexibilité du marché du travail, et dureté des relations entre les dirigeants et les salariés. En revanche, la qualité des infrastructures, qu'il s'agisse des moyens de transport, de la production et distribution d'énergie, des réseaux de télécommunication, demeure un atout important. Ainsi que la qualité des systèmes éducatifs et de santé.

Globalement, l'Europe continue de se maintenir à haut niveau. Même si l'on note des différences entre les pays : la Grèce se classe 83e, tandis que la Suède talonne le numéro un, en raison de son excellence technologique, de la qualité de son système d'innovation, et de ses institutions.

Les pays émergents, dont la progression était notable l'an passé, marquent une pause cette année. Un résultat étonnant, dans la mesure où nombre de ces pays ont continué de croître malgré la crise, ce qui aurait pu laisser penser que leur compétitivité s'en trouverait aussi améliorée.

Parmi les BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine), la Chine est ainsi le seul à gagner des places, passant de la 29e à la 27e position. L'amélioration de son système financier en serait la cause, avec, en particulier, un accès plus facile au crédit bancaire ou aux investisseurs en capital. Mais aussi le déploiement des technologies, Internet et téléphonie mobile.
Vendredi 10 Septembre 2010 15:13

Source : Le Monde. 10.09.2010.
Auteur : Marie de Vergès.

Le franc suisse, monnaie refuge, atteint des records
Dans un environnement incertain, la monnaie helvétique rassure les investisseurs.


10.09.2010. Le franc suisse, valeur refuge, atteint des sommets
La Suisse riche et prospère a ses montres, son chocolat, ses banquiers... et son franc, de plus en plus fort, de plus en plus cher. Celui-ci a atteint, mercredi 8 septembre, un nouveau record historique, à 1,2776 franc pour 1 euro. La devise helvétique s'est appréciée de plus de 15 % depuis le début de l'année par rapport à la monnaie unique.

Le franc suisse est désormais considéré par nombre d'analystes comme le véritable héritier du très respecté deutschemark. La monnaie refuge par excellence face à un euro durablement fragilisé par la crise des dettes souveraines.

" Il n'y a pas 150 monnaies dans lesquelles on peut investir. Le franc suisse est aujourd'hui l'une des moins mauvaises parmi les grandes ", estime ainsi David Deddouche, stratège à la Société générale. Les finances publiques suisses sont parmi les plus saines des pays développés, le cadre institutionnel inspire confiance et la conjoncture a moins souffert de la récession que dans la plupart des pays. " Aucune autre devise n'a des fondamentaux aussi solides que le franc suisse ", renchérit Roland Duss, directeur de la recherche chez Gonet & Cie.

Des emplois en danger

La Suisse, pourtant, ne se réjouit qu'à moitié de voir son franc damer le pion au dollar et à l'euro. Car cette envolée, si elle se poursuit, risque fort de handicaper les exportations d'horlogerie, de machines-outils et de produits chimiques, moteur de la croissance. Sans parler du tourisme, source de dizaines de milliers d'emplois...

Pour les experts, cette appréciation de la monnaie pourrait inciter des entreprises, surtout parmi les petites et moyennes (PME), à délocaliser une partie de leur production en zone euro. En juillet, la fédération syndicale USS s'est publiquement alarmée. Brandissant le chiffre de 30 000 emplois en danger, elle a pressé la Banque nationale suisse (BNS) d'intervenir.

Mais l'institut d'émission a déjà tenté. Sans résultat, à part celui de faire gonfler démesurément son bilan. Ses réserves de change ont bondi de 56 milliards de francs suisses (43,6 milliards d'euros) en mars 2009 à 239 milliards fin mai. Faute de pouvoir influencer le gigantesque marché des changes, elle a gelé, en juin, ses achats d'euros.

Les industriels suisses vont-ils devoir s'habituer à un franc fort ? Pour les analystes, dans un environnement global marqué par de fortes incertitudes, la monnaie helvétique devrait continuer à grimper.

Dans les milieux politiques, on s'interroge. " Que faire si le franc ne cesse plus de s'apprécier face à l'euro ? Peut-être devrons-nous reconnaître que, dans ce vaste monde où se côtoient le dollar, l'euro et le yen, nous ne pouvons plus nous permettre d'avoir notre propre monnaie ", s'est risqué l'ancien conseiller fédéral Pascal Couchepin dans une interview, en août, au journal NZZ am Sonntag.

Un avis qui reste malgré tout isolé, selon M. Duss : " La majorité silencieuse est pour une politique monétaire indépendante, comme elle est pour le secret bancaire. "
Vendredi 10 Septembre 2010 09:39 Tags : euro franc suisse

Source : Terra eco.net. 03.09.2010.


L’article paru cette semaine dans l’hebdomadaire allemand Der Spiegel n’a pas échappé à Matthieu Auzanneau, collaborateur de Terra eco, qui chronique « le début de la fin du pétrole » sur son blog Oil Man. Le magazine s’est en effet procuré un rapport du département d’analyse du futur de la Bundeswher, l’armée allemande, qui estime qu’il est probable que que « Peak Oil se produise aux alentours de l’année 2010, et qu’il ait des conséquences sur la sécurité dans un délai de quinze à trente ans ».

Ce pic pétrolier, c’est à dire le jour à partir duquel la production mondiale de pétrole amorcera un déclin inéluctable, entraînera une flambée des prix, et « à moyen terme, le système économique global et chaque économie de marché nationale pourrait s’effondrer », estiment les analystes de l’armée allemande. « Des pénuries de biens vitaux », notamment de nourriture, pourraient apparaître, ajoutent-ils, conduisant à la mise en place de « politiques de rationnement ». Les auteurs du rapport s’inquiètent aussi des conséquences géopolitiques de la raréfaction du pétrole qui pourrait favoriser la montée des extrémismes. Dans ce contexte, « les États qui dépendent des importations de pétrole » seront obligés « de montrer plus de pragmatisme à l’égard des pays producteurs », estiment-ils, en se montant, dans le cas de l’Allemagne par exemple, plus souple à l’égard de la Russie ou plus dur vis-à-vis d’Israël.

Ce rapport de la Bundeswehr intervient dans la foulée de celui publié en mars dernier par l’état-major interarmées américain et qui prévoyait une « crise énergétique sévère » d’ici à 2015. « Du pétrole, il n’y en aura pas pour tout le monde » titrait alors Terra eco. Et comme toujours ce sont ceux qui sont déjà les plus démunis qui en feront d’abord les frais.
Vendredi 3 Septembre 2010 09:54



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