Pour l’heure, l’enthousiasme est palpable. Il semble a priori justifié au vu des craintes émises préalablement sur la situation des grandes entreprises. Sur les 181 sociétés de l’indice S&P 500 ayant déjà dévoilé leurs chiffres au deuxième trimestre, 136 ont affiché des résultats meilleurs que prévu. L’écart moyen se situe même à plus de 10% au-dessus du consensus. Plus surprenant encore, tous les secteurs profitent de cette nouvelle embellie financière, des bancaires aux techs, de la consommation aux industrielles. Même des entreprises extrêmement cycliques peuvent se vanter d’avoir pris les analystes de court. Caterpillar, par exemple, a annoncé un bénéfice par action de 72 cents, contre à peine 22 cents attendus. Intel a fait presque aussi bien, avec une progression supérieure de 114% aux prévisions. Les mauvais résultats de Microsoft et Amazon ont, en outre, été en ligne avec les estimations médianes. Seul Morgan Stanley, et dans une moindre mesure Citigroup, ont déçu le marché. Mais les stratèges se tournent résolument vers les nouvelles positives. Ils annoncent même le plus important rally au deuxième semestre depuis 1982. Soit une progression de près de 20% d’ici à la fin décembre. Au début de la semaine passée, le très suivi David Kostin de Goldman Sachs a été l’un des premiers à revoir sa copie, en amenant son objectif de fin d’année à 1060 points pour le S&P 500, contre 940 auparavant. Il écrit dans une étude que les marchés actions ont tendance à bondir rapidement après avoir atteint un plancher, suivi d’une progression à plat pendant environ trois mois, avant d’effectuer «un rally substantiel». Pour rappel, l’indice des 500 plus grandes sociétés américaines a enregistré une progression de 27% entre le 9 mars dernier, son plus bas en douze ans, et le 9 avril. Il a ensuite réalisé une plus-value de seulement 2,6% jusqu’au 10 juillet. Depuis lors, le marché est en hausse de 11,4%.