Connectez-vous S'inscrire

L'ignorance de l'économie, le pire de nos maîtres

Raphaël Dougoud : J'ai choisi cet article car il met en évidence ce que j'ai constaté très souvent dans mes interventions d'animateur de séminaires et de conseiller en entreprise depuis plus de 30 ans. Cette ignorance dont nous parle Denis Ettighoffer conduit en entreprise à des comportements erronés, à des décisions inadéquates, à des non-actions, par aveuglement, suffisance, goût du pouvoir, exaltation de l'ego ou encore par l'atteinte d'objectifs matériels ou financiers indécents. On retrouve ces manques dans le ménage, sans parler bien sûr de la chose publique. Je vous invite à prendre du recul et de la hauteur en lisant cet article.



L'ignorance de l'économie, le pire de nos maîtres
.
Auteur : Denis Ettighoffer. Juin 2006. Reprise par www.place-publique-fr dans le magazine d'octobre/novembre 2008
Intertitres : Raphaël Dougoud, futur'is

  • Un auteur prémonitoire

L’économie, cette « religiosité austère » selon Pascal Bruckner(1) cache bien des turpitudes dont la pire n’est pas de se tromper mais de nous tromper. Je veux dire qu’elle tend à faire croire qu’elle est bourrée de vertus alors qu’elle n’est que la catin de maquereaux spéculateurs qui ne sont même pas correctement encadrés par des règles qui en limiteraient les effets prédateurs. Les petits bourgeois investissent en ne rêvant que du grand soir, non celui de la révolution, mais du coup boursier qui les rendra riches tout en jouant la façade de père la vertu les jours de gains et les offusqués du jeu lorsque les périls s’amassent. Comme le souligne James K. Galbraith ; « Si les marchés imposaient vraiment une discipline, les personnes qui travaillent durs ne seraient pas pauvres et les spéculateurs en général ne seraient pas riches »(2). En 2005, l’épargne mondiale était estimée par le FMI à 11 000 Milliards de dollars. Si cette épargne s’était investie dans des projets de développement durable plutôt qu’à servir d’instrument de spéculation notre destin serait sans doute différent de ce qu’il est actuellement. Entre la sécurité de la croissance à long terme, continue, pour tous, et les promesses d’une richesse rapide pour quelques uns, nos actionnaires ont choisit la spéculation, belle putain de l’économie dont les charmes sont souvent frelatés et porteurs de pandémies socio-économiques.

  • La science de l'économie trompeuse et secrète

Les économistes ne servent qu’à expliquer ce qui s’est passé. Oracles qui n’y voient goutte. Psychologues à leurs heures, ils rassurent les politiques qui suivent - parfois - leurs conseils. Ce qui faisait dire à Bill Clinton, non sans humour, qu’il disposait certes des meilleurs économistes mondiaux mais qu’aucun ne lui conseillait la même chose. Son problème étant de savoir à qui faire confiance. Je n’y vois que de triviales concessions des économistes aux lois du plus fort, aux pouvoirs en place. Qui les paient le plus souvent. Il suffit pour s’en convaincre de relire l’histoire de l’économie en regard des évolutions des mœurs de chaque époque. Sinon comment expliquer que des militaires, des industriels, des commerçants, des syndicats, des gouvernements se soit mis d’accord pour normaliser leurs échanges économiques, techniques, d’informations, de documents, sans que jamais, au Dieu grand jamais, on les ait vu se mettre d’accord pour limiter les effets, les dérives de la spéculation confondue désormais - tragique méprise - avec la libéralisation de l’économie. Les économistes sont trop souvent épargnés par la presse et les politiques.

L'ignorance de l'économie, le pire de nos maîtres
  • La connaissance, outil de pouvoir

Savants des choses de l’économie, enseignants des mécanismes qui fondent la récession ou la croissance, vigies des dérives des systèmes économiques, les avez-vous vu faire autre chose que nous dire tels les grands prêtres d’autrefois, courbez vous devant l’inéluctable, supportez votre peine, vos souffrances, c’est l’économie qui passe accompagnée de la grande faucheuse qu'elle fréquente, assurément, de plus en plus. La défaite du communisme n’était pas la victoire du capitalisme comme on aura pu le lire ici ou là. Premier vaincu plutôt. Reste à se faire le capitalisme dans ce qu’il a de plus hideux et excessif. Car lui aussi, comme le communisme des origines était d’abord l’expression d’un rêve ? Pour les uns l’égalité devant la propriété et les possessions, pour les autres l’égalité dans les chances de s’enrichir. On sait à quoi s’en tenir aujourd’hui. Les pauvres restent pauvres dans tous les régimes. Les sociétés restent aux régimes de la « dé-responsabilité anonyme » ce qui met en péril nos démocraties. Tout s’achète, oui, même un élu. Mais ce sont les peuples qui paient. Des peuples tenus à l ‘écart de la compréhension même sommaire de la chose économique. Elus, syndicats, pouvoirs publics, patrons, tous alliés objectifs pour garder dans l’ignorance de la chose économique chacun d’entre nous. Trop sérieuse pour être laissé à la portée des petites gens. Cela facilite l’embrigadement, le manque de sens critique, la manipulation journalistique, l’utilisation de grands mots vides de sens que l’on applaudit comme de bons zombies. La pédagogie est euthanasiée. Nous ne sommes plus nourris que de l’outrance des arguments, la manipulation des chiffres, les raccourcis conceptuels et la pauvreté d’arguments mille fois ressassés. Le ridicule ne tue pas. Dommage, on aurait un peu moins de zozos à l’antenne.

  • Le bonheur de quelques-uns ne fait pas le bonheur de tous les autres

Les pays qui, comme la France, doivent faire face à une forte contestation de leurs populations envers l’enrichissement lié à la spéculation sur des actifs virtuels sont complètement démunis pour faire venir chez eux les capitaux considérés comme indispensables à leurs développements. En clair, les gains spéculatifs pour une minorité apparaissent plus conséquents que l’investissement traditionnel dans la création de richesses pour tous. Une dérive, un prétexte, qui permet aux activistes anti-libéraux de faire leur malheur et le nôtre. La sous-culture économique des « masses populaires et laborieuses » en fait des proies rêvées pour des contestations irresponsables de tous bords. On agite quelques mots fétiches dont pas le dixième ne comprend le sens, la foule crie et voilà une usine qui part à l’étranger, un marché qui s’ouvre ailleurs, un investisseur qui va placer son argent dans un lieu où il se sent attendu et apprécié. La volatilité des investissements est un facteur de l’économie moderne. Les réseaux ont facilité la circulation des services, des idées, des biens numériques et des transferts financiers : le capital reste plus mobile que le travail. Mais au fond, peut-être n’en voulons nous pas ! ? Après tout, comme le raillait Coluche, « le salaire suffira ».

(1) Misère de la Prospérité (Grasset 2002) (page 27 du livre de Pascal Bruckner)
(2) Courrier International, supplément Octobre 2000

Vendredi 24 Octobre 2008
Raphaël Dougoud
Lu 1817 fois

Crise financière+économique 2008-... | Futur | Swiss Resto | Prendre/Développer notre conscience







Recherche dans les articles



Prévisions économiques & financières 2012-2013. Dernière mise à jour: 02.01.2012

[Suite de "Prévisions économiques 2011-2013]url:http://www.futuris.ch/Previsions-economiques-2011-2013-Derniere-mise-a-jour-30-12-2011_a704.html Le moral n'est pas au beau fixe chez les professionnels de la finance qui manquent de visibilité avec une année électorale en France et aux États-Unis. Après la chute des actions européennes en 2011, peu d'experts tablent sur un rebond cette année. La récession annoncée limite le potentiel des marchés.


01.01.2012. Bourse : 2012, année volatile, imprévisible et à risques

Prévisions économiques & financières 2012-2013. Dernière mise à jour: 02.01.2012
Souirce: LeFigaro.fr. 01.01.2012.
Auteure: Carole Papazian

Cette année comment la voyez-vous? «Imprévisible», « volatile», «incertaine», «tendue », «baissière», «politique», voilà les réponses les plus courantes des stratégistes des banques et des sociétés de gestion d'actifs. Le moral n'est pas au beau fixe. Pas plus chez les investisseurs qui ont perdu 17 % l'an dernier sur le CAC 40 que chez les professionnels de la finance qui soulignent d'une même voix le manque de visibilité dans une année électorale en France et aux États-Unis.

Les premiers mois de 2012 devraient voir la confirmation de la récession en zone euro. Les bonnes statistiques américaines de fin d'année et la résistance des actions américaines pourraient faire long feu, la plupart des stratèges s'attendent à un trou d'air aux États-Unis. Pour compléter le tableau, ils prédisent aussi un ralentissement dans les zones émergentes et notamment en Asie. «L'année 2012 sera une année très difficile sur le plan conjoncturel. De cela nous avons (malheureusement) une quasi-certitude», résume Alain Bokobza à la Société générale qui table sur un second semestre meilleur que le premier. Christine Lagarde, la directrice générale du FMI, a d'ores et déjà prévenu que l'objectif de 4 % de croissance mondiale serait révisé à la baisse.

02/01/2012


Tête en Une


01.11.2010. Evolution des taux hypothécaires depuis 1985

Tête en Une


02.11.2010. Evolution des indices des actions et des obligations

Tête en Une

Raphaël Dougoud
10/09/2010

Dette publique en temps réel (France, Etats-Unis, autres à venir)


Dette publique de la France


Dette publique des Etats-Unis et plein d'autres indicateurs, en temps réel


23/11/2011

Crise. Brèves significatives. Dernière mise à jour: 07.12.2011

22.11.2011. La note des banques dans le monde pourrait être dégradée avant Noël 2011. 22.11.2011. Les CDS, assurances des Etats emprunteurs.


22.11.2011. La note de 25% des banques dans le monde pourrait être dégradée avant Noël 2011

Crise. Brèves significatives. Dernière mise à jour: 07.12.2011
Source: Le Monde. 22.11.2011. Auteure: Anne Michel

Depuis l'aggravation de la crise de la dette cet été, le secteur bancaire mondial est entré dans une zone dépressionnaire, dont on ne voit pas la sortie. Suite à sa refonte de sa méthodologie de notation, qui vise à donner des gages de rigueur notamment en matière d'identification des risques, Standard & Poor's commencera sa révision générale par les 30 premières banques mondiales, celles dont la faillite ou les difficultés déstabiliseraient le système financier. De nombreux établissements européens, en Italie, en Espagne mais aussi en France, se trouvent dans sa ligne de mire.

22/11/2011