Morale : quand on veut faire la morale aux autres (... à la Suisse en particulier), vaut mieux balayer d'abord devant sa porte!


Siège social de la Société générale à la Défense à Paris
Siège social de la Société générale à la Défense à Paris
Source : AFP. 17.03.2009
Source : Vidéo France 24. Le Journal. 17.03.2009

La Réserve fédérale américaine a annoncé mardi avoir adressé un rappel à l'ordre à la banque française Société Générale à cause de ses "déficiences" en matière de blanchiment d'argent.

Les faits reprochés à la banque française sont à mettre au compte de sa branche new-yorkaise, indique la Fed dans un communiqué, en précisant avoir signé avec l'établissement un accord destiné à mettre fin à ces carences.

Aux termes de l'accord, daté du 4 mars et dont la Fed a publié un fac-similé, la banque s'engage à revoir dans les 120 jours sa structure et ses pratiques de surveillance dans sa filiale de New York afin que les faits (non précisés) qui lui sont reprochés ne puissent se reproduire.

La Société Générale et sa filiale doivent également présenter sous 60 jours un programme "acceptable" d'améliorations de leurs contrôles pour se conformer aux dispositions légales concernant le secret bancaire et le blanchiment.

La banque dispose également de 60 jours pour présenter au régulateur un programme destiné à "identifier dans les temps et de manière précise" les transactions suspectes et à les signaler aux autorités.

La Fed avait épinglé de manière similaire à l'automne la filiale new-yorkaise de la banque allemande Dresdner Bank (groupe Allianz) à qui elle avait reproché "certaines violations de la loi" en matière de blanchiment d'argent.
Mercredi 18 Mars 2009 07:48
13.03.2009. Suisse. Secret bancaire normé et maintenu
Source : AFP. 13.03.2009

La Suisse a décidé à son tour, à l'instar d'autres pays européens, d'assouplir le secret bancaire, annonçant vendredi qu'elle se conformerait aux normes de l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE). Avec l'acceptation des normes de l'OCDE, la Confédération s'engage à renforcer l'échange d'information avec d'autres pays, au "cas par cas" et sur "demande concrète et justifiée", a précisé le gouvernement dans un communiqué.

L'application de cette décision se fera par l'intermédiaire d'accords bilatéraux de double imposition, a souligné le communiqué. Les autorités suisses ont cependant fait valoir que l'acceptation des standards de l'OCDE ne changeait pas, dans le fond, le secret bancaire en vigueur dans la Confédération. La Suisse "maintient le secret bancaire et refuse résolument toute transmission automatique de données", a prévenu le gouvernement, ajoutant que "la sphère privée des clients est toujours protégée des regards extérieurs injustifiés".

"Nous ne voulons pas toucher au secret bancaire", a souligné le ministre des Finances Hans-Rudolf Merz, lors d'une conférence de presse à Berne.

La distinction entre fraude et évasion fiscale -- la dernière n'étant pas punie dans la Confédération -- reste en vigueur en Suisse, selon M. Merz. Mais "dans les relations internationales (...), on ne distinguera plus entre évasion et fraude", a-t-il précisé.
Dimanche 15 Mars 2009 06:10
13.03.2009. Suisse. Course contre la montre sur les enjeux du secret bancaire
Source : L'Agefi. 13.03.2009 (extrait)

L’évolution au Liechtenstein pose de nouveaux défis au régime suisse de double imposition.

Interrogé par la TSR, le Président Merz a estimé que l’assouplissement du secret bancaire décidé jeudi par le Liechtenstein «pourrait» rendre la position de la Suisse «plus difficile». Les pressions internationales portent donc leurs fruits. Après l’île de Man, Jersey, Guernesey et Singapour, c’est la Belgique ainsi que la Principauté d’Andorre et, surtout, celle du Liechtenstein qui ont à leur tour décidé de lâcher du lest hier. Encore sur la liste noire de l’OCDE avec Andorre, le Liechstenstein s’est engagé officiellement à respecter les critères de l’organisation internationale en matière d’échanges d’informations bancaires et à fournir, sur demande, une assistance administrative aux pays qui soupçonnent leurs résidents d’évasion fiscale. Andorre et la Belgique ont également annoncé d’importantes concessions. La pression devient donc difficilement tenable pour le groupe de 13 experts, dont fait partie Urs Roth, mandaté la semaine dernière par le Conseil fédéral pour faire évoluer, en une dizaine de jours, la définition juridique du secret bancaire. Tout en ménageant la sphère privée et la sécurité juridique des clients des banques. Alors que se profile à l’horizon le sommet du G20 de Londres du 2 avril qui a poussé la Suisse dimanche dernier à s’allier avec l’Autriche et le Luxembourg – pays également menacés d’être inscrits sur la liste des pays non coopératifs – pour exiger d’être consultés sur les décisions susceptibles d’être prises à leur égard. L’étau se resserre donc à un tel point que, faute d’avoir pris les devants, le Conseil fédéral voit les multiples options théoriques se réduire à l’objectif d’éviter à tout prix l’échange automatique d’informations.
Vendredi 13 Mars 2009 08:09 Tags : ocde secret bancaire suisse
01.03.2009. Suisse. Nicolas Sarkozy a la Suisse dans le collimateur
Source : AFP. 01.03.2009 - Extraits

Le président français Nicolas Sarkozy a laissé plané dimanche la menace d'une inscription de la Suisse sur la liste noire des paradis fiscaux des pays industrialisés et émergents du G20, appelés à se réunir début avril.

Les pays du G20, qui se réuniront en sommet le 2 avril à Londres pour discuter d'une plus grande transparence du système financier international pour éviter de nouvelles crises, entendent aborder à cette occasion la question des pays jugés non coopératifs.

La Suisse, est déjà dans le collimateur de l'OCDE. En octobre 2008, lors d'une réunion des pays membres à Paris, l'Allemagne avait demandé l'inscription de la Suisse sur la liste noire de l'OCDE car "elle propose des conditions de placement qui incitent certains contribuables allemands à pratiquer l'évasion fiscale".

Les pays de l'OCDE ont demandé à l'organisation de réactualiser d'ici à mi-2009 sa liste. Vidée de sa substance au fil des années, elle ne compte plus actuellement qu'Andorre, Monaco et le Liechtenstein.

M. Sarkozy a dénoncé vertement les paradis fiscaux dimanche. "J'ai dit qu'il n'était pas admissible qu'on garde des paradis fiscaux, c'est-à-dire des places financières qui ne déclarent pas l'origine de l'argent et la direction de l'argent (...) qui ne disent pas d'où vient l'argent et où il va", a-t-il dit.

"La France se battra pour avoir des mesures très strictes en la matière et les appliquera", a ajouté M. Sarkozy.

Samedi, le ministre suisse des Finances Hans-Rudolf Merz a estimé que son pays pourrait être amené à faire quelques compromis sur le secret bancaire pour éviter de figurer sur une liste noire.

"Nous n'abandonnerons pas le secret bancaire", a-t-il affirmé, "mais peut-être aurons-nous des concessions à faire dans tel cas ou tel autre".

La Suisse s'attire des critiques croissantes ces derniers mois au sujet du secret bancaire, jalousement gardé par un pays dont la prospérité dépend en grande partie de cette pratique. La crise financière et économique mondiale, qui a particulièrement touché le secteur bancaire, amène les pouvoirs publics de nombreux pays à vouloir réguler davantage ce domaine et à lutter contre les paradis fiscaux dont le secret bancaire est un élément clé.

L'Union européenne et les Etats-Unis en particulier font pression en ce sens. La grande banque suisse UBS est poursuivie en justice par le fisc américain qui réclame en outre des informations sur 52.000 titulaires de comptes secrets en Suisse appartenant à des Américains.
Lundi 2 Mars 2009 10:20 Tags : liste noire secret bancaire suisse

Sources : divers médias.


Personne ne peut dire vraiment ce qui va se passer
Personne ne peut dire vraiment ce qui va se passer
Il ne se passe pas un jour sans que les entreprises suisses revoient à la baisse leurs prévisions, tant l’incertitude a gagné les esprits. Plus préoccupant, de nombreuses entreprises renoncent carrément à fournir des données chiffrées quant à leur marche future des affaires.

Sarasin : «Dans le contexte actuel, il est très difficile de se projeter dans l’avenir, ne serait-ce que de quelques semaines». LODH : «C’est la question que tout le monde se pose.» Surtout qu’en à peine deux mois, la situation s’est nettement dégradée.

Bénéfices des entreprises

Sarasin : il est probable que le recul bénéficiaire soit compris entre 30 et 50% en moyenne.
Julius Bär : mise sur un recul de 10% en Suisse pour 2009 (-24% pour cette année).
Banque Cantonale de Zurich (BCZ) : chute brutale de 43,3% des bénéfices en 2008.
Avis divers sur 2009 : a. banques à nouveau bénéficiaires. b. résultat opérationnel impacté favorablement par les programmes de réduction des coûts et la baisse du prix des matières premières devrait permettre de le maintenir au niveau actuel. Si la crise devait encore s’aggraver, il est évident que ce résultat opérationnel serait dégradé.

Les actions prennent de la valeur après chaque crise majeure

Après les crises (5 depuis 1929), les actions croissent d’au moins 10%, avec 26.4% lors de la crise de 2003, 18.9% après le crash pétrolier des années 70, 12.7% aux USA après l'éclatement de la bulle internet, le S&P 500 a enregistré une embellie de 32% en 1980, de 22% en 1982, de 30% en 1991. On le constate: en moyenne, la hausse s’inscrit à deux chiffres. Pour 2009, la BCZ prévoit un scénario identique. A l’opposé, les récessions de 1974, 1990 et 2001 ont fait trébucher la corbeille américaine. Avec des érosions de respectivement 26%, 3% et 12%.

Mercredi 19 Novembre 2008 05:17 Tags : crise financière crise économique prévisions rentabilité suisse
11.11.2008 : GM droit dans le mur ...
Les constructeurs automobiles américains tentent d’obtenir de nouvelles aides pour faire face à la conjoncture. En cas de faillite d'un des trois géants automobiles, 2,5 millions d’emplois seraient menacés. Un emploi sur dix aux Etats-Unis dépend de l’industrie automobile.

Dans ce tableau, le crash de GM est évoqué. Après n'avoir pas vu arriver ni passer le train du changement de réponse à apporter au marché, GM subit en plus l'impact des crises 2008. Une reprise en main rapide devient nécessaire, dans les 100 jours à venir selon les analystes et en tout cas avant l'entrée en fonction du Président Obama. Depuis 2005, le groupe de Detroit a cumulé plus de 70 milliards de pertes en raison notamment du net recul de ses ventes - encore une chute de 45% en octobre 2008 aux Etats-Unis, perdant au passage son statut de premier constructeur mondial au profit du japonais Toyota. General Motors, qui a encore perdu 2.5 milliards de dollars au 3e trimestre 2008, va droit dans le mur. Et l’airbag de 25 milliards de dollars alloué à l’industrie automobile américaine risque d’arriver trop tard pour amortir le choc. La règlementation qui accompagne la loi doit encore être mise en place. Mais GM, lui, ne peut plus attendre. Selon son PDG, la trésorerie du groupe, actuellement d'environ 16 milliards de dollars, va diminuer d'un milliard par mois, alors qu'il a besoin de 11 à 14 milliards pour continuer à fonctionner. La panne de liquidités est programmée pour la fin de l’année. Si ce scénario noir venait à se réaliser, l'effet domino représenterait un risque systémique difficile à surmonter pour les constructeurs, les fournisseurs, les concessionnaires. L’action a perdu presque 23% lundi et dérapait de 13,70% hier. La capitalisation boursière du groupe est désormais inférieure à 2 milliards de dollars, soit 85% de moins qu'il y a un an.

Pendant que le monde économique s’attelle à trouver une issue - selon la Deutsche Bank, les autorités vont devoir débourser 10 milliards de dollars pour maintenir GM en vie en 2009 et 2010, et jusqu'à 25 milliards pour que le constructeur puisse se restructurer, GM ne se montre pas totalement résigné. Le constructeur propose au gouvernement américain d'acquérir des actions préférentielles, d'accélérer la sortie de véhicules moins polluants et de limiter les rémunérations des dirigeants en échange d'une aide financière. Selon le Wall Street Journal, le groupe continue tout de même à négocier pour augmenter sa participation dans une coentreprise avec SAIC, un constructeur chinois de petites voitures bon marché. Une information confirmée par un des actionnaires, Liuzhou Wuling. Ce créneau permettrait de stimuler les ventes dans les pays émergents pour compenser le déclin aux Etats-Unis. Un virage amorcé bien tardivement.

General Motors Corporation est le 1er constructeur automobile mondial. Le chiffre d'affaires par activité se répartit comme suit :

  • vente d'automobiles (98,4%) : 9,4 millions de véhicules (notamment particuliers et poids lourds ; marques Buick, Chevrolet, Cadillac, GMC, Opel, Pontiac, Saturn, Saab, Daewoo, Isuzu, etc.) vendus en 2007 aux Etats-Unis (41,3%), en Amérique du Nord (6,9%), en Europe (23,3%), en Asie-Pacifique (15,3%) et autres (13,2%).
  • prestations de services financiers (1,6%) : financement d'achat de véhicules et assurance.

La répartition géographique du chiffre d'affaires est la suivante : Etats-Unis (55,5%), Amérique du Nord (8,1%), Europe (19,6%), Asie-Pacifique (8,6%), Amérique latine (7,4%) et autres (0,8%).
Mercredi 12 Novembre 2008 04:11 Tags : automobile crise financière crise économique usa
01.11.2008 : L'industrie pharmaceutique en forme, mais pas immunisée contre la crise
Santé financière insolente

  • Novartis : bénéfice net en hausse de 19% à 6,7 milliards de dollars (5 milliards d’euros) pour les 9 premiers mois.
  • Sanofi-Aventis, numéro quatre mondial : un bénéfice net de 1,92 milliard d'euros au troisième trimestre 2008.
  • Ventes en hausse pour Bayer, Ipsen ou Boiron.

Le secteur de la santé résiste donc bien (croissance prévue "de 4,5% à 5,5%" en 2009, source Institut IMS). Mais dans le même temps, ces 'cash cows' prévoient de réduire leurs effectifs (50'000 d'ici 2012. Source : Precepta, cabinet d'étude stratégique). De leur côté, certains Etats tentent de stopper la croissance exponentielle des coûts de la santé, par exemple en rejetant certaines médecines alternatives hors des assurances complémentaires ou en cessant de rembourser des traitements jugés "inefficaces".

Eh oui, malgré la crise, les gens restent malades et se soignent ... du moins jusqu'à ce que leurs ressources financières le permettent, les assurances continuent de rembourser une partie des coûts de médicaments. De plus, les assurés ne remettent pas (encore ?) leur modèle de pensée en question : bonne santé + assurances = OK > malade > médecin + médicaments et tout le système de santé en profite. Aux Etats-Unis, on observe toutefois un impact monétaire de la crise sur les visites chez le médecin et les ventes dans les pharmacies. Ces dépenses sont-elles moins prioritaires dans l'esprit des malades ou serait-ce le début d'une prise de conscience d'une nécessaire évolution de la prise en charge personnelle de sa santé ? L'avenir le dira.

Remise en question du modèle économique

En plus de la crise économique, les laboratoires affrontent une remise en cause de leur modèle :

  • perte de terrain des médicaments de masse.
  • concurrence des génériques.
  • brevets de médicaments majeurs en fin de vie dès 2012 (dont Lipitor de Pfizer, le plus vendu au monde).
  • montée des médicaments de spécialités et des biotechnologies (cancer, maladies neuro-dégénératives, maladies orphelines > marchés de niches, coûts marketing limités, prix de vente très élevé).

C'est sûr : les entreprises pharmaceutiques vont donc affronter un univers à moyen et (très) long termes encore plus complexe qu'il ne l'est aujourd'hui, ce qui est peu dire.
Dimanche 2 Novembre 2008 06:38 Tags : crise financière pharma santé



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