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Crise financière. Notation pays par pays par les agences de notation. Dernière mise à jour: 08.12.2011

21.11.2011. Pour Moody's, le triple A de la France reste sous pression.



12.10.2011. Tableau des notations actuelles par pays

Crise financière. Notation pays par pays par les agences de notation. Dernière mise à jour: 08.12.2011

21.11.2011. Pour Moody's, le triple A de la France reste sous pression

Crise financière. Notation pays par pays par les agences de notation. Dernière mise à jour: 08.12.2011
Source: Le Monde.fr avec AFP. 21.11.2011
AFP/LIONEL BONAVENTURE

"Les mesures d'austérité fiscale accroissent une pression fiscale déjà élevée et peuvent compromettre la croissance, ce qui peut entraîner la nécessité de plus d'austérité fiscale", juge Moody's.

L'agence de notation Moody's Investors Service revient à la charge sur le triple A de la France. "Des coûts de financement élevés et persistants pourraient accroître les difficultés que le gouvernement français rencontre, conjuguées à une perspective de croissance qui se détériore, avec des implications de crédit négatives", selon Moody's. Des "implications de crédit négatives" signifient une potentielle baisse de la note du pays, actuellement Aaa, la meilleure possible.

Mi-octobre, l'agence s'est donné trois mois pour étudier s'il y avait lieu de revoir la perspective "stable" d'évolution de cette note. L'agence rappelle que "la semaine dernière, l'écart de taux entre les titres à dix ans français et allemands ont dépassé 200 points de base (2 points de pourcentage), un record depuis la création de la zone euro". La dette française est considérée avec méfiance sur le marché obligataire, visée par les craintes de contagion de la crise de la dette en zone euro qui semble n'épargner que l'Allemagne. L'agence calcule qu'une hausse de 100 points de base (1 point) des taux d'intérêt entraîne un surcoût de 3 milliards d'euros chaque année.

"Avec une prévision du gouvernement de croissance du PIB d'à peine 1 % en 2012, un taux d'intérêt alourdit rendra plus difficile à atteindre les objectifs de réduction des déficits", selon Moody's. L'agence estime que le gouvernement est certes volontaire, mais que certains "facteurs de risque important" sont hors de son contrôle : "Les perspectives de croissance et la crise de la dette européenne." "Les mesures d'austérité fiscale accroissent une pression fiscale déjà élevée et peuvent compromettre la croissance (...), ce qui peut entraîner la nécessité de plus d'austérité fiscale", juge Moody's. "Le modèle social français ne peut pas être financé si le potentiel de l'économie française n'est pas préservé", selon elle.

Quant aux mesures européennes face à la crise de la dette, elles risquent d'avoir un impact sur les comptes des banques, et vont affecter leur capacité à financer l'économie. Cela pourrait aussi avoir un impact sur les comptes publics si le gouvernement doit les soutenir, pense Moody's.

23.11.2011. Standard & Poor's confirme la note "AA-" de l'Espagne

Source: AFP

L'agence d'évaluation financière Standard and Poor's a confirmé lundi la note attribuée à la dette de l'Espagne, "AA-", indiquant qu'elle restait menacée d'un abaissement ("perspective négative") après le changement de majorité parlementaire dimanche. Elle a dit attendre "prochainement" les mesures concrètes du gouvernement que doit former Mariano Rajoy, alors que durant la campagne législative le parti conservateur "s'est abstenu de spécifier les mesures de politiques concrètes" qui lui permettraient d'abaisser le déficit public. Mais S&P a ajouté que l'économie et les finances publiques espagnoles restaient soumises à des pressions. "De faibles perspectives de croissance dues au désendettement en cours du secteur privé, un chômage élevé et des rigidités sur le marché du travail, ainsi qu'une dette extérieure considérable --ce qui implique une vulnérabilité face à une détérioration des conditions de financement extérieures-- ont pesé sur la note de l'Espagne", a expliqué l'agence.

Standard and Poor's avait abaissé d'un cran cette note attribuée à la dette de long terme le 13 octobre. Elle correspond à la quatrième meilleure, soit un emprunteur de bonne qualité. Sa concurrente Fitch note aussi l'Espagne "AA-" depuis le 7 octobre. Moody's lui attribue un "A1", la cinquième meilleure sur son échelle, depuis le 18 octobre.

25.11.2011. Cours de rAAAttrapage sur les agences de notation

Source: Le Monde.fr, M Le Magazine, 25.11.2011
Auteur: Clément Lacombe.

L'avenir de notre économie semble suspendu au maintien de la note AAA pour la dette de la France. D'où viennent les agences qui évaluent les Etats comme des écoliers pris en faute ?

LE LEADER

Standard & Poor's a pour origine la société créée en 1860 par l'Américain Henry Poor, qui fusionne en 1941 avec Standard Statistics. C'est la plus puissante des agences de notation, avec 34 % de parts de marché, selon les calculs de l'économiste Nicolas Véron. Jusqu'ici filiale du groupe de médias américain McGraw-Hill, Standard & Poor's est en train de devenir une entreprise indépendante cotée. Son chiffre d'affaires a atteint 1,69 milliard de dollars en 2010.

LE CONCURRENT

Moody's est fondée en 1909 par l'Américain John Moody. Cette agence reste la grande concurrente de Standard & Poor's, avec 30 % du marché. Elle fut la première à accorder des notes, et pas seulement des avis sur les créanciers. Elle a réalisé en 2010 un chiffre d'affaires de 2,03 milliards de dollars. Société indépendante cotée en Bourse, son premier actionnaire est le mythique homme d'affaires américain Warren Buffett, avec 12,5 % du capital.

LE CHALLENGER

Fitch est créée en 1913 par l'Américain John Knowles. Cette société est longtemps restée la " petite dernière " des trois grandes agences de notation. Mais, ces dernières années, ses parts de marché n'ont cessé d'augmenter pour atteindre 26 %. Fitch a réalisé 657 millions de dollars de chiffre d'affaires en 2010. Son capital est contrôlé à 60 % par la holding Fimalac de l'homme d'affaires français Marc Ladreit de Lacharrière.

Où sont nées les agences ?

Le chemin de fer a changé radicalement les Etats-Unis, mais il est aussi à l'origine des agences de notation. Dès 1860, l'Américain Henry Poor propose en effet aux investisseurs des études évaluant la solidité des compagnies de chemin de fer, qui empruntent à l'époque énormément d'argent pour financer leur développement : les sociétés de " diagnostic crédit " sont nées... Ruiné par la faillite bancaire de 1907, le financier américain John Moody invente de son côté, en 1909, le système de notation, comme à l'école, résumant en un coup d'oeil le risque pris par le créancier. Standard & Poor's en 1916 et Fitch en 1924 adoptent par la suite leur propre grille de notation. Chez Standard & Poor's, elle compte aujourd'hui 22 " crans " : de AAA, la meilleure note, à D, la pire. D'abord centrées sur les entreprises, les agences commencent à noter la dette des Etats en 1918.

Qui paie la note ?

Le plus souvent, les agences sont rémunérées par les emprunteurs, donc par ceux qui sont notés. Ces derniers, " s'offrent " une évaluation pour se montrer transparents et rassurer les investisseurs. Exception notable : les grands pays, comme la France ou les Etats-Unis. Mais les agences les notent de leur propre initiative notamment pour des questions d'image. Très consultées par les marchés - banques, assureurs, fonds... -, ces notes sont aussi omniprésentes dans les réglementations financières censées prévenir des risques. Les pouvoirs publics leur ont du coup conféré un rôle quasi-institutionnel.

Sont-elles trop vaches ?

L'histoire des agences de notation est jalonnée de scandales. En 1936, Moody's a dû ainsi s'excuser d'avoir dégradé cinq ans plus tôt la note de... la Grèce, provoquant faillite et coup d'Etat. Plus récemment, les agences ont fait preuve de la cécité la plus totale avant l'éclatement des subprimes, ces crédits immobiliers américains, en accordant la meilleure note possible à des produits agglomérant en un seul titre des centaines d'emprunts. " Le titre serait structuré par une vache qu'on lui donnerait sa note ", expliquait ainsi en 2007, dans un courriel, un analyste d'une grande agence. Le 10 novembre, Standard & Poor's envoyait de son côté par erreur un courrier électronique pouvant laisser croire que la France avait été dégradée ; le 17, elle se trompait sur la note du Brésil. Des bévues qui lui valent d'être renommée " Standard & Bourdes " par des opérateurs de marché...

25.11.2011. Standard & Poor's dégrade d'un cran la note de la Belgique

Crise financière. Notation pays par pays par les agences de notation. Dernière mise à jour: 08.12.2011
Source:

L'agence de notation Standard and Poor's a abaissé d'un cran, vendredi 25 novembre, la note de la Belgique, ramenée de AA+ à AA sous perspective négative, mettant en avant le risque que le Royaume, déjà très endetté, doive de nouveau intervenir pour soutenir son secteur financier. L'agence craint que les "difficultés du secteur financier" nécessitent un soutien plus important des pouvoirs publics qui alourdirait la dette déjà élevée du pays, dans un contexte d'"incertitude politique" qui continue de peser sur la crédibilité de la Belgique en tant qu'emprunteur.

Pour le ministre des finances sortant Didier Reynders, son pays est plutôt victime de la situation mondiale. La dégradation de la note est "liée à la diminution de confiance des investisseurs sur le plan mondial", a-t-il déclaré. Mais c'est aussi une raison de plus pour "finaliser à très brève échéance le budget 2012", a-t-il souligné, faisant référence au blocage politique dans lequel la Belgique est plongée.

Tandis que les négociations reprennent sous la houlette d'Elio Di Rupo, de retour aux affaires après le refus par le roi des Belges de sa démission, l'ancien premier ministre Yves Leterme a rappelé aux six négociateurs l'urgence de boucler le budget 2012. Selon lui, les menaces de l'agence de notation sont suffisamment sérieuses pour qu'"ils finalisent leurs travaux ce soir, cette nuit, ou en tout cas avant l'ouverture des marchés lundi ".

L'ÉCONOMIE BELGE, TROP DÉPENDANTE DE LA DEMANDE EXTÉRIEURE

Si la Belgique devait à nouveau voler au secours de son secteur bancaire, comme en 2008, sa dette, qui devrait atteindre 97 % du produit intérieur brut à la fin de l'année, pourrait dépasser les 100 %, estime l'agence. Cela ne manquerait pas d'alourdir le déficit budgétaire d'un pays dont l'économie, "parmi les plus ouvertes de la zone euro", est "vulnérable à tout affaiblissement de la demande extérieure", ajoute l'agence.

S&P souligne enfin que le gouvernement belge, s'il a pris des mesures efficaces en 2011 pour diminuer le déficit primaire, n'a pas les coudées franches pour mettre en œuvre des réformes structurelles d'envergure.

Sur le marché obligataire, les taux auxquels la Belgique se finance dépassaient les 5,7 % vendredi. Le gouvernement belge a lancé jeudi un appel à la population pour qu'elle souscrive un emprunt d'Etat ouvert à tous, afin d'aider le pays à faire face à sa dette.

28.11.2011. L'autre notation des marchés : le "spread" franco-allemand

Source: Le Monde.fr. 22.11.2011.
Source des graphiques: Bloomberg.

Le « spread » mesure l'écart qui existe entre les taux d'intérêts payés par la France et l'Allemagne, économie la plus forte de la zone euro, qui sert de référence, pour emprunter sur les marchés financiers. Cet écart permet d'observer la manière dont les marchés financiers et les investisseurs jugent la France : lorsqu'il monte, c'est le signe que la confiance dans l'économie française baisse.

Dans un contexte de crise, ce taux est très réactif à l'actualité. D'autant que les gouvernements font des « gestes » en faveur des marchés, comme l'annonce d'un second plan de rigueur par le gouvernement fin octobre.

Les deux pays bénéficient d'une note « AAA » des agences de notation, qui leur permet d'emprunter à taux réduit. Sur dix ans, comme sur le graphique, le taux est autour de 3,4% pour la France contre 1,8 % pour l'Allemagne. Avant 2008 et la crise, les deux pays se tenaient dans un mouchoir. L'écart entre les deux taux était alors de moins de 0,1, en faveur de l'Allemagne, première économie de la zone euro. L'exécutif (ndlr: français) a longtemps affirmé qu'il devenait inquiétant dès lors qu'il dépassait les 0,5 point. Depuis l'été 2011, II a franchi ce cap, et celui des 1 point.

L'écart est également scruté par les agences de notation, leur attitude peut paraître paradoxale : l'évolution du taux dépend du marché, et donc des craintes des investisseurs à prêter à la France. Craintes qui sont alimentées entre autres par les agences de notation, lorsqu'elles indiquent par exemple qu'elles mettent la note française sous surveillance.

Une perte de la note « AAA » française entraînerait Immédiatement une forte hausse des taux d'Intérêts pour les obligations d'Etat française. Le coût du déficit exploserait, de même que le "spread " avec l'Allemagne.

28.11.2011. "Effaçons la dette des pays riches !"

Source: Le Point - Publié le 28/11/2011 à 15:07
Auteur: PIERRE-ANTOINE DELHOMMAIS

Jean-Luc Mélenchon n'aime pas les journalistes, les libéraux, les sociaux-libéraux, l'OMC, Pascal Lamy, Jean-Claude Trichet, la gauche molle, la droite, dure ou molle, l'économie de marché, les Tibétains, les Chinois qui volent nos emplois, les Bretons qui parlent breton, les patrons, les assez riches, les riches, les ultrariches. M. Mélenchon aime, en revanche, Evo Morales et Hugo Chavez et, cela va de soi, tous ses amis, du moins tant qu'ils ne sont pas encore devenus des ennemis et des traîtres à la "cause".

Et il aime la France. Au moins autant que Marine Le Pen. Et comme il aime la France il n'a pas du tout apprécié que l'agence américaine de notation Moody's place sous surveillance la note AAA de sa dette. Sa fibre patriotique a même été tellement froissée qu'il est allé déposer - avec cet humour si léger dont la France peut s'enorgueillir - devant les bureaux de Moody's, à Paris, un panier d'andouillettes AAAAA, label de l'Association amicale des amateurs d'andouillette authentique.

Ah, ah, ah ! Voilà qui est drôle. Finement imaginé. Audacieux, en plus, un geste révolutionnaire que cette charcuterie française envoyée à la tête de la finance anglo-saxonne. "L'agence Moody's prétend qu'elle va surveiller le peuple français, le peuple français l'informe qu'il surveille Moody's, a lancé M. Mélenchon avec les accents de son maître à penser Fidel Castro. Dès le mois de mai, c'est Moody's qui s'en ira et non pas les Français."

Le problème est que Moody's s'en ira peut-être, mais que notre dette, elle, restera. 1 600 milliards d'euros, ce qui fait, selon un calcul dont on admettra qu'il est très approximatif, environ une bonne centaine de millions de tonnes d'andouillettes. Indigeste. Tout l'argent des riches ne suffirait pas à les ingurgiter. La dette est donc là pour longtemps. À moins, bien sûr, que M. Mélenchon ne prenne la tête d'un grand mouvement - populaire et international, bien entendu - pour exiger de nos créanciers originaires des pays pauvres (Chine, Brésil, Inde, Thaïlande, etc.) qu'ils renoncent à se faire rembourser les centaines de milliards d'euros d'emprunts d'État français qu'ils détiennent. Voir M. Mélenchon et ses camarades du Front de gauche manifester à Paris devant l'ambassade de Chine en brandissant des panneaux "Effaçons la dette des pays riches !", voilà, pour le coup, qui serait vraiment drôle.

Mais comme il n'est pas certain que le gouverneur de la Banque de Chine - qui n'a pas la réputation d'être un grand rigolo - accède rapidement à cette requête, mieux vaut se préparer à vivre, pendant des générations, avec notre dette. Et donc pendant des générations avec des créanciers attentifs à notre solvabilité. Et donc pendant des générations avec des agences de notation, des Moody's, Standard & Poor's, Fitch, dont le travail consiste précisément à évaluer la solvabilité des emprunteurs. Et donc pendant des générations avec des AAA, des AA, des BB +, des BB -, toutes ces notes étranges, mais désormais familières que les investisseurs prennent soin de consulter avant de prêter leurs sous.

Ce qu'ils font tout en étant parfaitement conscients que les agences de notation - l'histoire récente l'a prouvé, le présent le confirme et le futur le démontrera - ne sont guère fréquentables. Un mode de financement ambigu, une vision tantôt de myope, tantôt d'hypermétrope, ou les deux en même temps, de la part d'agences parfois trop réactives, ou pas assez, excessivement prudentes ou insuffisamment, à la traîne des marchés ou au contraire déclencheurs de crises, le tout sans avoir de comptes à rendre à personne, sans être elles-mêmes jamais notées.

Le problème, c'est que personne n'a trouvé par quoi les remplacer, personne n'a inventé une mesure de solvabilité infaillible. Il faut vite oublier la solution avancée par les socialistes français de créer une agence de notation européenne indépendante des intérêts privés, donc financée sur les deniers publics. Géniale trouvaille quand le grand sujet du moment est de noter les dettes "publiques" de la zone euro. Avec une telle agence, c'est certain, les États européens ne risqueraient guère de se faire saquer, ils auraient tous leur triple A garanti jusqu'à la nuit des temps.

Quand ce sont les cancres qui se plaignent de leurs notes, et pas les meilleurs élèves de la classe, il est enfin permis de se demander si c'est vraiment la capacité d'évaluation du professeur qu'il faut remettre en question. Peu de monde en France, d'ailleurs, comme c'est étrange, avait protesté quand les États-Unis s'étaient fait dégrader ou encore quand l'Italie de Silvio Berlusconi avait vu sa note abaissée. Pas le moindre début de compassion ; au contraire, on avait salué le courage lucide des agences de notation. Qu'il faut prendre pour ce qu'elles sont, une sorte de mal nécessaire. Aux sentences exaspérantes, mais bien utiles. Un peu comme M. Mélenchon, d'une certaine façon, dont les opinions permettent d'éclairer avec une incroyable netteté - et des contrastes très prononcés - nos propres convictions.

07.12.2011. Standard & Poor's, nouveau patron de la zone euro

Crise financière. Notation pays par pays par les agences de notation. Dernière mise à jour: 08.12.2011
La décision de l'agence de notation de mettre sous surveillance avec implication négative les quinze pays membres de la zone euro, dont l'Allemagne et la France, met une pression maximale sur les responsables européens pour qu'ils trouvent une solution à la crise au conseil des chefs d'État et de gouvernement qui se tient ce jeudi et vendredi.
Quel contraste dans les réactions au lendemain de la décision de l'agence de notation Standard & Poors (S&P) de mettre sous surveillance avec implication négative les quinze pays membres de la zone euro, dont l'Allemagne et la France. « Quand on regarde la façon dont S&P argumente, on voit que la méthodologie a évolué et est maintenant plus liée à des facteurs politiques qu'aux fondamentaux économiques », a critiqué Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France. Pour Jean-Claude Juncker, le président de l'Eurogroupe, qui réunit les ministres des Finances de la zone, la menace de S&P est « exagérée et aussi injuste ».

En revanche, pour Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des Finances, « il s'agit de la meilleure incitation possible pour le sommet de cette semaine ». « Je ne peux rien imaginer de plus efficace », s'est-il réjoui. De ce côté-ci du Rhin, à l'Assemblée nationale, le Premier ministre François Fillon ne disait pas autre chose : « Ce que nous dit cette agence est clair : pour les investisseurs, la zone euro et l'Europe ont besoin d'un cadre politique rigoureux, structuré, efficace, capable sur le moyen et long terme de tenir ses engagements », a-t-il relevé.

Et pour les deux responsables politiques, la réponse à cette annonce dramatisant la situation de crise est en effet claire. Elle réside dans l'accord franco-allemand élaboré lundi par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. Celui-ci sera soumis aux autres membres lors du Conseil européen de jeudi et vendredi, de même que les propositions du président du Conseil, Herman Van Rompuy, qui devraient remettre sur la table, entre autres, les euro-obligations pourtant refusées maintenant tant par Berlin que par Paris (lire ci-dessous).

Agaçante ou vertueuse, la « surveillance » de Standard & Poor's, même si l'agence se défend de vouloir influencer les gouvernements, prend de fait un tour politique en obligeant à trouver rapidement une solution à une crise qui dure maintenant depuis deux ans. Des avancées concrètes sont attendues tant sur la convergence budgétaire que sur la gouvernance politique. Car cette gouvernance conditionne la réduction des quatre autres risques (assèchement du crédit, primes de risque croissantes sur les marchés obligataires, hauts niveaux d'endettement privé et public, récession en 2012) qui justifient la décision de S&P. C'est pourquoi cette dernière pointe « les désaccords continuels par les décideurs politiques européens sur la façon d'appréhender la crise de confiance dans l'immédiat et sur la manière d'assurer sur le long terme une meilleure convergence économique, financière et budgétaire au sein de la zone euro ». « Notre opinion est que la crise est passée du stade des ajustements dans les pays "périphériques" à celui d'une menace systémique pour la zone euro », a alerté mardi lors d'une téléconférence Moritz Krämer, le responsable de la notation souveraine de S&P pour l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique.

Le « timing » de la procédure ne laisse en effet pas de place au doute. Habituellement, une mise sous surveillance négative implique une probabilité de dégradation dans les 90 jours qui suivent, mais l'agence espère « conclure (son) examen des notations des membres de la zone euro dès que possible après le Conseil européen programmé les 8 et 9 décembre ». Un traitement certes accéléré mais qui n'est en rien un régime spécial à la zone euro. Directement connecté au résultat d'une grande échéance politique, la décision de S&P s'apparente à sa dégradation de la notation AAA des États-Unis, annoncée le 5 août dernier. Dès la mi-avril, l'agence avait placé sous perspective « négative » la note des États-Unis au beau milieu du débat parlementaire sur le relèvement du plafond de la dette américaine, mettant ainsi sous pression démocrates et politiques pour trouver une issue à l'impasse budgétaire dans laquelle ils s'étaient enfermés. Faute d'un résultat jugé capable de remettre la dette américaine sur une trajectoire soutenable, le couperet était finalement tombé.

« Un échec cette semaine [du sommet européen] pourrait se traduire par une nouvelle phase négative de la crise », a d'ores et déjà averti Moritz Krämer.

Source: The Daily Telegraph. 07.12.2011.
Auteur: Alistair Osborne. Traduction: Raymond Clarinard.

S&P cite cinq facteurs justifiant sa décision en matière de rating des dettes souveraines de la zone euro:

  • le "resserrement des conditions de crédit" pour les banques de la zone euro.
  • "l’augmentation du risque sur la dette souveraine d’un nombre croissant de pays de la zone euro”.
  • les “désaccords persistants” entre responsables européens.
  • l’aggravation de l’endettement public et privé.
  • le "risque croissant d’une récession".

OPINION

Les agences n’achètent pas l’austérité

Ann Pettifor, directrice de Prime, cabinet britannique de consultants en économie, affirme dans le Guardian que la menace de dégradation de S&P "est simplement le reflet du refus des politiques de réparer le système bancaire mondial en panne". Les hommes politiques, note-t-elle, se refusent résolument à se concentrer sur les moyens de résoudre la crise d’un système bancaire défaillant. Ils se sont laissés persuader qu’il ne fallait pas toucher au système financier ; il ne faut pas lui imposer de taxes ; et par-dessus tout, il ne doit pas être exposé à la colère des forces du marché. Au lieu de cela, c’est aux contribuables européens qu’il incombe de garantir toutes les pertes de banques privées qui ont prêté aux ménages, aux entreprises et aux gouvernements de l’UE.

Pour sauver ses banques privées, l’UE a misé sur l’épargne et l’austérité.

Or S&P voit comme tout le monde que l'austérité n’a aucun fondement économique. L’austérité a un effet négatif sur l’investissement et l’emploi, et donc sur le revenu. Sans emploi, les ménages, les entreprises et les gouvernements n’ont plus d’argent. Sans revenu lié à une activité, les gouvernements ne peuvent pas collecter l’impôt et les banques ne peuvent pas toucher de remboursement. Les banques sont donc menacées de faillite et le déficit public augmente. Ce n’est pas compliqué.

Mercredi 12 Octobre 2011
Raphaël Dougoud
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Crise financière+économique 2008-... | Futur | Swiss Resto | Prendre/Développer notre conscience







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Prévisions économiques & financières 2012-2013. Dernière mise à jour: 02.01.2012

[Suite de "Prévisions économiques 2011-2013]url:http://www.futuris.ch/Previsions-economiques-2011-2013-Derniere-mise-a-jour-30-12-2011_a704.html Le moral n'est pas au beau fixe chez les professionnels de la finance qui manquent de visibilité avec une année électorale en France et aux États-Unis. Après la chute des actions européennes en 2011, peu d'experts tablent sur un rebond cette année. La récession annoncée limite le potentiel des marchés.


01.01.2012. Bourse : 2012, année volatile, imprévisible et à risques

Prévisions économiques & financières 2012-2013. Dernière mise à jour: 02.01.2012
Souirce: LeFigaro.fr. 01.01.2012.
Auteure: Carole Papazian

Cette année comment la voyez-vous? «Imprévisible», « volatile», «incertaine», «tendue », «baissière», «politique», voilà les réponses les plus courantes des stratégistes des banques et des sociétés de gestion d'actifs. Le moral n'est pas au beau fixe. Pas plus chez les investisseurs qui ont perdu 17 % l'an dernier sur le CAC 40 que chez les professionnels de la finance qui soulignent d'une même voix le manque de visibilité dans une année électorale en France et aux États-Unis.

Les premiers mois de 2012 devraient voir la confirmation de la récession en zone euro. Les bonnes statistiques américaines de fin d'année et la résistance des actions américaines pourraient faire long feu, la plupart des stratèges s'attendent à un trou d'air aux États-Unis. Pour compléter le tableau, ils prédisent aussi un ralentissement dans les zones émergentes et notamment en Asie. «L'année 2012 sera une année très difficile sur le plan conjoncturel. De cela nous avons (malheureusement) une quasi-certitude», résume Alain Bokobza à la Société générale qui table sur un second semestre meilleur que le premier. Christine Lagarde, la directrice générale du FMI, a d'ores et déjà prévenu que l'objectif de 4 % de croissance mondiale serait révisé à la baisse.

02/01/2012


Tête en Une


01.11.2010. Evolution des taux hypothécaires depuis 1985

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02.11.2010. Evolution des indices des actions et des obligations

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Raphaël Dougoud
10/09/2010

Dette publique en temps réel (France, Etats-Unis, autres à venir)


Dette publique de la France


Dette publique des Etats-Unis et plein d'autres indicateurs, en temps réel


23/11/2011

Crise. Brèves significatives. Dernière mise à jour: 07.12.2011

22.11.2011. La note des banques dans le monde pourrait être dégradée avant Noël 2011. 22.11.2011. Les CDS, assurances des Etats emprunteurs.


22.11.2011. La note de 25% des banques dans le monde pourrait être dégradée avant Noël 2011

Crise. Brèves significatives. Dernière mise à jour: 07.12.2011
Source: Le Monde. 22.11.2011. Auteure: Anne Michel

Depuis l'aggravation de la crise de la dette cet été, le secteur bancaire mondial est entré dans une zone dépressionnaire, dont on ne voit pas la sortie. Suite à sa refonte de sa méthodologie de notation, qui vise à donner des gages de rigueur notamment en matière d'identification des risques, Standard & Poor's commencera sa révision générale par les 30 premières banques mondiales, celles dont la faillite ou les difficultés déstabiliseraient le système financier. De nombreux établissements européens, en Italie, en Espagne mais aussi en France, se trouvent dans sa ligne de mire.

22/11/2011