Crise. La zone euro, zone de tous les dangers. Dernière mise à jour: 22.12.2011
25.10.2011. En Espagne, la misère avance à grands pas.
06.11.2011. L'Italie est au bord du gouffre et risque de basculer à tout moment.
08.12.2011. France. Déficit de 75 milliards d'euros en prévision pour 2011
09.12.2011. France. Déclin de l'industrie française. Quelle stratégie pour le futur? (vidéo)
09.12.2011. France. Redynamiser le tissu de PME et d'ETI. (vidéo)
09.12.2011. France. Quels secteurs pour soutenir l'économie? (vidéo)
21.12.2011. La France ne peut être sauvée que par un changement de culture
25.10.2011. En Espagne, la misère avance à grands pas
On remarque que les grands pays européens se distinguent par un Misery Index globalement élevé par rapport aux autres pays développés. Seule l’Allemagne s’en sort bien en comparaison. Les pays les mieux placés sont la Corée du Sud, le Japon et la Suisse. Source: Geodia Fev2011
Source: Le Monde.fr. 25.10.2011.
Auteur: Sandrine Morel. sandrine.mo@gmail.com
"Mère de 56 ans, qui vit avec deux de ses enfants et ses deux petits-enfants de 7 et 3 ans. Les enfants sont au chômage et sans prestation. La mère perçoit une aide de 426 euros qui prendra fin le 24 novembre 2011. Leur loyer est de 276 euros. Dossier 125." Quelques lignes pour résumer la détresse d'une famille. Un numéro de référence pour demander de l'aide.
A Valence, l'association Nuestra señora de los desemparados a lancé cette année un nouveau programme de lutte contre la misère : "Parrainez une famille". Sur son site Internet, des dizaines de "dossiers" se succèdent. Un numéro de compte en banque invite les visiteurs à faire un don. Et quelques phrases détaillent des situations de plus ou moins grande détresse.
Comme cette "mère divorcée avec quatre enfants de 16, 11, 4 et 3 ans, qui travaille comme femme de ménage en entreprise pour un salaire de 434 euros et paie un loyer de 410 euros." Ce jeune étudiant de 25 ans, coupés de ses parents, qui gagne 250 euros en faisant le ménage chez des particuliers, mais dont la moitié de la paie part dans son loyer. Cette femme de 74 ans, touchant 340 euros de retraite et vivant avec son fils de 50 ans, malade, qui demande simplement qu'on lui répare son lave-linge. Ou encore cette famille avec un enfant, dont l'appartement a été saisi par la banque, le mari a épuisé ses droits au chômage et touche une aide de 426 euros. Son épouse, femme de ménage en arrêt maladie, n'a pas d'indemnités.
L'Espagne ne voit pas le bout du tunnel. La crise s'allongeant, le nombre de chômeurs en fin de droit ne cessent d'augmenter : ils seraient près de deux millions sur les 4,8 millions de chômeurs espagnols (21 % de la population active) à ne percevoir aucune prestation. Près d'1,4 million de foyers compteraient tous leurs membres au chômage. Et selon les associations de droit au logement, 300 000 familles ont été expulsées de chez elles par les banques parce qu'elles ne payaient plus leur crédit depuis trois ans.
Le 13 octobre, l'association caritative, dépendant de l'église catholique Caritas, a tiré la sonnette d'alarme, annonçant lors de la présentation de son rapport 2010 que la pauvreté en Espagne "se stabilise et devient chronique". Le nombre de personnes ayant recours à ses services d'"accueil et assistance primaire", qui résolvent les questions d'urgence basiques telles que l'alimentation, est passé de 400 000 en 2007 à 950 000 en 2010. Or seulement 30 % de ceux-ci demandaient de l'aide pour la première fois. Les 70 % restants correspondent à "des personnes dont la situation empire par manque de solution", a souligné le secrétaire général de l'organisation Sébastien Mora. Les trois-quarts sont des couples âgés entre 20 et 40 ans avec plusieurs enfants en bas âge. Et pour la première fois, ils sont majoritairement de nationalité espagnole.
La solidarité familiale traditionnelle des pays méditerranéens, qui a si longtemps permis d'épargner les gens de la misère et de l'exclusion sociale, semble ne plus suffire. "Chaque année, il y a davantage de personnes qui ont besoin d'une aide d'urgence et le réseau de protection sociale public, qui était faible, diminue et s'érode", continue M. Mora.
Plan d'austérité oblige, les aides nationales destinées aux chômeurs en fin de droit, limitées à une durée de six mois, sont de plus en plus restrictives. Quant aux régions autonomes espagnoles, obligées de réduire leur déficit monstre, elles taillent dans les budgets sociaux. Les aides au logement, aux familles nombreuses, aux personnes dépendantes ou sans revenu se trouvent, par exemple, sur la sellette en Catalogne.
L'Institut national de statistiques espagnol, l'INE, qui a rendu public la semaine dernière les conclusions de l'enquête sur les conditions de vie 2011 parvient au même constat : la misère augmente à grands pas en Espagne.
Près de 22 % des foyers espagnols vivraient actuellement sous le seuil de pauvreté, fixé à 7 500 euros annuels pour une personne seule ou 13 500 pour un couple avec un enfant. En 2010, ils étaient 20,7 % et 19,5 % en 2009. L'augmentation du chômage en est la principale cause. "Un signe de la gravité de la situation est que de plus en plus de jeunes, formés et qualifiés, quittent l'Espagne pour trouver du travail ailleurs", souligne Florentino Felgueroso, directeur de la chaire de capital humain à la Fondation des études d'économie appliquée (Fedea). L'Espagne redeviendra-t-elle un pays d'émigration comme il y a quarante ans ? Selon les études de l'INE, c'est une possibilité si la situation continue de se détériorer.
Les revenus moyens des familles espagnoles ont baissé de 4,4 % en un an, atteignant moins de 25 000 euros annuels par foyer et 9 400 euros annuel par personne. Une famille sur trois n'a pas les moyens d'affronter des dépenses imprévues et 40 % n'a pas les moyens de se payer une semaine de vacances hors de son domicile. Plus alarmant encore, un récent rapport de l'Unicef souligne que 15 % des enfants d'origine étrangère vivent dans des conditions de grave pauvreté et que 6 % souffre de la faim de manière habituelle.
Pour le moment, l'Espagne ne connaît que peu de tensions sociales malgré l'ampleur de la crise. Pas de grève générale. Pas de violence et de délinquance de masse. Seuls les sympathiques "indignés", pacifistes et utopistes, dénoncent les difficultés de la société, gentiment, lors d'assemblées populaires... Mais jusqu'à quand ?
06.11.2011. L'Italie est au bord du gouffre et risque de basculer à tout moment
Source: La Quotidienne d'Agora. 03.11.2011.
Auteure: Isabelle Mouilleseaux.
Actuellement, son taux d'intérêt atteint un sommet historique à 6,1%. Le spread avec le bund de référence s'envole comme jamais. A ce stade, l'Italie commence à étouffer sous de poids de sa dette (120% du PIB).
Il suffirait que les marchés poussent les taux un peu plus haut encore, à 7%, pour que l'Italie bascule dans le cauchemar grec. Une sortie de l'euro de la Grèce pourrait propulser les taux bien au-delà...
Si la BCE n'achetait pas massivement la dette italienne dont personne ne veut, et ce depuis des semaines, le pays aurait probablement déjà basculé. La planche à billets tourne déjà, de façon pour l'instant mesurée.
Mais il faudra ouvrir grand les vannes du quantitative easing si la Grèce claquait la porte (encore la planche à billets, retenez-le). L'implosion de l'Italie en dépendra.
Comment l'Italie en est-elle arrivée là?
Source: Le Monde. 04.08.2011.
Auteure: Angela Bolis.
Selon Clemente de Lucia, économiste pour le groupe groupe bancaire BNP Paribas, la spirale négative a débuté fin mai, après "la publication des résultats économiques du premier semestre" qui "ont mis en évidence la très faible croissance de l'Italie". "Les marchés financiers ont alors mis le pays sous surveillance négative", explique-t-il. Depuis, un climat d'incertitude plane autour de la troisième économie de la zone euro, alimenté par divers ingrédients :
La croissance
Traditionnellement atone en Italie, "elle a toujours été inférieure à la moyenne de la zone euro", note Clemente de Lucia. "Elle évolue entre 1 et 1,5 %, sans réelles perspectives de relance", ajoute l'économiste Jean-François Jamet, qui enseigne à Sciences Po. En cause, une économie globalement peu innovante, peu dynamique, et qui pâtit à la fois d'un manque de compétitivité – services chers, monopoles – et de productivité. Ces faiblesses ne se sont pas arrangées sous le gouvernement de Silvio Berlusconi, selon le magazine britannique The Economist, puisque le chef du gouvernement n'a "jamais remédié, ni même reconnu" les diverses tares qui minent son pays, comme le recul du PIB par habitant, un chômage des jeunes et des femmes en explosion, une dégradation de l'environnement ou encore une fuite des cerveaux qui continue.
La dette
Depuis 1992, la dette italienne frôle les 120 %, ce qui en fait l'une des plus lourdes du monde. Une grande partie des ressources sont donc absorbées dans le remboursement des intérêts de cette dette, au lieu d'être mobilisées pour relancer la croissance.
L'instabilité politique
C'est également un facteur qui plonge les marchés dans un sentiment d'incertitude délétère. Au-delà des scandales de moeurs, Silvio Berlusconi a été affaibli par des défaites politiques, comme les pertes des villes de Milan et de Naples ou la défaite de son camp lors d'un référendum sur le nucléaire.
VIEILLES CAUSES NATIONALES, NOUVELLE CRISE GLOBALE
A ces éléments nationaux s'ajoute un contexte de "crise internationale de l'emprunt", selon l'expression de Jean-François Jamet, qui creuse les écarts entre les pays dits "vertueux", comme l'Allemagne, où se réfugient les investisseurs et où les taux d'intérêts se maintiennent à un niveau très bas, et les pays plus instables, qui voient leurs taux grimper au-delà des limites du supportable. Entre les deux, une zone grise, où l'on peut basculer à tout moment d'un côté comme de l'autre, explique l'économiste. Là se tient l'Italie, en équilibre précaire.
Clemente de Lucia regrette que la nervosité des marchés financiers, alimentée par les crises de la dette grecque et américaine, exacerbée par la crainte d'une contagion aux pays les plus fragiles, empêche les investisseurs de regarder plus en profondeur la santé économique de l'Italie, voire les pousse à exagérer ses défauts. Le niveau de la dette, certes élevé, est tout de même "soutenable" à la différence de celui de la Grèce, car les taux d'intérêts restent, pour le moment, assez bas pour permettre un remboursement progressif et sans aide extérieure. De plus, le système bancaire italien, conservateur et peu spéculatif, a été moins touché que d'autres par la crise financière.
CE QUI FAIT PENCHER LA BALANCE
Le bilan économique italien compte tout de même des éléments positifs. Son solde budgétaire primaire – à savoir la différence entre les recettes et les dépenses de l'Etat sans compter le paiement de la dette – est positif, rappelle M. Jamet. L'économie italienne a déjà su faire preuve de résistance : après s'être relevée d'une grave crise financière en 1992, elle a mieux surmonté que d'autres voisins européens la crise de 2008. Son déficit est même descendu de 5,3 % à 4,5 % entre 2009 et 2010. Ses partenaires sociaux ont en outre fait preuve d'une ferme volonté de relancer la croissance, comme en témoigne l'appel singulier du patronat et des syndicats à un "pacte pour la croissance".
En optant pour l'austérité, le gouvernement italien a eu le mérite de ne pas perdre de temps. Le plan d'austérité du 15 juillet a été voté en seulement trois jours. Avec des objectifs comme la réduction de la dette et un quasi-équilibre budgétaire en 2014, l'Italie n'a pas enrayé la défiance des marchés mais a peut-être évité une "panique" plus sérieuse, note Jean-François Jamet.
Enfin, le sommet de la zone euro du 21 juillet a débouché sur la possibilité, pour le Fonds européen de stabilité financière (FESF), de racheter des titres de dette des Etats sur le marché secondaire (marché de l'occasion où les créanciers revendent des titres acquis). Jusqu'ici, seule la BCE en avait le droit. Or, elle avait dû suspendre ce dispositif, qui met la banque en contact étroit avec les intérêts souverains, et présenterait donc un risque pour son indépendance. En attendant, il faudra donc attendre jusqu'à la rentrée au moins pour que le changement de statut du FESF soit ratifié par les parlements. Trop longtemps, visiblement, pour que cette mesure soit prise en compte dès aujourd'hui par les marchés, qui naviguent à un rythme autrement plus effréné.
L'ITALIE, UN POIDS LOURD DIFFICILE À SECOURIR
Si elle ne parvient pas à agir rapidement, que risque l'Italie ? Le scénario du pire serait une escalade des taux d'intérêts de ses emprunts, au point qu'elle se retrouve en défaut de paiement, c'est-à-dire dans l'incapacité de rembourser sa dette. Une menace qui ne peut être exclue, quand on pense au pouvoir "auto-réalisateur" des prévisions des investisseurs financiers : plus ces derniers perdent confiance, plus ils revendent leurs titres de peur de ne jamais être remboursés, plus les taux d'intérêts augmentent, et avec eux la dette. Une question de "psychologie des marchés" plus que de réels problèmes économiques, estime M. Jamet.
Certes, Bruxelles a annoncé qu'un plan de sauvetage pour l'Italie n'était pas en discussion. Toutefois, dans la perspective de ce dénouement, il sera bien plus difficile de repêcher la Botte que la Grèce, ou même que le Portugal et l'Irlande. Car la péninsule "pèse à elle seule plus de deux fois plus que ces trois pays sauvés à ce jour", affirme l'AFP. Pour M. de Lucia, le FESF ne suffira donc pas à soutenir l'Italie, à moins qu'il ne soit renfloué. Une perspective à laquelle s'oppose l'Allemagne. Quant aux Etats européens, ils ne seraient pas en mesure de réunir les montants nécessaires sans avoir recours aux marchés financiers, renchérit Jean-François Jamet. La crise prendrait donc une ampleur encore inégalée. Au point que, pour le quotidien italien La Stampa, la chute de l'Italie entraînerait inexorablement celle de l'euro (article traduit dans le Courrier International).
08.12.2011. France : déficit commercial de 75 milliards d’euros en prévision pour 2011
Source: lemoci, le moniteur du commerce international
Selon les chiffres du ministère du Budget, des comptes publics, et de la réforme de l’Etat, le déficit commercial de la France s’est établi à 6,248 milliards en octobre dernier. Au total, sur les dix premiers mois de 2011, le déficit commercial tricolore est à 61,542 milliards. A raison d’un peu plus de 6 milliards d’euros de déficit en moyenne mensuelle, on constate que le niveau des 75 milliards d’euros de déficit commercial devrait être atteint cette année.
Pour le mois d’octobre, les produits qui ont dégagé des excédents commerciaux se comptent sur les doigts d’une main. Il s’agit de : la chimie-parfums-cosmétiques (+ 897 millions), la pharmacie (+ 97 millions), les produits agricoles (+ 505 millions), l’agroalimentaire (+ 697 millions), et les matériels de transport (+ 770 millions, grâce à la livraison de 23 Airbus). Tous les autres secteurs accusent un déficit, dont plus de la moitié du déficit d’octobre qui est dû aux industries manufacturières (- 3,631 milliards d’euros).
Au niveau géographique, la France a dégagé en octobre des excédents conséquents avec le Royaume-Uni (460 millions), la Suisse (226 millions) et l’Afrique du Nord (244 millions). En revanche, ils ont été faibles avec le Moyen-Orient (126 millions), l’Afrique (33 millions), et l’Espagne (86 millions). Sans surprise, elle accuse un déficit géant avec deux partenaires : l’ensemble Chine-Hong Kong (- 1,770 milliard), et l’Allemagne (- 1,109 milliard).
France: Prévisions économiques 2012. Déclin de l'industrie. Stratégie pour le futur
France. Prévisions économiques 2012. Redynamiser le tissu de PME et d'ETI
France. Prévisions économiques 2012. Quels secteurs pour soutenir l'économie?
21.12.2011. La France ne peut être sauvée que si elle change de culture
Source: LeTemps.ch. 21.12.2011.
Auteur: Emmanuel Garessus.
Le mal est profond.
La charge de la dette (42,5 milliards d’euros en 2010) permettrait de verser pendant une année le salaire minimum avec charges sociales à plus de deux millions de personnes, selon une étude de l’Institut de recherches économiques et fiscales1. Le coût va encore s’alourdir si l’Etat perd son triple A, si les taux d’intérêt remontent ou si les déficits se poursuivent. Mais plutôt que d’accuser les marchés ou les «riches», mieux vaudrait présenter une solution crédible. Car la confiance ne se décrète pas.
Le premier pas consiste à présenter un diagnostic correct. Le ménage public français est plus mal géré que la moyenne européenne, selon l’IREF. La dette publique (1'646 milliards d’euros) correspond à six fois les recettes de l’Etat. Les ménages privés sont plus prudents. Leur dette moyenne correspond à seulement 76% du revenu disponible. La tendance est effrayante. La France paiera en 2013 davantage en charge d’intérêts (15% du budget) que pour l’enseignement.
La réponse des politiciens renforce la méfiance du marché et contribuera à la perte du triple A autant que les statistiques elles-mêmes. Le plan d’économie de 1 milliard montre que le gouvernement «considère les difficultés comme conjoncturelles» et non pas comme structurelles, écrit l’IREF. Qu’est-ce qu’un milliard dans un déficit de 121 milliards? La Cour des comptes, l’autorité chargé de contrôler la régularité des comptes, multiplie les avertissements, mais elle n’est pas entendue. Elle dénonçait en janvier 2010 le non-respect des objectifs financiers. En juin 2010 elle demandait un effort «structurel» de 20 milliards par an (1% du PIB). Las, dans la loi de finance 2011, elle n’a identifié que 5 milliards d’économies. Certains politiciens voudraient introduire une limitation aux dépenses publiques, ce qu’on appelle la règle d’or. Les incitations existent déjà, des lois pluriannuelles de programmation des finances publiques aux critères de Maastricht. Mais, faute d’un système de sanctions efficace, le gouvernement ne respecte pas ces contraintes. Qui s’étonnera que les vagues contours d’un système de contrôle fiscal présentés lors du sommet européen sur l’»union fiscale» ne convainquent qu’une poignée de journalistes?
Le problème est profond
Il reflète «un choix de société porté par une classe politique», selon Pierre Garello. La logique du comportement politique pousse à profiter du système plutôt que d’en analyser la pérennité. On préfère financer les dépenses par la dette que par l’impôt. Les générations futures ne votent pas. La France est surtout frappée d’une «vieille maladie», la croyance que l’Etat doit jouer un rôle actif dans le développement économique et social. Pourtant il n’a pas les connaissances et il dépense mal. Il ne s’endette pas pour investir, contrairement aux ménages. Les dépenses d’investissement ne représentent que 4,5% du budget français, contre 23% pour les prestations sociales et 18% les dépenses de fonctionnement.
Les politiciens sont-ils vraiment irresponsables? Si tel n’était pas le cas, comment expliquer que depuis 30 ans les députés n’aient pas voté une seul fois un budget équilibré.
La source du mal
La source du mal, c’est de croire dans la dépense à crédit pour stimuler la demande et l’emploi. Même le keynésien Robert Barro en est conscient. Mieux vaut tard que jamais. Il démontre aujourd’hui2 que le multiplicateur fiscal est négatif à long terme. Les programmes de relance pénalisent l’économie. Pour Pierre Garello, «les théories économiques erronées doivent une partie de leur succès au fait qu’elles suggèrent un rôle actif pour la classe politique, doublé d’une redistribution qui n’aurait, à en croire ces théories, que des avantages».
La crise de la France est surtout celle de l’Etat providence. Les élus adorent «allonger la liste des «droits» garantis par l’Etat (droit à l’éducation, à un logement, à des études supérieures, à des congés payés, à des congés parentaux, à des soins médicaux de qualité, à une retraite, à des activités culturelles et sportives, à des voitures de qualité, à un environnement de qualité, à un revenu garanti, à des prêts à taux zéro, à une assurance des dépôts). La liste se fonde sur une illusion. Rien n’est jamais acquis. Pour reprendre Garello, «chaque année, il faudra trouver le budget nécessaire pour maintenir ces programmes. C’est une illusion de croire que le progrès social est garanti indépendamment de nos efforts. Le progrès social ne se décrète pas, il se crée».
La France, qui a été en défaut de paiement à neuf reprises entre le XVIème et le XIXème siècle, court de nouveau à la catastrophe. Le meilleur conseil à lui donner, c’est de l’exhorter à nager plutôt que de s’accrocher à la bouée (percée) de l’Europe.
Plus fondamentalement, la France doit partir à la recherche d’un nouveau consensus social. Les acquis sociaux ont été accordés sans s’interroger sur leur financement. Il ne faut pas seulement dire la vérité sur la situation réelle, mais s’attaquer à des mythes bien ancrés, tel que celui de croire qu’un désengagement de l’Etat du système de santé priverait de soin des milliers de patients. Se détourner de l’Etat providence ne veut pas dire abandonner les pauvres et les malades. Après avoir fait confiance en l’Etat pour régler tous ses problèmes, il faut changer complètement d’approche, se tourner vers la société civile et lui rendre les moyens d’agir, selon l’IREF. L’étendue de l’effort est considérable. La France doit revenir à une société où la création de richesse est valorisante. On en est très loin. Le regard de la société française sur celui qui s’enrichit est de plus en plus accusateur. Pourtant, admettre que l’on a fait fausse route, «c’est une marque d’intelligence et de foi en l’avenir», conclut Pierre Garello.
1. La crise de la dette française, Pierre Garello et Vesselina Spassova, IREF, 2011.
2. Crises of governements,
Robert Barro, Institute of Economic Affairs, 2011
Crise financière+économique 2008-...
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24/03/2012
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Crise financière - Sites et Portails
Prévisions économiques & financières 2012-2013. Dernière mise à jour: 02.01.2012
[Suite de "Prévisions économiques 2011-2013]url:http://www.futuris.ch/Previsions-economiques-2011-2013-Derniere-mise-a-jour-30-12-2011_a704.html
Le moral n'est pas au beau fixe chez les professionnels de la finance qui manquent de visibilité avec une année électorale en France et aux États-Unis.
Après la chute des actions européennes en 2011, peu d'experts tablent sur un rebond cette année. La récession annoncée limite le potentiel des marchés.
01.01.2012. Bourse : 2012, année volatile, imprévisible et à risques
Souirce: LeFigaro.fr. 01.01.2012.
Auteure: Carole Papazian
Cette année comment la voyez-vous? «Imprévisible», « volatile», «incertaine», «tendue », «baissière», «politique», voilà les réponses les plus courantes des stratégistes des banques et des sociétés de gestion d'actifs. Le moral n'est pas au beau fixe. Pas plus chez les investisseurs qui ont perdu 17 % l'an dernier sur le CAC 40 que chez les professionnels de la finance qui soulignent d'une même voix le manque de visibilité dans une année électorale en France et aux États-Unis.
Les premiers mois de 2012 devraient voir la confirmation de la récession en zone euro. Les bonnes statistiques américaines de fin d'année et la résistance des actions américaines pourraient faire long feu, la plupart des stratèges s'attendent à un trou d'air aux États-Unis. Pour compléter le tableau, ils prédisent aussi un ralentissement dans les zones émergentes et notamment en Asie. «L'année 2012 sera une année très difficile sur le plan conjoncturel. De cela nous avons (malheureusement) une quasi-certitude», résume Alain Bokobza à la Société générale qui table sur un second semestre meilleur que le premier. Christine Lagarde, la directrice générale du FMI, a d'ores et déjà prévenu que l'objectif de 4 % de croissance mondiale serait révisé à la baisse.
02/01/2012
Indicateurs économiques - USA, France, Suisse. Dernière mise à jour: 03.12.2011
Tête en Une
01.11.2010. Evolution des taux hypothécaires depuis 1985
02.11.2010. Evolution des indices des actions et des obligations
Raphaël Dougoud
10/09/2010
Dette publique en temps réel (France, Etats-Unis, autres à venir)
Dette publique de la France
Dette publique des Etats-Unis et plein d'autres indicateurs, en temps réel
23/11/2011
Crise. Brèves significatives. Dernière mise à jour: 07.12.2011
22.11.2011. La note des banques dans le monde pourrait être dégradée avant Noël 2011.
22.11.2011. Les CDS, assurances des Etats emprunteurs.
22.11.2011. La note de 25% des banques dans le monde pourrait être dégradée avant Noël 2011
Source: Le Monde. 22.11.2011. Auteure: Anne Michel
Depuis l'aggravation de la crise de la dette cet été, le secteur bancaire mondial est entré dans une zone dépressionnaire, dont on ne voit pas la sortie. Suite à sa refonte de sa méthodologie de notation, qui vise à donner des gages de rigueur notamment en matière d'identification des risques, Standard & Poor's commencera sa révision générale par les 30 premières banques mondiales, celles dont la faillite ou les difficultés déstabiliseraient le système financier. De nombreux établissements européens, en Italie, en Espagne mais aussi en France, se trouvent dans sa ligne de mire.
22/11/2011
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