Gérard BEDAT : 'Nous sommes tous des marques'
Conseiller d'entreprise en stratégie et organisation.
En tant que consultant travaillant avec des entreprises de toutes tailles, je suis toujours surpris par la difficulté qu'ont les chefs d'entreprises à associer leur société à une marque. La plupart considèrent que dans leur domaine, le parc de machines et les brevets sont leurs principaux actifs. La marque est un sujet de préoccupation pour la mode, le luxe, la grande distribution, principalement alimentation et lessives, pas pour eux.
Or rien n'est plus faux. La réalité est qu'aujourd'hui, comme le dit un message publicitaire bien connu "vos clients ne viennent plus chez vous par hasard", car :
- Il y a un nombre croissant d'entreprises offrant des produits ou services correspondant à ses attentes.
- On a l'option de changer dès la première insatisfaction.
Le choix devient ardu, on a tendance à se simplifier la vie en choisissant un fournisseur de bonne réputation, donc bénéficiant d'une bonne marque et dont ils ont déterminé qu'elle offre des attributs correspondant bien à leur besoin. Ceci est valable aussi bien lorsqu'on achète un costume, des vacances ou des fers à béton.
Qu'est-ce qu'une marque ?
La marque est d'abord un nom (Nestlé, Novartis, Mercedes, BMW) auquel le client/consommateur associe une identité visuelle (le logo), et un ensemble d'attributs qui ont une valeur pour lui. Pour avoir une chance de s'inscrire durablement dans sa mémoire, ces attributs doivent être clairs, constants dans le temps, pertinents pour le client et distinctifs des offres des autres fournisseurs potentiels.
Ces attributs peuvent être classés dans quatre grandes familles :
- Les qualités intrinsèques du produit (technologie, prix, disponibilité, quantité, qualité, services annexes, points de vente, etc..).
- La valorisation personnelle que le client retire de la possession du produit (plaisir, design).
- La valorisation sociale que le client retire de la possession du produit (prestige, appartenance à un "club" d'élite).
- La satisfaction de valeurs supérieures et morales (produit éthique, écologique).
Leur ensemble forme un tout, appelé "Promesse de valeur".
La théorie de l'achat rationnel est un leurre, la part émotive joue souvent un rôle décisif :
elle est évidente pour une automobile ou un appartement. Dans l'industrie, on la trouve aussi dans le choix des fournisseurs (cabinet d'avocat, révision par une "Fat Four", banquiers) ou l'achat d'une machine.
Ils n'ont que l'apparence de l'objectivité car ils résultent d'un amalgame entre plusieurs facteurs :
- Les expériences personnelles avec le produit ou service, le fabricant, la région d'origine, le vendeur, ...
- La réputation du fournisseur et du produit recueillie auprès de connaissances, d'amis, de voisins, ...
- L'interprétation des promesses faites par les vendeurs, la publicité, la documentation.
- Des articles dans les media et la presse spécialisée.
Ils ne reflètent donc pas toujours la réalité.
Parfois, la marque échappe à son créateur et devient le signe de reconnaissance d'un groupe. Il appartient alors au fabricant d'exploiter l'opportunité et d'adapter sa stratégie en conséquence.
Exemples : Vuitton est la marque des japonais, les chaussures de sécurité de Caterpillar sont devenues en quelques mois le must de jeunes. Lacoste devient le polo chic des banlieues françaises.
Quel est de rôle de la marque dans le processus d'achat ?
La mémoire humaine est organisée pour n'associer que quelques noms à chaque catégorie de produits ou services.
Le test est facile : si vous voulez manger un hamburger-frites, à combien de noms de restaurants pensez-vous ? Probablement moins de 5. Même chose si vous voulez vous acheter un costume ou une robe. La situation est la même pour un responsable des achats ou un chef de bureau d'étude dans une entreprise lorsqu'il a un nouveau besoin.
Pourquoi une marque est-elle mémorisée et pas une autre ? Un facteur essentiel est la pertinence des promesses de valeur de la marque : on ne mémorisera avec un lien relationnel vers un besoin que les marques dont les caractéristiques ont été enregistrées comme potentiellement pertinentes.
C'est donc en partant de cette base mémorisée hautement subjective que le client choisit son fournisseur lorsque le besoin se fait sentir.
Il est donc important de veiller :
- à être présent dans la mémoire des clients potentiels avec une notoriété positive appuyée par une promesse de valeur claire.
- à rester en permanence dans un rang élevé. La mémoire individuelle n'étant pas infaillible, il est essentiel de se rappeler à intervalle régulier au bon souvenir de ses prospects avec sa promesse de valeur.
- de développer l'argument de différenciation qui permette d'être finalement choisi de préférence aux concurrents.
Contrairement à ce que beaucoup d'industriels pensent, très peu d'achats à l'exception de certaines matières de base (commodities) se font sur un strict critère de prix, même au niveau des appels d'offre officiels. L'expérience a en effet montré au delà du doute que le produit le plus économique à l'usage était rarement le moins cher à l'achat, une fois que tous les frais liés et les pertes étaient pris en compte.
Une promesse de valeur articulée autour du prix et des délais a donc peu de chance d'être tenable ni gagnante à terme.
Qui fabrique aujourd'hui un produit banal sans marque ?
Quasiment personne.
Exemple : SHIMANO a su transformer en 25 ans le dérailleur de vélo, d'un produit d'une consternante banalité en un produit de marque réputé, grâce à une succession d'innovations et un travail de promotion efficace.
La marque concerne également les hommes.
La notion de marque est également applicable à tous les professionnels, qu'ils soient du show-business (chanteurs, acteurs de cinéma), experts dans un domaine (médecins, gourous du management, consultants) ou chefs d'entreprise.
Jean-Paul Belmondo, Louis de Funès, Fernandel sont entrés dans la légende du cinéma en jouant des personnages très typés. Mettre le nom de cet acteur en haut d'une affiche, c'est promettre au spectateur un type de spectacle qu'il serait très déçu de ne pas trouver.
En résumé
Reposons-nous de nouveau concrètement la question :
La marque joue-t-elle un rôle lors de l'achat d'un bien d'investissement ?
La réponse est affirmative : une marque réputée offre des promesses de valeur essentielles :
- une tranquillité d'esprit.
- une justification vis-à-vis de la hiérarchie (conseil d'administration, banquiers).
- une promesse de valorisation personnelle et pour les collaborateurs ("nous sommes au Top, nous avons pris ce qui se fait de mieux").
et, même si cela à un prix, ce n'est pas grave, car tout le monde sait que "la qualité a un prix."
Voir aussi
www.bedat-conseils.ch
http://bedat-conseils.blogspot.com
Communication
|
Finance
|
Formation futur'is
|
Gestion de projets
|
Gestion financière de projets
|
Gestion humaine de projets
|
Gouvernance
|
Juridique
|
Management
|
Marketing
|
Personnel
|
Stratégique - amont
|
Stratégique
|
24/03/2012
- Raphaël Dougoud
16/03/2012
- Raphaël Dougoud
02/01/2012
- Raphaël Dougoud
24/12/2011
- Raphaël Dougoud
30/11/2011
- Raphaël Dougoud
23/11/2011
- Raphaël Dougoud
22/11/2011
- Raphaël Dougoud
Crise financière - Sites et Portails
Prévisions économiques & financières 2012-2013. Dernière mise à jour: 02.01.2012
[Suite de "Prévisions économiques 2011-2013]url:http://www.futuris.ch/Previsions-economiques-2011-2013-Derniere-mise-a-jour-30-12-2011_a704.html
Le moral n'est pas au beau fixe chez les professionnels de la finance qui manquent de visibilité avec une année électorale en France et aux États-Unis.
Après la chute des actions européennes en 2011, peu d'experts tablent sur un rebond cette année. La récession annoncée limite le potentiel des marchés.
01.01.2012. Bourse : 2012, année volatile, imprévisible et à risques
Souirce: LeFigaro.fr. 01.01.2012.
Auteure: Carole Papazian
Cette année comment la voyez-vous? «Imprévisible», « volatile», «incertaine», «tendue », «baissière», «politique», voilà les réponses les plus courantes des stratégistes des banques et des sociétés de gestion d'actifs. Le moral n'est pas au beau fixe. Pas plus chez les investisseurs qui ont perdu 17 % l'an dernier sur le CAC 40 que chez les professionnels de la finance qui soulignent d'une même voix le manque de visibilité dans une année électorale en France et aux États-Unis.
Les premiers mois de 2012 devraient voir la confirmation de la récession en zone euro. Les bonnes statistiques américaines de fin d'année et la résistance des actions américaines pourraient faire long feu, la plupart des stratèges s'attendent à un trou d'air aux États-Unis. Pour compléter le tableau, ils prédisent aussi un ralentissement dans les zones émergentes et notamment en Asie. «L'année 2012 sera une année très difficile sur le plan conjoncturel. De cela nous avons (malheureusement) une quasi-certitude», résume Alain Bokobza à la Société générale qui table sur un second semestre meilleur que le premier. Christine Lagarde, la directrice générale du FMI, a d'ores et déjà prévenu que l'objectif de 4 % de croissance mondiale serait révisé à la baisse.
02/01/2012
Indicateurs économiques - USA, France, Suisse. Dernière mise à jour: 03.12.2011
Tête en Une
01.11.2010. Evolution des taux hypothécaires depuis 1985
02.11.2010. Evolution des indices des actions et des obligations
Raphaël Dougoud
10/09/2010
Dette publique en temps réel (France, Etats-Unis, autres à venir)
Dette publique de la France
Dette publique des Etats-Unis et plein d'autres indicateurs, en temps réel
23/11/2011
Crise. Brèves significatives. Dernière mise à jour: 07.12.2011
22.11.2011. La note des banques dans le monde pourrait être dégradée avant Noël 2011.
22.11.2011. Les CDS, assurances des Etats emprunteurs.
22.11.2011. La note de 25% des banques dans le monde pourrait être dégradée avant Noël 2011
Source: Le Monde. 22.11.2011. Auteure: Anne Michel
Depuis l'aggravation de la crise de la dette cet été, le secteur bancaire mondial est entré dans une zone dépressionnaire, dont on ne voit pas la sortie. Suite à sa refonte de sa méthodologie de notation, qui vise à donner des gages de rigueur notamment en matière d'identification des risques, Standard & Poor's commencera sa révision générale par les 30 premières banques mondiales, celles dont la faillite ou les difficultés déstabiliseraient le système financier. De nombreux établissements européens, en Italie, en Espagne mais aussi en France, se trouvent dans sa ligne de mire.
22/11/2011
|