Source : L'AGEFI. 23.12.2009

Les exportations ont progressé pendant deux mois consécutifs. Mais reprise ne signifie pas expansion.


23.12.2009. Le commerce extérieur repart à la hausse en Suisse
Le redressement de l’économie suisse se confirme. Certes, le rythme de reprise demeure sénatorial mais les indices positifs se sont multipliés ces dernières semaines. Notamment avec l’annonce de sortie de récession au troisième trimestre et de nombreuses prévisions de croissance relevées pour 2010 par différents instituts. Dernier indicateur en date, le commerce extérieur a fortement freiné sa chute en novembre, tout en restant dans le rouge, tandis que l’excédent commercial a légèrement progressé de 2% à 2,1 milliards de francs, selon les données de l’administration fédérale des douanes publiées hier.

En d’autres termes, le bout du tunnel est en vue. Mieux encore, en données désaisonnalisées (comparaison avec le mois précédent), les exportations ont même progressé de 1,6% en novembre. Soit le deuxième mois consécutif d’amélioration, après le 0,9% observé sur octobre. Pas suffisant encore pour sabrer le champagne, puisque le commerce extérieur n’est remonté que timidement vers la surface, les exportations et les importations n’ayant régressé respectivement «que» de 3,0 et 3,7% en rythme annuel. Soit un rythme nettement inférieur aux précédents mois. D’autres indicateurs seront nécessaires pour confirmer la tendance. Presque toutes les branches exportatrices ont cependant repris des couleurs par rapport au reste de l’année. Avec une mention spéciale pour le secteur des denrées alimentaires et l’industrie chimique. Même l’horlogerie semble avoir atteint le creux de la vague. Reste que les statistiques du commerce extérieur sur onze mois montrent l’étendue des dégâts. Ce d’autant plus qu’un certain scepticisme commence déjà à poindre chez les prévisionnistes quant aux prochaines évolutions conjoncturelles. Et redressement ne signifie pas forcément expansion.
Mardi 29 Décembre 2009 14:45 Tags : crise économique suisse
19.12.2009. Le groupe E augmente son auto-production
Le Groupe E augmente son autoproduction et devient dès le 1er janvier 2010 l'actionnaire principal des Forces motrices de Conches SA (GKW). Elle majore sa participation de 15 à 45%.

Cette transaction s'inscrit dans la stratégie du Groupe E consistant à augmenter son autoproduction afin de réduire son exposition aux fluctuations du prix de l'énergie sur le marchés internationaux. Son autoproduction dépassera ainsi les 60%.

En un an, le Groupe E a fait passer de 30 à 60% le pourcentage d'autoproduction électricité. En triplant sa part dans les Forces motrices de Conches, il se libère un peu plus des fluctuations de prix. La centrale à charbon toujours à l'étude. «On va vers un futur qui n'est pas rose, on peut dire qu'on va vers une impasse». En recevant la presse hier, Philippe Virdis, directeur général, ne jouait pas les Cassandre. Il a surtout cherché à démontrer, face à la pénurie d'électricité annoncée, que le Groupe E, l'un des dix plus importants acteurs sur le marché suisse, s'engage fermement sur les quatre piliers de la politique énergétique nationale (efficience, énergies renouvelables, échanges avec l'étranger, nouvelles centrales).

Comme les prix de l'énergie achetée par le Groupe E pour compléter sa propre production fluctuent de manière importante, il est vital, pour maîtriser le prix de vente final aux 265 000 clients, de produire le plus possible dans ses propres installations ou celles acceptant des participations. En signant hier le contrat qui fait passer sa participation de 15 à 45% dans les Forces motrices de Conches, le Groupe E est devenu l'actionnaire principal du producteur haut-valaisan d'énergie hydraulique (300 GWh). Il accroît aussi de 3% sa part d'auto-production (+100 GWh). Les Gommerkraftwerke (GKW) sont basées à Ernen (VS). Cette société produit de l'énergie électrique à 100% d'origine hydraulique dans la partie inférieure de la vallée de Conches. La puissance totale de ses trois installations s'élève à 118MW. Les Forces motrices bernoises et Alpiq détiennent chacune 25%.

La centrale à cycle combiné de Cornaux (NE), qui relève du même souci, est non seulement présentée comme une installation au rendement record (70%) mais aussi, vu sa puissance de 400 MW, comme le bon moyen de porter, d'un seul coup, la part d'autoproduction du Groupe E à 90%. Pour Philippe Virdis, vu les oppositions au projet, il faudra sans doute un certain temps (4-5 ans) pour faire aboutir le projet.

Des tarifs inchangés

En 2010, les prix de l'énergie resteront inchangés. Pour le client du Groupe E, le kilowatt /heure coûte 21,49 ct. Le client de Viteos (NE) paiera lui 24,94 cts, celui de SIL (Lausanne) 28,31 ct. Le client d'EWZ (ZH) ne paiera que 12,83 ct., vu la part élevée d'autoproduction du fournisseur.

Ambitions dans le renouvelable

350 millions d'investissements, 10 GWh de plus par année, soit la consommation de 2'500 ménages. Ce sont les ambitions les vingt prochaines années dans l'éolien, le solaire, la biomasse, la minihydraulique. Le Groupe E est aussi leader pour les pompes à chaleur (plus de 8'000).
Samedi 19 Décembre 2009 05:20 Tags : crise économique Groupe E électricité

Auteur : Anne Sengès. Terra Eco. 14.12.2009.


15.12.2009. Les banquiers gras de Wall Street provoquent la fureur d’Obama
C’est un Barack Obama tendu et sur la défensive qui a accordé une interview à l’émission 60 minutes sur la chaîne CBS diffusée dimanche soir.

Invité à commenter la décision de grandes banques américaines d’accorder 30 milliards de dollars de bonus à leurs employés alors que le reste du pays continue de souffrir de la récession et que cette somme correspond à ce que le gouvernement devra débourser pour envoyer 30 000 soldats supplémentaires en Afghanistan, Obama, visiblement furieux, a déclaré qu’il n’avait pas fait campagne pour aider un tas de banquiers gras de Wall Street. Le président a même jugé que certaines banques qui se sont empressées de rembourser ces dernières semaines l’argent que leur avait prêté le gouvernement au plus fort de la crise financière, l’ont fait dans le but de pouvoir attribuer des primes à leurs employés en toute impunité.

« J’ai comme l’impression que les gens de Wall Street ne font toujours pas mine de comprendre. Pourquoi les gens sont-ils en colère contre les banques ? Voyons un peu. Vous [les patrons banquiers] récupérez des bonus de 10 à 20 millions de dollars alors que l’Amérique vient de faire face à la pire année pour l’économie depuis plusieurs décennies et que c’est vous qui avez causé le problème. Et le taux de chômage est à 10%. Pourquoi pensez-vous que les gens peuvent être un tout petit peu frustrés [à votre égard] ? », a-t-il ironisé.
Mardi 15 Décembre 2009 04:23 Tags : crise financière

Auteurs : Alain Faujas et Claire Gatinois. Le Monde. 12.12.2009.
La situation de quasi-banqueroute de nombreux Etats fait craindre une rechute de l'activité.


12.12.2009. Le désordre économique menace la reprise économique
La quasi-faillite de l’émirat de Dubaï, la grave dérive budgétaire de la Grèce, les craintes grandissantes sur la situation de l’Espagne, de l’Irlande et du Portugal, ainsi que la très mauvaise santé des pays baltes font redouter l’existence de bombes à retardement dans les comptes des Etats et les bilans des banques.

La persistance des destructions massives d’emplois aux Etats-Unis comme en France et le recul des commandes industrielles au Japon nourrissent un regain de pessimisme chez les consommateurs. Il n’est pas étonnant que l’aversion au risque reprenne. Les marchés deviennent nerveux: le cours du baril de pétrole a reculé de 80 dollars à 71 ; en deux mois, la Bourse de Dubaï a perdu près de 25% de sa valeur ; sur le marché de la dette, les emprunts grecs ont vu en quelques jours leur taux bondir. Pour se financer, l’Etat grec doit payer une prime de risque : elle emprunte à dix ans à un taux d’intérêt de 5,5% contre 3,15% pour l’Allemagne. S’agit-il des inévitables rebondissements d’une crise historique ou des signes avant-coureurs d’une rechute de l'économie mondiale ?

Les plus pessimistes y voient la preuve de la pertinence de leur thèse dite du «W», selon laquelle la reprise actuelle sera suivie d’une rechute. L’économiste Jacques Attali fait partie de ceux-là. Selon lui, si les marchés boursiers en Europe ou aux Etats-Unis ne craquent pas, c’est grâce à la surabondance de liquidités. Les Etats et les banques centrales ont inondé le monde d’argent pour soutenir les économies mais de façon artificielle. «Sur les marchés boursiers, les investisseurs achètent, mais savent qu’il se passe quelque chose. Ils se comportent comme des voleurs prêts à dérober ce qu’il y a dans un coffre-fort, sachant que la police va arriver », estime M. Attali. Jusqu’ici, l’économie mondiale semblait pourtant presque tirée d’affaire. Depuis le printemps, la capitalisation boursière mondiale avait regagné la moitié de ses pertes enregistrées depuis fin 2007; les cours des matières premières avaient rebondi de 50% à 100% par rapport à l’effondrement qui suivit la faillite de Lehman Brothers. Les unes après les autres, les grandes économies repartaient à la hausse à l’image des Etats-Unis et de l’Union européenne (UE). Aujourd’hui, le marché semble peu à peu prendre conscience de la fragilité de cette reprise. Et de sa dépendance aux aides des Etats, qui ont contribué à creuser des déficits abyssaux. En Grèce, la dette publique atteint 295 milliards d’euros, soit 120% du PIB. Du jamais vu. Au Japon, aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, les déficits inquiètent aussi.

La théorie de la rechute dite du W est appuyée par les données macroéconomiques: la croissance aux Etats-Unis pour le troisième trimestre, estimée d’abord à 3,5% en rythme annualisé, a été révisée à 2,8%. Au Japon, elle a été abaissée de 1,2% à 0,3 %. Si les entreprises affichent des bénéfices «c’est qu’elles réduisent leurs coûts», analyse M. Artus, responsable de la recherche chez Natixis.

Nicolas Bouzou, économiste chez Astérès, considère lui aussi que les conditions d’un nouveau fléchissement sont réunies. «Depuis cet été, on confond croissance et niveau d’activité, estime-t-il. Celui-ci demeure très bas car le restockagge touche à sa fin et les excédents de capacité de production demeurent importants, ce qui explique l’absence d’investissements et la persistance des suppressions d’emplois.» Autre raison de l’atonie de la consommation: la situation financière des ménages. «La baisse des prix à la consommation touche à sa fin et leur situation financière commence à se détériorer sous l’effet de la poussée du chômage», prédit-il.

Pour autant, si le scénario d’une rechute brutale n’est pas à exclure, si la nervosité s’installe sur les marchés, « les autorités en ont pris la mesure», juge Thomas Della Casa, responsable de la recherche chez Man Investments en Suisse. Le Fonds monétaire international (FMI) a certes révisé ses prévisions à la hausse, mais ne cesse d’évoquer une reprise très fragile. «Nous avons évité la catastrophe, (…) mais ce n’est pas la grande forme! expliquait Olivier Blanchard chef économiste du Fonds dans Le Monde du 24 novembre. Nous savons que, dans les économies avancées, la demande des investissements résidentiels ou non résidentiels demeureront faibles un certain temps.» A plusieurs reprises, le FMI a ainsi mis en garde les Etats contre un arrêt trop rapide des stimuli qui pourrait faire replonger l’économie comme cela s’était produit en 1937 aux Etats-Unis. Les banques centrales en Europe et aux Etats-Unis ont, elles, clairement fait savoir qu’il était encore trop tôt pour mettre en place des politiques monétaires plus orthodoxes et pour remonter leurs taux.

Pour l’heure, l’inflation n’est pas encore une menace, même si les excès de liquidités nourrissent diverses bulles spéculatives notamment dans les matières premières comme l’or et le cuivre, ainsi que sur certaines places boursières asiatiques comme à Taïwan et à Shanghaï. Or, dit M. Della Casa, «pour que la croissance connaisse un “W’’ il faut trois facteurs : que la demande des pays émergents recule, que les grands Etats resserrent les budgets, que les banques centrales relèvent les taux d’intérêt». Autrement dit, si une rechute ou une « correction » de l’économie mondiale doit avoir lieu, ce n’est peut-être pas pour tout de suite.
Samedi 12 Décembre 2009 05:19 Tags : crise financière crise économique



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