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Dirigeants en phase avec leurs collaborateurs ou les "institutions invisibles" de l'entreprise

Les dirigeants doivent le rôle des acteurs et leur implication dans le processus de développement de l'entreprise.

Source : Le Monde. 22.12.2009.
Auteur : Jean-Marc Le Gall, conseil en stratégies sociales, professeur associé au Celsa.
Complément Inter-titres et mise en page : Raphaël Dougoud, futur'is.



Dirigeants en phase avec leurs collaborateurs ou les "institutions invisibles" de l'entreprise
Dans une conférence organisée récemment par le cabinet Key People, l'historien Pierre Rosanvallon rappelait que la démocratie était apparue à l'origine comme la solution politique à la diversité croissante des sociétés, car elle évitait " la discussion permanente " entre ses membres.

Confiance, légitimité et autorité

Il montrait aussi que ce régime politique ne pouvait fonctionner sans le concours de ces "institutions invisibles" que sont la confiance, la légitimité et l'autorité. Confiance organisée par l'élection, légitimité des institutions et des élus, autorité des gouvernants, ce triptyque favorise la cohésion et le consentement. Le problème, concluait-il, est qu'aujourd'hui ces catalyseurs démocratiques ne fonctionnent plus aussi bien.

La transformation de nos sociétés, plus individualistes et plus fragmentées, le développement, via Internet, d'une opinion immédiate et critique, la multiplication des revendications particulières, tout concourt à ce que la démocratie devienne plus vulnérable à mesure qu'elle se diffuse. De même, si l'entreprise n'est par construction pas démocratique, elle ne se développe durablement sans de semblables " institutions invisibles " : la confiance de son corps social, la légitimité de son management et l'autorité reconnue de ses dirigeants.

Certains dirigeants peu solidaires de leurs base

Ce n'est pourtant pas le cas dans nombre de grandes entreprises, comme l'a illustré le sondage réalisé récemment par TNS Sofres pour le cabinet Altedia. Seulement 42,7 % des salariés ont confiance dans leurs dirigeants et 40,8 % jugent que les intérêts de ces derniers et les leurs vont dans le même sens. Perceptible depuis quelques années, ce constat de divorce a été accentué par la crise, surtout en raison du comportement peu solidaire de certains dirigeants attachés à leurs avantages. Une antienne du patronat laissait entendre qu'il fallait réconcilier les Français avec l'entreprise. Ne convient-il pas aujourd'hui de souhaiter aux dirigeants de se réconcilier avec leur personnel ?

Le salarié ne veut plus être un simple spectateur mais être impliqué

Le réenchantement de l'entreprise ne résultera pas de discours célébrant " l'entreprise responsable ", comme cela avait été le cas dans les années 1980 avec "l'entreprise citoyenne ". Les salariés sont devenus réfractaires aux communications visant à les enrôler, et ils souhaitent avoir leur mot à dire sur ce qui les concerne. De même que M. Rosanvallon invite à repenser La Légitimité démocratique (Seuil) à partir d'un nouveau triptyque, " impartialité, réflexivité, proximité ", le moment est venu de repenser l'entreprise et sa régulation sociale, à partir d'équité, de proximité et de participation. La demande d'équité est au coeur des mouvements sociaux actuels, et le sondage évoqué s'en est fait l'écho. L'attente de proximité - dans les discours, les décisions et sur le terrain - concerne tous les salariés des grandes entreprises (ndlr : en particulier mais aussi ceux des PME/PMI souvent gouvernées par une direction top down), qui déplorent que leurs dirigeants vivent sur une autre planète.

De même que la démocratie s'enrichit des expériences associant des citoyens, l'entreprise doit imaginer des formes nouvelles de consultation et de débat avec ses salariés. Cette participation directe ne remet pas en cause les pouvoirs existants, mais elle peut les infléchir et elle oblige les dirigeants à mieux définir et argumenter leurs politiques et projets. Le défi pour 'réenchanter' les entreprises est de faire émerger un contre-pouvoir coopératif, qui combine la loyauté à l'institution, le droit au débat et la volonté d'agir.

Mardi 29 Décembre 2009
Raphaël Dougoud
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Communication | Finance | Formation futur'is | Gestion de projets | Gestion financière de projets | Gestion humaine de projets | Gouvernance | Juridique | Management | Marketing | Personnel | Stratégique - amont | Stratégique







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