Source : Le Monde. 21.10.2010.
Auteurs : Alain Faujas et Marie de Vergès.

Le G20 tente d'éviter les réactions unilatérales et désordonnées de ses membres.


21.10.2010. La guerre des monnaies menace le commerce mondial
Le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mervyn King, brandit la menace d'un " effondrement catastrophique de l'activité mondiale, comme dans les années 1930 ". Le premier ministre indien, Manmohan Singh, se dit " inquiet de la situation " et appelle, dans le Financial Times, à un esprit de consensus entre grandes puissances.

Les tensions croissantes sur le marché des changes peuvent-elles dégénérer au point de compromettre la reprise mondiale ? Le sujet dominera les débats des ministres des finances du G20, réunis vendredi 22 et samedi 23 octobre en Corée du Sud pour préparer le sommet de Séoul des 11 et 12 novembre. Partout dans le monde, les dirigeants s'inquiètent du risque de voir éclater une " guerre des monnaies " susceptible de se muer en guerre commerciale.

Une monnaie faible : un enjeu crucial

Les pays industrialisés connaissent une reprise poussive et un chômage élevé. Aux prises avec des déficits colossaux, ils manquent de marges de manoeuvre budgétaires pour soutenir l'activité. L'arme des taux de changes est alors tentante : une monnaie faible permet de doper les exportations en baissant le prix des produits vendus à l'étranger.

A l'inverse, " l'importation est l'ennemie absolue, car elle se substitue au travail du salarié local ", souligne Jean-Hervé Lorenzi, professeur à Paris-Dauphine. Le Japon s'est inquiété, mercredi 20 octobre, de la vigueur du yen qui " détériore le climat des affaires ", selon le vice-gouverneur de la Banque du Japon, Kiyohiko Nishimura.

Mais les pays émergents refusent de supporter une trop large part de l'ajustement monétaire. Même si la crise n'est plus, pour la plupart d'entre eux, qu'un lointain souvenir, tous restent soucieux de préserver les exportations, moteur de leur croissance.

Quelles armes pour dévaluer sa devise ?

Les banques centrales peuvent tenter d'agir sur les cours en accumulant des réserves de change grâce à la vente de leur monnaie contre du dollar ou d'autres devises. C'est ainsi que procède la Chine, avec succès puisque cette politique est couplée à un contrôle des capitaux. C'est ce qu'a fait le Japon mi-septembre, avec un résultat très mitigé : difficile d'influencer un marché où s'échangent chaque jour 4 000 milliards de dollars.

Les Etats-Unis ont connu un succès plus net en annonçant la perspective d'un nouvel assouplissement monétaire. Depuis que la Réserve fédérale américaine (Fed) a averti qu'elle pourrait refaire tourner la planche à billets, le billet vert est en chute. " Son objectif n'est pas tant une baisse du dollar qu'une stimulation de la demande ", fait remarquer Anton Brender, chez Dexia AM. Dans une moindre mesure, des pays émergents comme le Brésil ou la Thaïlande essaient de limiter l'afflux de capitaux spéculatifs - et donc l'appréciation de leur monnaie - en taxant les achats de titres par des investisseurs étrangers.

Des points de crispation multiples

La Chine et sa politique de taux de change sont au coeur des tensions. Le bras de fer sino-américain se durcit : Washington, relayé par Bruxelles, accuse Pékin de maintenir le yuan artificiellement bas. D'autres conflits ont émergé. Le Japon s'en est pris à la Corée du Sud, mi-octobre, l'accusant d'interventions pour faire baisser le won. Les pays industrialisés reprochent aux émergents de freiner l'appréciation naturelle de leurs devises. Au sein des économies avancées, l'Europe s'agace tout bas de voir les Etats-Unis laisser filer le dollar.

Le risque d'un retour au protectionnisme ?

Une " guerre des monnaies "peut dégénérer en guerre commerciale. Pour protéger leurs produits et leurs emplois, les Etats puisent dans l'arsenal composé de droits de douane, contingents d'importation, réglementations techniques et subventions à l'export ou à la production.

En vain, comme l'a prouvé la loi américaine Hawley-Smoot du 17 juin 1930 qui augmenta, au début de la Grande Dépression, les droits de douane à l'import sur plus de 20 000 produits. Certes, les importations en provenance d'Europe en furent amputées de quelque 70 %, mais les exportations américaines vers l'Europe chutèrent en proportion, celle-ci ayant riposté.

Aujourd'hui, les argumentaires sont plus sophistiqués, en raison de l'existence de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), qui interdit l'unilatéralisme. C'est ainsi que la Chambre américaine des représentants vient d'adopter un projet de loi prévoyant des taxes à l'importation sur les produits chinois, la sous-évaluation du yuan constituant, selon elle, une subvention déguisée.

La réplique n'a pas tardé : la surtaxe à l'importation de 105 % infligée depuis le mois de janvier aux poulets américains jugés subventionnés par Pékin a été prorogée.

Pour l'instant, les rapports de l'OMC concluent à une quasi-innocuité des restrictions aux échanges et des distorsions de concurrence mises en place par ses membres, car elles n'affectent que 1 % des échanges mondiaux.

Mais Pascal Lamy, directeur général de l'OMC, commence à s'alarmer, et rappelle que ses membres ne peuvent espérer régler leurs déséquilibres macroéconomiques unilatéralement et par le biais du commerce. C'est ainsi qu'il a déclaré, mardi, à Genève : " L'Histoire nous jugera sévèrement si nos efforts collectifs pour juguler la crise économique sont contrariés par la recherche solitaire d'un gain à courte vue. "
Samedi 23 Octobre 2010 05:49
20.09.2010. 202'000 tubes pour relier la Russie à l'Europe : le gaz, un marché qui va faire boum!
Source : Capital. No 228. Septembre 2010.
Auteur : Frédéric Béghin.

Attention, terrain miné! Avant de poser le premier tuyau du Nord Stream. le gazoduc qui reliera en 2012 la Russie à l'Allemagne via la Baltique, il a fallu zigzaguer entre les dizaines de milliers de mines, bombes et autres décharges sous-marines de munitions qui polluent cette mer du nord de l'Europe. parfois depuis la Première Guerre mondiale. Malgré un tracé établi au plus loin du danger, plus de 70 bombes ont été découvertes le long des 1'224 kilomètres parcourus sous les flots. Tout un symbole, ce chantier à hauts risques, car la menace est également économique: en même temps que le tube couvert de béton progresse de 2 à 3 kilomètres par jour, c'est la puissance russe qui avance vers l'Europe de l'Ouest. Certes, le consortium qui porte cet investissement de 7.4 milliards d'euros (levés à 70% auprès de 26 banques européennes) réunit quatre partenaires occidentaux: les Allemands BASE et E.on (15.5% chacun), rejoints par Nederlandse Gasunie et GDE Suez (9% chacun). Mais il est dominé par le géant Gazprom (51%). qui trouve grâce à cette autoroute du gaz un nouveau débouché pour ses gisements arctiques.
Lundi 20 Septembre 2010 11:10

Source : Le Monde. 15.09.2010.
Intertitres : Raphaël Dougoud, futur'is.


15.09.2010. La longue marche de la régulation financière
Le 15 septembre 2008, la faillite de la banque d'affaires américaine Lehman Brothers avait précipité le monde dans le chaos. " Plus jamais ça ! ", avaient alors promis, en choeur, les dirigeants du G20 : la réglementation du secteur bancaire serait durcie, pour mettre fin à ses folies, et le capital des banques serait renforcé, afin d'épargner aux Etats de trop coûteux sauvetages sur fonds publics.

Deux ans plus tard, où en sommes-nous ? Trois grandes réformes viennent d'être adoptées de part et d'autre de l'Atlantique. Aux Etats-Unis, la loi Dodd-Frank traduit l'ambition du président Obama de réformer Wall Street. Quant à l'Europe, elle a créé trois autorités de contrôle, pour les banques, les assurances et les marchés, et elle vient d'adopter, le 12 septembre, par l'entremise du comité de Bâle, des règles plus rigoureuses, obligeant les grandes banques mondiales à augmenter leur capital.

USA - Loi Dodd-Frank : pour mettre de l'ordre dans les produis dérivés

Ces dispositifs présentent des lacunes, et l'on peut regretter qu'ils aient été atténués sous la pression des lobbies financiers. Il s'agit pourtant d'actions énergiques et inédites. En trois mois, la régulation financière a connu plus d'avancées qu'au cours des trente dernières années. Il ne fait ainsi aucun doute que la loi Dodd-Frank va mettre de l'ordre dans le marché des produits dérivés, révélé par la crise - ce fameux marché de produits financiers complexes, dérégulé et d'une coupable opacité. La loi américaine devrait également conduire les banques à réformer leur modèle, en réduisant leurs activités spéculatives pour se recentrer sur leur mission première, le service à la clientèle.

Europe : autorités supranationales pour superviser et contrôler

L'Europe n'est pas en reste, qui vient de se doter, pour la première fois de son histoire, d'autorités supranationales, assurées de vrais pouvoirs de supervision et de contrôle. C'est un pas de géant dans la construction du marché unique des services financiers et, au passage, un pied de nez à ceux qui disaient l'Europe enlisée dans ses problèmes de gouvernance. Avant la crise, une telle initiative était impensable et se serait heurtée à un veto politique.

Accord de Bâle : plus de fonds propres dans les banques

De son côté, l'accord international trouvé à Bâle pour durcir les exigences de capital des banques n'est pas anodin. Il montre lui aussi que la volonté politique et le système de décision ne sont pas grippés. Et, s'il est correctement appliqué dans le monde - notamment par les Etats-Unis, qui s'y sont engagés -, il va obliger les établissements bancaires du monde entier à mettre plus de fonds propres en face de leurs engagements. Cela devrait sécuriser les bilans et empêcher l'excès de crédit, un point essentiel pour éviter les surchauffes de l'économie.

Réforme ... d'ici 2019!

On peut toutefois exprimer un sérieux regret. Cette réforme du capital ne sera mise en oeuvre que très progressivement, d'ici à 2019. Huit ans, c'est long. Cela permet, certes, de ne pas brusquer les banques et d'accompagner la reprise économique. Mais cela laisse aussi du temps pour de nouveaux excès et de nouveaux dérapages. Si la crise économique connaissait une réplique d'ici là, les banques ne seraient pas armées pour y faire face.
Mercredi 15 Septembre 2010 05:35

Source : Le Monde. 10.09.2010
Auteur : Annie Kahn.

La Suisse arrive en tête du classement annuel du Forum de Davos.
Compétitivité : les Etats-Unis chassés du podium, la France se maintient.


10.09.2010. La Suisse no 1 de la compétitivité mondiale selon le WEF
La Suisse en tête

La Suisse se distingue par sa capacité d’innovation et a pu compter en 2010 sur un environnement macro-économique relativement stable en comparaison internationale.

La Suisse doit notamment son premier rang à ses instituts de recherche scientifiques et à l’étroite collaboration existant entre les Universités et le secteur de l’économie. Mais avec un taux d’universitaires plutôt faible en comparaison avec d’autres pays à la pointe de l’innovation, la Confédération devrait tout de même faire un effort dans l’éducation supérieure pour garder ses talents.

Pour le reste, la Suisse se démarque par son marché financier développé et un marché de l’emploi très efficace. Les infrastructures sont de qualité et les institutions publiques sont encore mieux notées que l’an dernier.

Les Etats-Unis éjectés du podium

Les Etats-Unis ont longtemps été les champions du classement annuel du Forum de Davos sur la compétitivité, le Global Competitivness Report. L'édition 2010-2011, publiée jeudi 9 septembre, les élimine du podium.

Déjà, l'an passé, la Suisse les avait détrônés de la première place et s'y maintient cette année. Alors que les Etats-Unis régressent encore davantage, et se classent quatrième. La Suède progresse en revanche de la quatrième à la deuxième place et Singapour conserve sa place de troisième.

Ce classement prend en compte plus de 110 facteurs, allant de la qualité des infrastructures du pays, de son système éducatif et de santé, de la taille de son marché intérieur, de la main-d'oeuvre disponible, entre autres. La plupart des données sont issues d'études statistiques nationales ou internationales ; un petit tiers, celles qui sont de nature subjective, provient d'une enquête réalisée auprès de 13 500 dirigeants répartis dans le monde ; 139 pays sont passés au crible de cette batterie de critères.

Quels sont ceux qui rendraient les Etats-Unis moins compétitifs ? La qualité de ses institutions, selon le rapport de Davos. La population ferait de moins en moins confiance à la classe politique ; et les dirigeants d'entreprise s'inquiètent d'une détérioration des relations entre le gouvernement et le secteur privé.

Le fonctionnement des entreprises est aussi en cause, avec une moindre confiance dans les informations comptables diffusées, et des doutes sur le respect des critères éthiques. L'accès au financement des entreprises devient préoccupant, estiment près de la moitié des dirigeants interrogés. Enfin, la question des déséquilibres macroéconomiques, et en particulier l'ampleur des déficits, est de plus en plus inquiétante.

Reste que la force des Etats-Unis en matière d'innovation, liée à la qualité du système universitaire, la taille du marché intérieur et la souplesse du marché du travail, est un atout fondamental.

L'Europe en bonne posture

La France progresse doucement de la seizième à la quinzième place. Sans surprise, les reproches sont toujours les mêmes : manque de flexibilité du marché du travail, et dureté des relations entre les dirigeants et les salariés. En revanche, la qualité des infrastructures, qu'il s'agisse des moyens de transport, de la production et distribution d'énergie, des réseaux de télécommunication, demeure un atout important. Ainsi que la qualité des systèmes éducatifs et de santé.

Globalement, l'Europe continue de se maintenir à haut niveau. Même si l'on note des différences entre les pays : la Grèce se classe 83e, tandis que la Suède talonne le numéro un, en raison de son excellence technologique, de la qualité de son système d'innovation, et de ses institutions.

Les pays émergents, dont la progression était notable l'an passé, marquent une pause cette année. Un résultat étonnant, dans la mesure où nombre de ces pays ont continué de croître malgré la crise, ce qui aurait pu laisser penser que leur compétitivité s'en trouverait aussi améliorée.

Parmi les BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine), la Chine est ainsi le seul à gagner des places, passant de la 29e à la 27e position. L'amélioration de son système financier en serait la cause, avec, en particulier, un accès plus facile au crédit bancaire ou aux investisseurs en capital. Mais aussi le déploiement des technologies, Internet et téléphonie mobile.
Vendredi 10 Septembre 2010 15:13

Source : Le Monde. 10.09.2010.
Auteur : Marie de Vergès.

Le franc suisse, monnaie refuge, atteint des records
Dans un environnement incertain, la monnaie helvétique rassure les investisseurs.


10.09.2010. Le franc suisse, valeur refuge, atteint des sommets
La Suisse riche et prospère a ses montres, son chocolat, ses banquiers... et son franc, de plus en plus fort, de plus en plus cher. Celui-ci a atteint, mercredi 8 septembre, un nouveau record historique, à 1,2776 franc pour 1 euro. La devise helvétique s'est appréciée de plus de 15 % depuis le début de l'année par rapport à la monnaie unique.

Le franc suisse est désormais considéré par nombre d'analystes comme le véritable héritier du très respecté deutschemark. La monnaie refuge par excellence face à un euro durablement fragilisé par la crise des dettes souveraines.

" Il n'y a pas 150 monnaies dans lesquelles on peut investir. Le franc suisse est aujourd'hui l'une des moins mauvaises parmi les grandes ", estime ainsi David Deddouche, stratège à la Société générale. Les finances publiques suisses sont parmi les plus saines des pays développés, le cadre institutionnel inspire confiance et la conjoncture a moins souffert de la récession que dans la plupart des pays. " Aucune autre devise n'a des fondamentaux aussi solides que le franc suisse ", renchérit Roland Duss, directeur de la recherche chez Gonet & Cie.

Des emplois en danger

La Suisse, pourtant, ne se réjouit qu'à moitié de voir son franc damer le pion au dollar et à l'euro. Car cette envolée, si elle se poursuit, risque fort de handicaper les exportations d'horlogerie, de machines-outils et de produits chimiques, moteur de la croissance. Sans parler du tourisme, source de dizaines de milliers d'emplois...

Pour les experts, cette appréciation de la monnaie pourrait inciter des entreprises, surtout parmi les petites et moyennes (PME), à délocaliser une partie de leur production en zone euro. En juillet, la fédération syndicale USS s'est publiquement alarmée. Brandissant le chiffre de 30 000 emplois en danger, elle a pressé la Banque nationale suisse (BNS) d'intervenir.

Mais l'institut d'émission a déjà tenté. Sans résultat, à part celui de faire gonfler démesurément son bilan. Ses réserves de change ont bondi de 56 milliards de francs suisses (43,6 milliards d'euros) en mars 2009 à 239 milliards fin mai. Faute de pouvoir influencer le gigantesque marché des changes, elle a gelé, en juin, ses achats d'euros.

Les industriels suisses vont-ils devoir s'habituer à un franc fort ? Pour les analystes, dans un environnement global marqué par de fortes incertitudes, la monnaie helvétique devrait continuer à grimper.

Dans les milieux politiques, on s'interroge. " Que faire si le franc ne cesse plus de s'apprécier face à l'euro ? Peut-être devrons-nous reconnaître que, dans ce vaste monde où se côtoient le dollar, l'euro et le yen, nous ne pouvons plus nous permettre d'avoir notre propre monnaie ", s'est risqué l'ancien conseiller fédéral Pascal Couchepin dans une interview, en août, au journal NZZ am Sonntag.

Un avis qui reste malgré tout isolé, selon M. Duss : " La majorité silencieuse est pour une politique monétaire indépendante, comme elle est pour le secret bancaire. "
Vendredi 10 Septembre 2010 09:39 Tags : euro franc suisse

Source : Terra eco.net. 03.09.2010.


L’article paru cette semaine dans l’hebdomadaire allemand Der Spiegel n’a pas échappé à Matthieu Auzanneau, collaborateur de Terra eco, qui chronique « le début de la fin du pétrole » sur son blog Oil Man. Le magazine s’est en effet procuré un rapport du département d’analyse du futur de la Bundeswher, l’armée allemande, qui estime qu’il est probable que que « Peak Oil se produise aux alentours de l’année 2010, et qu’il ait des conséquences sur la sécurité dans un délai de quinze à trente ans ».

Ce pic pétrolier, c’est à dire le jour à partir duquel la production mondiale de pétrole amorcera un déclin inéluctable, entraînera une flambée des prix, et « à moyen terme, le système économique global et chaque économie de marché nationale pourrait s’effondrer », estiment les analystes de l’armée allemande. « Des pénuries de biens vitaux », notamment de nourriture, pourraient apparaître, ajoutent-ils, conduisant à la mise en place de « politiques de rationnement ». Les auteurs du rapport s’inquiètent aussi des conséquences géopolitiques de la raréfaction du pétrole qui pourrait favoriser la montée des extrémismes. Dans ce contexte, « les États qui dépendent des importations de pétrole » seront obligés « de montrer plus de pragmatisme à l’égard des pays producteurs », estiment-ils, en se montant, dans le cas de l’Allemagne par exemple, plus souple à l’égard de la Russie ou plus dur vis-à-vis d’Israël.

Ce rapport de la Bundeswehr intervient dans la foulée de celui publié en mars dernier par l’état-major interarmées américain et qui prévoyait une « crise énergétique sévère » d’ici à 2015. « Du pétrole, il n’y en aura pas pour tout le monde » titrait alors Terra eco. Et comme toujours ce sont ceux qui sont déjà les plus démunis qui en feront d’abord les frais.
Vendredi 3 Septembre 2010 09:54

Source : Le Monde. 29 août 2010.
Entretien conduit par Claire Gatinois.

L'économiste Michel Aglietta estime que le ralentissement américain risque de se produire dans six mois en Europe. Le ralentissement de la croissance de l'économie américaine se confirme. Le département du commerce à Washington a révisé, vendredi 27 août, le produit intérieur brut (PIB) au deuxième trimestre à 1,6 % en rythme annuel contre 2,4 % en première estimation. Le redressement de l'économie américaine est " loin d'être achevé ", a estimé le président de la Réserve fédérale (Fed) Ben Bernanke lors d'un discours à Jackson Hole (Wyoming), ajoutant que la Fed était " prête " à prendre des mesures supplémentaires pour la soutenir.


29.08.2010. USA : le scénario d'une croissance molle se précise
Entretien avec Michel Aglietta, professeur d'économie à l'université Paris-Nanterre. Monsieur Aglietta analyse l'ampleur de la détérioration de l'économie américaine, les risques que ce ralentissement fait planer sur le reste du monde.

Washington vient d'annoncer une révision significative du PIB américain pour le deuxième trimestre. Que doit-on en penser ?

Cela signifie que le ralentissement de la croissance arrive plus vite que prévu. Le rebond de l'économie en début d'année n'a été que le résultat du restockage et du plan de relance budgétaire. Aux Etats-Unis, le marché de l'immobilier ne s'est pas redressé, les prix baissent, les saisies de maisons se poursuivent. Il faudra deux ou trois ans pour que les effets délétères des subprimes, ces emprunts hypothécaires dont les défauts s'échelonnent, s'estompent.

Nous avons traversé une crise d'une telle ampleur, en sortir prend nécessairement du temps. Ce fut un tremblement de terre, et comme dans tout tremblement de terre, il y a des répliques.

Faut-il craindre comme l'évoquent certains économistes un " double dip ", une nouvelle récession ?

On peut le craindre. Mais le scénario d'une croissance molle, inférieure à 2 %, est le plus probable. Autrement dit celui d'une reprise très faible qui maintiendrait le chômage autour de 10 %. Pour les Etats-Unis, où le modèle économique est celui du plein-emploi, cela soulève une interrogation : pourront-ils le supporter ? Les allocations chômages ne sont pas adaptées à un tel phénomène.

Et si l'on ignore sa probabilité, le risque d'un double dip n'est pas à écarter. La Fed a des marges de manoeuvre étroites pour soutenir l'économie. Ses taux d'intérêt directeurs sont déjà à 0 %, le système financier reste fragile. On est dans le piège japonais.

Le premier risque viendrait d'une croissance trop faible avec une consommation flageolante qui supposerait de relancer l'économie par le commerce extérieur. Et donc de faire baisser le dollar pour faciliter les exportations. Mais une chute brutale du billet vert pourrait provoquer une panique financière qui ferait plonger le pays dans la récession.

L'autre danger serait que le gouvernement mette en place un nouveau plan de relance. Or, son déficit est déjà autour de 10 % du PIB. Un nouveau stimulus budgétaire pourrait effrayer les détenteurs de dettes américaines qui sont en majeure partie des non-résidents. Ils pourraient alors exiger une rémunération plus élevée, ce qui ferait remonter les taux d'intérêt. Cela tuerait la croissance avec, en outre, un effet boule de neige sur la dette publique.

Ce constat signe-t-il l'échec des politiques de sortie de crise menées par le gouvernement et la Réserve fédérale ?

Les gouvernements ont sans doute trop tardé à agir en ne prenant la mesure du problème qu'en septembre 2008 - au moment de la faillite de la banque d'affaire américaine Lehman Brothers - . Mais la Fed comme les autres banques centrales a fait ce qu'il fallait faire.

Si les mesures adoptées - baisse des taux d'intérêts, injection de liquidités - n'avaient pas été prises, le pays serait entré dans une véritable dépression comme dans les années 1930.

Quelles solutions peuvent encore être apportées ?

La Fed ne peut plus agir sur les taux pour stimuler la croissance. Elle part donc avec un gros handicap. Mais elle dispose encore de moyens. Elle peut utiliser des outils non conventionnels, racheter des dettes souveraines américaines, faire marcher la planche à billets, pour maintenir les taux d'intérêt à long terme à des niveaux suffisamment bas. C'est la mesure nécessaire pour éviter qu'une croissance trop faible ne se traduise par une baisse des prix et des salaires, un scénario déflationniste, qui ferait monter les taux d'intérêt réels même si les taux nominaux restent faibles. La Fed peut l'éviter, mais cela a un coût.

Quels risques le ralentissement américain fait-il planer sur l'Europe ?

Ce que l'on observe aux Etats-Unis se manifestera d'ici à six mois en Europe. Toutes choses égales par ailleurs, on peut s'attendre à une croissance au deuxième semestre en zone euro inférieure à 2 % et de l'ordre de 1,5 % en 2011. Il n'y a que les gouvernements qui pensent encore autre chose.

Surtout si le ralentissement est trop prononcé, on peut redouter une nouvelle crise de dettes souveraines. Les pays qui ont prévu des remèdes de cheval pour résorber leurs déficits ne pourront pas les tenir. Cela inquiétera le marché. Les dettes grecques et espagnoles pourraient alors être attaquées de nouveau.

Pourtant certains pays en Europe comme l'Allemagne s'en sortent bien...

L'Allemagne connaît une croissance forte aujourd'hui mais il ne faut pas oublier qu'elle a traversé une récession parmi les plus violentes en 2009 du fait de sa dépendance au commerce extérieur. Elle tire partie de ses exportations vers la Chine et vers les autres pays émergents. In fine l'Allemagne ralentira sans doute moins que les autres pays de la zone euro mais elle ne sera pas épargnée.

Ce ralentissement peut-il et doit-il inciter les Etats à retarder la mise en oeuvre de politiques de rigueur?

La plupart des Etats en Europe ont pour objectif de résorber une grosse partie de leurs déficits en 2013. Ce n'est pas le bon horizon. Pour résoudre un problème d'endettement de cette ampleur, il faut au moins huit à dix ans. A la fin de la seconde guerre mondiale, l'endettement des Etats-unis dépassait 100 % du PIB, celui du Royaume-Uni atteignait 250 %. Il a fallu attendre le milieu des années 1950 pour que les dettes reviennent à un niveau acceptable.

Ce que les Etats peuvent faire, c'est modifier la structure des recettes : imposer une taxe carbone pour encourager l'innovation dans les énergies renouvelables, réduire les cotisations sociales. Ainsi l'on abaisse les coûts salariaux sans faire reculer les salaires. Si l'on présente un programme de réduction des déficits qui tienne la route, le marché peut accepter une échéance plus longue.

La Chine et les pays émergents peuvent-ils " sauver " la croissance mondiale ?

La Chine comme le Brésil font partie de la solution. Le modèle de croissance chinois est en train de changer. Les salaires progressent, la consommation intérieure se développe. Mais la transition vers cette nouvelle forme de développement prendra du temps. D'ici là, la Chine doit parvenir à éviter la surchauffe, les dérapages dans l'octroi de crédits et la bulle immobilière. Si, à moyen terme, la Chine comme le Brésil sont les vecteurs de la sortie de crise, il n'est pas impossible que ces pays traversent à court terme encore quelques trous d'air.
Samedi 28 Août 2010 18:44 Tags : croissance usa

Source: Lefigaro.fr

Après une accalmie due aux crédits d’impôts offerts par l’Administration Obama, les saisies immobilières et les défauts de paiement repartent à la hausse.


27.08.2010. Déprime sur le marché américain de l’immobilier
On avait cru que le pire était passé. Ce n’était finalement qu’une petite accalmie. En effet, après un regain de transactions immobilières dû aux crédits d’impôts de 8000 dollars offerts jusqu’au 30 avril par l’Administration Obama, les défauts de paiement et les saisies immobilières sont à nouveau en augmentation aux Etats-Unis.

Le volume de revente a chuté de 27% par rapport à juin, selon les derniers chiffres de l’Association nationale des agents immobiliers. Et selon les statistiques du Trésor américain, les défauts de paiements sur les crédits immobiliers ont atteint 13,6% à la fin de 2009.

Rien qu’en Californie, le nombre de logements pour lesquels une saisie est imminente s’élève à 104'000. Un chiffre qui devrait encore augmenter durant les prochains mois, les prêts à taux révisables contractés il y a cinq ans arrivant en effet à échéance. Les hypothèques devraient donc augmenter de plusieurs centaines de dollars par mois. Un montant que des millions d’Américains n’auront pas les moyens de payer.
Vendredi 27 Août 2010 08:20 Tags : immobilier usa

Source: Tages Anzeiger. 27.08.2010


26.08.2010. Baisse de l’euro : Monsieur Prix se fâche
Les courriers des consommateurs s’empilent sur le bureau de Stefan Meierhans: les prix restent stables alors que l’euro ne cesse de baisser.

La moutarde commence à monter au nez de Stefan Meierhans, surveillant suisse des prix: alors que l’euro a encore perdu 14% depuis le début de l’année, les prix ne bougent pas dans les commerces. Voitures, accessoires autos, vélos, vêtements, magazines et livres restent très chers en Suisse. Les salaires et les loyers y sont certes plus élevés que dans les pays voisins, mais la différence ne suffit pas à expliquer la réticence des distributeurs.

Pour Stefan Meierhans, il est certes normal que les cours de change ne se répercutent pas immédiatement. Les agences de voyages qui ont signé des contrats avec les anciens tarifs, par exemple, sont prisonnières d’anciens cours de change. Il en va tout autrement pour les importateurs de biens de consommation qui maintiennent les anciens tarifs alors que la monnaie européenne a dégringolé. Les prix devraient ainsi baisser de 10% au moins pour refléter le coût réel des biens importés des pays de l’Union européenne.

Le surveillant des prix invite les consommateurs à faire jouer la concurrence. Quitte à franchir la frontière pour faire ses achats en France ou en Allemagne voisines.
Jeudi 26 Août 2010 08:28 Tags : euro monsieurprix suisse

Source : Le Monde. 19.08.2010
Auteur : Claire Gatinois

Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l'Allemagne et la France sont visés par l'agence de notation


19.08.2010. Moody's met en garde quatre grands pays contre une perte de leur note " AAA "
Des Etats, même les plus solides, comme les Etats-Unis, l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni, seront-ils à même de faire face à l'ampleur de leur dette ? Pourraient-ils perdre leur sacro-saint " AAA ", la meilleure note ? L'agence de notation Moody's se pose la question. Dans une note rendue publique mardi 17 août, elle indique que ces Etats " sont confrontés à des défis plus importants qu'il y a quelques mois ".

Pour l'heure, il n'y a pas lieu de s'affoler. " Ce n'est pas une alerte lancée aux gouvernements pour les forcer à réduire leurs déficits ", précise Alexander Kockerbeck, l'un des auteurs de la note. Hormis l'Espagne - sa note souveraine est sous surveillance et a déjà été abaissée par d'autres agences -, " ces pays sont bien positionnés pour conserver leur AAA ", précise-t-il.

Il n'empêche. La marge de manoeuvre de ces pays pour assumer le seul paiement des intérêts sur leurs emprunts se rétrécit. Moody's ne se fonde pas uniquement sur l'ampleur de l'endettement accumulé mais sur la capacité des Etats à payer la charge de la dette en cas de chocs : panne de croissance, moindres rentrées fiscales ou remontée spectaculaire des taux d'intérêts. L'agence a ainsi érigé différents scénarios, plus ou moins extrêmes, pour calculer la vulnérabilité des pays.

" C'est exactement la même logique que pour un ménage qui doit rembourser un appartement ", explique M. Kockerbeck. La perte d'un emploi, la chute des revenus, la flambée des taux d'intérêt peuvent faire basculer un emprunteur dans la catégorie non solvable.

Ainsi, la France bénéficie d'une croissance tirée par une consommation résiliente. En outre, les investisseurs plébiscitent ses titres de dette, permettant pour l'instant de maintenir des taux d'intérêt extrêmement bas. Mais " il ne faut pas que cela déraille ", indique Moody's. Car les deux faiblesses du pays persistent : un niveau d'imposition déjà élevé et une rigidité des dépenses publiques. En cas d'envolée des taux d'intérêt sur les marchés, la France pourrait mettre à mal sa capacité à payer la charge sur ses emprunts en 2013. La dette publique atteindrait alors près de 90 % du produit intérieur brut (PIB) et le paiement des intérêts " mangerait " de 10 % à 11 % des recettes de l'Etat. Difficilement tenable.

Zone dangereuse

Mais si la France semble, à l'instar de l'Allemagne, à l'abri d'un tel choc, l'Espagne est dans une situation plus critique. Même en appliquant un scénario plus conservateur, le pays sera affecté par une croissance molle et Moody's pourrait remettre en question son AAA en 2013.

Plus surprenant, selon Moody's, les Etats-Unis sont au deuxième rang des pays qui pourraient être affectés par une charge de la dette trop lourde à moyen terme. Avec un endettement de près de 100 % du PIB en 2011, dans un climat plus sévère que prévu, le pays entrerait dans une zone dangereuse pour son AAA entre 2012 et 2013. Science-fiction ou réelle menace ?

Ce n'est pas une alerte, mais une mise en garde : Moody's souligne qu'avec des marchés plus nerveux, retarder des mesures de réduction des déficits pourrait coûter cher.
Jeudi 19 Août 2010 07:06 Tags : allemange espagne france notation usa
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